Le produit constitue un mélange de déchets plastiques récupéré et d'autres composants, notamment du sable et du ciment. Le pavé écologique peut être utilisé pour paver le sol avec les mêmes avantages que le béton, à moindre coût, tout en ayant un impact environnemental positif.

Tel est l'ambition exprimée le week-end par M. Etienne Mupeta, expert en construction industrielle de l’Asbl Etielux à Kinshasa. Par rapport à cette structure, Salubrité Sans Frontière a développé des projets à l‘interne et s’occupe de la transformation des produits locaux, des produits agricoles en cosmétiques.

Dans le cas d’espèce, il parle en termes de recyclage, de valorisation des déchets plastiques. Etienne Mupeta qui évoque également le cas des déchets ménagers, laisse entendre que les déchets plastiques sont autant des emballages et des débris de certains objets jetables à la poubelle.

Salubrité Sans Frontière a mis au point un projet de recyclage de ces matières plastiques transformables en matériaux de construction. Elle transforme ces déchets plastiques pour en faire des briques en forme de béton, parce qu’on y ajoute des plastiques qui deviennent comme des liants. Selon l’administrateur-directeur technique d’Etielux et président de l’Asbl Salubrité Sans Frontière, d’autres matériaux entrent en ligne de compte pour obtenir en phase de finition des briques, des briquettes, des pavés et des tuiles.

Nous produisons également des blocs ou des briques stabilisées au ciment qui sont différents aux briques cuites retrouvées à travers le pays et qui sont jugées ne pas être écologiques. Elles sont faites à base d’argile et finissent en cuisson dans un four. La coupe d’arbres qui en découle provoque la déforestation et la destruction de la nature.

SSF a mis au point cette technologie pour résoudre les problèmes de la population. Les briques dont ils ont besoin font recourir aux briques écologiques qui ne participent pas au cycle de la destruction de la nature, a encore dit M. Mupeta.

"Nous produisons des blocs stabilisés au moyen de la terre jaune et du ciment. Pour un sac de ciment, nous fabriquons 85 briques stabilisées aux dimensions ordinaires de 15 sur 30 cm avec des moules et des machines mis au point par nous dans nos ateliers", a-t-il indiqué.

" Nous avons aussi une idée de briques auto-bloquons de la marque sud-africaine présentant des liants ou des mortiers faits d’argile, de terre jaune et 5 à 10 pourcent de ciment pour produire entre 75 à 80 pièces de blocs de briques. Ces blocs sont voulus autant économiques qu’écologiques. Ils sont tout autant isolants thermiques et isolants sonores.

On n’aura donc pas besoin d’un revêtement, de crépissage et ils ont l’avantage de réduire le coût de construction à 40 pourcent. Une maison de 3 ou 4 chambres et un salon qui peut coûter 7 à 8 mille dollars peut se réaliser à 3 500 dollars. A cela s’ajoute le recouvrement fait des tuiles en plastique, des tuiles produites à partir de déchets plastiques, a ajouté Etienne Mupeta.

"Au lieu de les jeter dans les immondices, nous recyclons les plastiques à partir d’une technologie appropriée dont le coût peut être estimé à 10 dollars. Nous les mettons dans les fours dans nos ateliers. Avec ces produits, on a espéré ériger une maison faite des matières recyclées avec les matières locales à partir des blocs écologiques inscrits dans le cadre d’un projet intégrateur.

Ce projet général devenu écologique dans ce sens qu’il intègre les plastiques faites des tuiles et des pavés. Au lieu de faire un projet d’un coût approximatif de 21 mille dollars, nous pouvons le faire à 13 ou 14 mille dollars, soit un coût réduit à 50 pourcent, a-t-il ajouté.

Ce sont les projets que SSF entend mettre au point. Les promoteurs immobiliers ont mis un contrat avec une société de la place en faveur de son personnel. Ces promoteurs immobiliers avaient mal géré les fonds des clients. J’ai eu à mettre cela en veilleuse par rapport à ce marché. Par rapport à nous, à l’interne, nous voulons, pour éviter tout ce qui est lié aux caprices de malhonnêteté des kuluna en cravate, nous voulons nous-mêmes, dans notre organisation, obtenir des fonds, des terres et des concessions, mettre au point les projets de construire clé-à-mains pour nos membres.

La finalité est de mettre un terme à la pauvreté. Nous avons mis la barre très haute avec des moyens propres, nous comptons ainsi construire des maisons pour nos membres d’abord, a affirmé M. Mupeta.

"Les gens qui verront l’effectivité de ce projet vont s’y intéresser. Nous ne sommes pas les premiers, nous nous sommes inspirés de la faisabilité de projets effectués en Ukraine et des villas en Ukraine construites en briques de recyclage".

Raymond Okeseleke


(ROL/Yes)