Au cours du briefing presse hebdomadaire du gouvernement tenu, mardi 27 décembre 2022, le vice-ministre de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de deux espions rwandais avec leurs complices congolais. « Les services de sécurité de la RDC ont fait un joli coup de filet », se réjouit le vice-ministre de l’Intérieur. Ces deux espions dont l’un est membre de Rwanda Defense Force (RDF) agissant sous la couverture d’une ONG de développement dénommée « African Health Development Organization » (AHDO).

Le téléphone du militaire rwandais a révélé que cet espion a eu accès « aux différents sites stratégiques de la capitale [congolaise] en complicité avec certains officiers généraux et supérieurs » des FARDC. « L’acquisition par ces espions d’un important patrimoine foncier dans le périmètre de l’aéroport international de N’djili et de la base militaire de Kibomango a laissé entrevoir la préparation d’un plan machiavélique similaire à celui à la base de l’assassinat de Juvénal Habyarimana (ancien président rwandais) et de son homologue burundais en 1994 », a expliqué le vice-ministre de l’Intérieur.

Pour rappel, dans une enquête intitulée « Mystère Corneille », un agent de renseignement de l’APR (Armée patriotique rwandaise) de Paul Kagame avait révélé qu’il avait été envoyé à Kigali pour espionner en 1994. Son rayon d’espionnage comprenait également la zone de Masaka, un périmètre près de l’aéroport international de Kigali d’où est parti le missile qui a abattu l’avion du président Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, le 6 avril 1994. Un attentat qui a déclenché le génocide rwandais.

Les deux espions rwandais arrêtés et leurs complices sont :

1. M. Nshimiyimana Biseruka Juvénal, né en 1964. Rwandais et marié. Espionnage, abus de confiance, incitation des militaires et corruption sont les griefs mis à sa charge ;

2. M. Murokore Mushabe Moses : 33 ans et Rwandais. Les photos saisies dans son ordinateur le montrent en tenue militaire RDF avec ses collègues. Il est poursuivi pour espionnage ;

3. M. Nganji Nsengiyumwa Remy alias Djuma : 42 ans, présumé Congolais. Il manipule plusieurs nationalités dont celle de la RDC sous prétexte qu’il est de la tribu Hunde alors qu’il ne parle ni sa langue maternelle encore moins le swahili. Il parle le kinyarwanda. Il dit être né à Goma alors que le CV saisi dans ses effets indique qu’il est né à Uvira pendant qu’il dispose d’une carte des réfugiés burundais en Ouganda. Il lui est reproché l’espionnage ;

4. Colonel Mugisha Ruyumbu Santos (42 ans, militaire Congolais). Il est accusé de trahison et violation des consignes.

Dido Nsapu

(DNK/Yes)