Ces correspondances sont en rapport avec les propos « stigmatisants » de Justin Bitakwira, ancien ministre du Développement rural de la RDC à l’égard des membres de la communauté Tutsie. Au cours d’une émission politique diffusée sur la chaine Bosolo TV, Justin Bitakwira Bihona s’en est pris aux Tutsis, les accusant d’être des criminels « nés ».   

« Un Tutsi est un criminel né », disait M. Bitakwira sur le plateau de la télévision Bosolo Na Politik. Pour l’UE, ces propos « sont de nature à accroître les risques des violences interethniques, davantage lorsqu’ils émanent d’un leader d’opinion ». L’Union européenne considère, dans ses correspondances, ces expressions comme « un cas de récidive qui mérite une attention collective » étant donné que M. Bitakwira est déjà sur sa liste de mesures restrictives individuelles « pour avoir de manière répétée incité à la violence et à la discrimination en propageant un discours de haine, notamment à l’encontre de la communauté Tutsi et en particulier Banyamulenge ».  

Sur ce plateau de télévision, l’ancien député national et ministre, Justin Bitakwira disait éveiller la conscience des Congolais face à la « ruse » des Tutsis. « Ils sont tous pareils. Quand tu vois un Tutsi, un criminel. Quand il est en position de faiblesse, il peut dormir pendant six mois sous ton lit. Et quand il prend la position de force, il va te dire qu’il ne t’a jamais vu pourtant il a dormi six mois sous ton lit. Je me pose toujours la question de savoir si leur créateur ce n’est pas celui qui a créé le diable. Je n’ai jamais vu une race aussi méchante », avait-il ajouté. Des propos qui ont été dénoncés par certains tutsis congolais, appelant à la réaction du gouvernement face à cette incitation à la haine proférée par l’ancien élu d’Uvira.

M. Bitakwira avait aussi rappelé les différents massacres perpétrés par des Tutsis du Burundi contre leurs frères Hutus burundais, une situation qui a été stoppée, selon lui, grâce à l’arrivée au pouvoir de Pierre Nkurunzinza, ex-président burundais.

De son côté, l’Union européenne appelle aussi le CSAC à jouer son rôle de régulation de manière équitable. « Le CSAC a récemment pris des mesures jusqu’à l’interdiction d’antenne à des acteurs politiques de l’opposition pour des propos faisant l’apologie du tribalisme et de fermeture momentanée des médias qui leur avait donné tribune », a rappelé Jean Marc Châtaigner dans sa lettre au CSAC.
        
Dido Nsapu