Sur proposition du Musée royal pour l’Afrique centrale (MRAC) de Tervuren et Les Archives de l’Etat (belge), un groupe composé d’une vingtaine de scientifiques africains et belges vient d’être mis sur pied pour aider la « Commission de la vérité / de la réconciliation passé colonial belge » à  clarifier l’impact de la politique coloniale au Congo, au Rwanda et au Burundi afin de déterminer la politique future de la Belgique.

Ce groupe d’historiens, de politologues, d’anthropologues et d’autres spécialistes de l’Afrique centrale comprend dix Africains ou d’origine africaine et dix Belges, douze hommes et huit femmes, douze francophones et huit néerlandophones est présidé par le Pr Guy Vanthemsche de la Vrije universiteit Brussel ’(VUB) et historien de renom, le groupe a pour vice-président l’historien Isidore Ndaywel é Nziem (Université de Kinshasa), précise l’ACP qui a livré cette information.

Selon la même source, ce groupe des experts, qui doit travailler durant les vacances parlementaires en Belgique et remettre ses conclusions à la Commission de la Chambre des représentants d’ici le 15 septembre 2020 et doit, dans un premier temps, rédiger une note sur l’état de la recherche et de la connaissance du passé colonial belge, y compris sur l’accessibilité des archives, et formuler des recommandations pour la poursuite et l’approfondissement de la recherche historique.

Par ailleurs, poursuit l’ACP, elle tentera ensuite d’établir le lien entre les faits historiques et les phénomènes sociaux actuels tels que le racisme, la xénophobie et l’intolérance. Elle examinera aussi sur le rôle de l’éducation, ainsi que les actions de conciliation.

Dans la liste des experts africains dudit groupe, on retrouve également les politologues Bob Kabamba de l’Université de Liège, Jean Omasombo Tshonda de l’Université de Kinshasa et chercheur au MRAC, et Olivia Rutezibwa (Université de Portsmouth), ainsi que les historiens Elikia Mbokolo, Jacob Sabakinu (Unikin), Mathieu Zana Etambala et  Dantès Singiza (MRAC) et l’anthropologue Bambi Ceuppens, spécialisée dans l’histoire coloniale et les arts visuels africains contemporains.

Tandis que du côté belge, il y a, entre autres, les historiens Amandine Lauro (Université libre de Bruxelles), Anne Sophie Gijs (Université catholique de Louvain), Karel Van Nieuwnhuyse (KULeuven) et  Filip Reyntjens (Université d’Anvers).

Mise en place par la Chambre des représentants belge, la Commission de la vérité / de la réconciliation, vise à clarifier complètement l’impact structurel que l’État belge et les autorités belges, au sens large, ont eu sur l’État indépendant du Congo et sur le passé colonial de la Belgique. Elle doit élaborer une politique permettant de traiter de manière cohérente ce passé, précise-t-on en relevant qu’il ne s’agit pas d’une « commission vérité » au sens sud-africain. Mais de réfléchir à la manière dont la Belgique traite son passé colonial et d’essayer d’en tirer des leçons. Il est notamment fait référence à la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance, ainsi qu’à la gestion du patrimoine historique et culturel.

La commission devra également examiner comment les victimes peuvent être impliquées dans cette étude et quelles seront les conséquences juridiques et financières (indemnités).

Sa mission ; couvrira l’ensemble de la politique coloniale belge au Congo, au Rwanda et au Burundi, pendant la période de l’Etat indépendant du Congo (1885-1908) et pendant la période de la colonisation (1908-1962).

B. Tsala


(BT/Yes)