La grossesse non désirée, une véritable source de souffrance pour la femme ! D'après Dr Jean-Claude Mulunda, chaque grossesse expose la femme à des risques, qui sont plus élevés lorsque celle-ci est non désirée. Les grossesses non désirées sont une véritable source de souffrance pour la femme. Aussi, a-t-il confié, l'avortement clandestin à risque en est encore plus au vu des moyens utilisés par les femmes pour y parvenir.

Poursuivant ses explications, Dr Mulunda a révélé que psychologiquement, la femme souffre de porter une grossesse qu'elle n'a pas souhaité, surtout lorsque celle-ci résulte d'un viol ou de l'inceste. Et, cette souffrance psychologique va se manifester physiquement par l'affaiblissement du système de défense du corps de la femme.

En plus de l'affaiblissement de celui-ci que lui impose déjà la grossesse. Psychologiquement la femme ne peut ni se concentrer sur quelque chose (travail, études, ... ) ni s'épanouir. Dans la plupart des cas, la femme finit par décider de recourir à l'avortement clandestin à risque qui malheureusement est trop dangereux pour sa santé et sa vie.

La RDC enregistre chaque année 846 décès pour 100.000 naissances vivantes, soit 83 femmes par jour ou 3 femmes par heure, ce qui correspond à 2 Boeing 737 remplis des femmes qui s'écrasent chaque semaine. Faisant ainsi de la RDC un des Pays grands contributeurs (50%) au fardeau mondial de la Mortalité Maternelle. 5ème dans le Monde et 2ème en Afrique derrière le Soudan.

Il est démontré aujourd'hui, a-t-il poursuivi, que l'accès aux services complets d'avortement sécurisé et de contraception de qualité, inclusifs et centrés sur les besoins de la femme 
peut contribuer sensiblement à la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle ainsi que cette souffrance injustement imposée aux femmes (faisant allusion aux moyens utilisés actuellement par les femmes pour avorter clandestinement).

Pour rappel, la RDC a adhéré « à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples relatif aux droits des Femmes en Afrique» dit Protocole de Maputo. Ce dernier est un document Africain qui a le mérite de reconnaitre à la femme ses droits en santé sexuelle et reproductive (SSR) qui font partis des droits humains et de contraindre les gouvernements signataires dont celui de la RDC à tout mettre en œuvre pour son application intégrale.

En matière de SSR, le Protocole de Maputo reconnait, dans son article 14, alinéas 2c, aux femmes et jeunes filles « le Droit de Contrôler leur Maternité », l'accès aux services de contraception et d'avortement sécurisé plus spécifiquement en cas de viol, d'inceste ou lorsque la grossesse met en danger la santé physique ou mentale de la femme.

La femme congolaise, une ressource à valoriser 

Pour Dr Jean-Claude Mulunda, l'accès aux services complets de contraception et d'avortement de qualité, sans discrimination ni stigmatisation favoriserait: le développement personnel de la femme, son épanouissement, sa capacité à apprendre et à travailler; bref son autonomisation et sa contribution à l'émergence du pays.

La femme a besoin d'avoir un nombre d'enfants qui lui permet de s'épanouir et de vaquer aux autres occupations (études, travail, divertissement, ... ). Les grossesses multiples et répétées sont une entrave non seulement à la santé de la femme, mais aussi à ses droits et sa liberté, a renchéri cet expert en SSR.

C'est ainsi qu'il est important d'améliorer l'accès et la qualité des services de contraception et d'avortement pour toutes les femmes sans discrimination. « C'est ici l'occasion de saluer; 
l'engagement de Mme la Ministre du Genre et la société civile dans la vulgarisation du protocole de Maputo ainsi que l'initiative du Ministère de la Santé au travers le Programme national de santé de la reproduction (PNSR), d'élaborer les normes et directives sur les soins complets d'avortement dans le cadre de l'application dudit Protocole. Ceci est une avancée significative, et montre l'engagement du Gouvernement de la RDC à améliorer le bien-être des femmes et jeunes filles congolaises », a conclu Dr Jean Claude Mulunda.

L'avortement clandestin à risque représente aujourd'hui la deuxième cause de mortalité maternelle en République Démocratique du Congo, a confié le Program Managerd7pas-RDC, Dr Jean-Claude Mulunda.

Lucie Ngusi/Le Potentiel 


(TN/TH/GW/Yes)