Au mois de novembre, la Banque centrale du Congo (BCC) a fait savoir que sur la base des réalisations de la production, à fin juin, les estimations de la croissance économique pronostiquaient déjà une amélioration de l’activité économique de l’ordre de 0,4 point. Une augmentation attestée par un taux de croissance attendu à 4,1 % pour l’année 2018, et impulsée par l’industrie extractive bénéficiant des cours mondiaux rémunérateurs.

Sur le marché des biens et services, la Banque centrale a noté le ralentissement du rythme de formation des prix, en dépit de « légères pressions inflationnistes » depuis septembre. Le taux d’inflation mensuel s’est situé à 0,417 % en octobre, contre 2,207 % en septembre et 4,135 % à la période correspondante de 2017. Tandis que fin novembre, le taux hebdomadaire s’est établi à 0,146 %, portant le cumul annuel à 6,577 %. En glissement annuel, le taux d’inflation s’est fixé à 10,557 % et en annualisé, il atteindrait 7,301 %, contre un objectif à moyen terme de 7,0 %.  

Il ressort une tendance à l’accélération de l’inflation en rythme mensuel. Une évolution due en partie aux augmentations des tarifs des transports dans un contexte de rattrapage de la fiscalité pétrolière. Cela occasionne des hausses graduelles du prix du carburant à la pompe. En cumul et en glissement annuel, le taux d’inflation a atteint respectivement 4,943 % et 42,993 %. Toutes choses restant égales par ailleurs, l’inflation se situerait à 12,078 %. 

Sur le marché des changes, la stabilité du franc se maintient. Les cours indicatif et parallèle se sont établis à 1 632,46 FC et 1 648,00 FC le dollar, soit une dépréciation mensuelle de 0,11 % à l’indicatif et une appréciation mensuelle de 0,02 % au parallèle.

En ce qui concerne les réserves de change, elles ont enregistré en novembre une « légère hausse mensuelle » de 6,36 millions de dollars, s’établissant à 1,04 milliard de dollars, soit 4 semaines et 2 jours d’importation des biens et services sur ressources propres. 

Au regard de tous ces indicateurs, la Banque centrale a décidé de maintenir inchangé son dispositif de politique monétaire. Le taux directeur reste à 14,0 %. Les coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme sont également maintenus, respectivement à 13,0 % et 12,0 %. Les coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme sont aussi maintenus respectivement à 2,0 % et 0 %. Quant à lui, le Bon BCC sera éventuellement utilisé en vue de la régulation courante de la liquidité bancaire. DeogratiasMutomboMwanaNyembo, le gouverneur de la BCC, a pris l’engagement de tout faire pour qu’il n’y ait pas « retournement de situation » d’ici la fin de l’année. Nous y sommes presque.

« Nous maintiendrons les efforts de stabilisation. Nous les amplifierons, s’il le faut, pour conserver et maintenir cette stabilité d’ici à la fin de l’année », a-t-il déclaré en novembre au sortir d’une réunion du Comité de politique monétaire. Qui recommande au gouvernement de « maintenir le cap d’une gestion saine » des finances publiques et à « accélérer la mise en œuvre des mesures structurelles », à l’effet de « favoriser la diversification de l’économie », gage de la consolidation de la stabilité macroéconomique.

Prudence, tout de même 

Selon toute vraisemblance, les indicateurs du cadre macroéconomique sont favorables à l’économie pour le moment. Mais prudence, tout de même, laisse-t-on entendre à la Banque centrale. En effet, l’économie mondiale poursuit son expansion mais à un rythme modéré avec un taux de croissance projeté à 3,9 % cette année et 3,8 % en 2019, contre 3,7 % réalisé en 2017, selon les données statistiques du Fonds monétaire international (FMI). Ce dynamisme de croissance est tiré principalement vers le haut par la hausse des investissements, conjuguée au regain du commerce international. 

Bien que la reprise économique se maintienne sur le plan mondial, la persistance des risques de dégradation reste encore présente, notamment en ce qui concerne le protectionnisme commercial, la normalisation des politiques monétaires et budgétaires en vue, le surendettement et, bien entendu, les tensions géopolitiques. La preuve, à fin mai 2018, les cours des principales matières premières exportées par la République démocratique du Congo ont connu des évolutions divergentes. Les cours du pétrole et du cobalt ont enregistré des hausses mensuelles de 7,34 % et 1,43 %, s’établissant respectivement à 77,03 dollars le baril et à 97 442,17 dollars la tonne métrique. Tandis que le cours du cuivre a enregistré une légère baisse pour se situer à 6 820,65 dollars la tonne, contre 6 825,55 dollars en avril. 

À l’interne, les estimations provisoires de la Commission d’études statistiques et des comptes nationaux (CESCN) de la Banque centrale, fondées sur les réalisations de production, à fin mars 2018, situent le taux de croissance à 4,2 %, cette année, contre 3,7 % et 2,4 % respectivement en 2017 et 2016. 

Le solde global d’opinions des chefs d’entreprises, bien que demeurant positif, a connu un fléchissement avant de s’établir à 10,9 %, à fin mai, contre 17,9 % en avril. Selon la BCC, ce recul est consécutif au déficit énergétique et à la baisse des activités dans l’industrie manufacturière.

Quant aux finances publiques, la situation du compte général du Trésor, à fin mai, intégrant l’amortissement de la dette, a enregistré un solde excédentaire de 33,8 milliards de nos francs, contre un déficit programmé de 45,6 milliards. Les recettes se sont établies à 586,8 milliards et les dépenses à 553,0 milliards.


En cumul annuel, à fin mai 2018, les opérations financières de l’État, incluant l’amortissement de la dette, se sont clôturées par un excédent de 542,4 milliards. C’est la conséquence notamment des avances fiscales faites à l’État par des entreprises minières et de l’effort de mobilisation des recettes par la Direction générale des impôts (DGI). En excluant ces avances des miniers pré-affectées aux dépenses de la CENI, ces excédents seraient de 185,9 milliards de nos francs, explique-t-on à la Banque centrale.

Le Potentiel 


(TN/GW/Yes)