Le ministre des Postes, télécommunications et Nouvelles technologies de l'information et de la communication (PT-NTIC), Augustin Kibassa Maliba a, dans sa réponse aux préoccupations des députés nationaux, en rapport avec la taxe RAM, fait allusion à la question de la suppression de cette fiscalité telle que voulue par plusieurs députés nationaux et aussi une bonne partie de la population. Mais le ministre de tutelle a préféré laisser le soin au conseil des ministres de décider en vertu, selon lui, du « parallélisme de compétence ».

« J'ai été personnellement interpellé par la pertinence des interventions des honorables députés. C'est pourquoi en vertu du parallélisme de compétence, je me suis fait le devoir de saisir officiellement le gouvernement compte tenu de la question de la mise en œuvre du RAM a été discutée et décidée en conseil des ministres. », a déclaré Augustin Kibassa Maliba.

Mais quant à savoir si la taxe sera supprimée ou pas par le conseil des ministres, Kibassa donne des assurances qui semblent enfumer l’opinion sur la vraie suite à donner à cette question de la suppression de cet ovni fiscal. « Soyez rassurés que le gouvernement mettra tout en œuvre pour apporter des solutions idoines au cri de détresse des compatriotes exprimé à travers vous leurs représentants légitimes [députés nationaux, Ndlr]», a-t-il enchainé, sans en dire plus.

Sans être emballé dans cet enfumage, l'auteur de la question orale avec débat, le député Claude Misare a, dans sa conclusion, redemandé au ministre des PT-NTIC de retirer simplement cette taxe et de rembourser les unités soutirées à la population. Déjà, lors de la première audition du ministre, Claude Misare avait accusé Augustin Kibassa d’avoir institué une « taxe incompréhensible » au taux « très élevé » sans « contrepartie » ni « base légale ».

Il sied de préciser que cette taxe a été lancée depuis septembre 2020. Elle est ponctionnée directement sur la recharge des crédits de communications des populations à prix de 8 dollars coupés de manière échelonnée alors que la majorité des Congolais vit avec moins d’un dollar par jour. Les autorités, via le ministre de tutelle, disent vouloir enrayer la contrefaçon des téléphones. Un argument rejeté par plusieurs députés lors de la première audition du ministre Kibassa. L’élu de la Funa, à l’Ouest de Kinshasa, Léon Nembalemba, par exemple, a démontré au ministre combien ce RAM était incapable de retracer des téléphones contrefaits qui, pourtant, pénètrent dans le pays en plein jour.

De son côté, le député Antoine Nzangi estimait, le 30 septembre dernier, qu’on « ne peut pas continuer à escroquer notre population.» Et dans une interview accordée à Top Congo FM, le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Godé Mpoy, de surcroit professeur d’économie, n’était pas allé par quatre chemins. Pour lui, cette taxe relève simplement « du banditisme fiscal ».

Dido Nsapu


(DNK/Yes)