Vu le degré de vulnérabilité des populations présentes dans la région, Médecins sans frontières (MSF) a décidé de lancer une campagne de vaccination contre la rougeole visant plus de 42 550 enfants, soit 95% de la cible et ce, afin de prévenir la propagation de la maladie et d’éviter des décès.

Un mois après avoir mis en place des cliniques mobiles dans la zone de santé de Kamonia, dans la province du Kasaï, Médecins sans frontières (MSF) étend son soutien aux ressortissants congolais arrivés d'Angola et א la population locale à travers une campagne de vaccination préventive contre la rougeole visant les enfants de () à 59 mois.

Responsable de l'intervention pour MSF, Joël Nyimi-Nyimi a expliqué que la première phase de la campagne de vaccination a eu lieu du 29 novembre au 5 décembre 2018 et a déjà permis aux équipes de vacciner près de 20 200 enfants. La deuxième phase de cette vaccination est en cours. Du 30 octobre au 11 décembre 2018, MSF a également assuré des cliniques mobiles offrant des soins de santé primaires aux Congolais retournés d'Angola et aux autochtones dans la Zone de santé de Kamonia. « En collaboration avec le ministère de la Santé publique, nos équipes ont réalisé plus de 11 000 consultations. Les patients présentant des pathologies aigües simples étaient soignés directement tandis que les cas compliqués étaient stabilisés puis référés vers le centre de santé de référence de Kamako, auquel nous avons également fait des donations de médicaments et matériel de soins », a souligné Joël Nyimi-Nyimi.

Actuellement, Kamako reste un lieu de transit important pour les ressortissants congolais en provenance d'Angola. Même si la moyenne des arrivées est en constante diminution depuis plusieurs semaines, des centaines de personnes continuent de traverser la frontière chaque jour. «On suit la situation de près à travers le travail de nos équipes qui sont en première ligne auprès des patients. Beaucoup d'entre eux arrivent extrêmement fatigués suite au long chemin qu'ils ont parcouru», a noté la coordinatrice du pool d'urgences de MSF en RD Congo, Sophie Sabatier.

Sophie Sabatier a confié que MSF est particulièrement touché par l'état de vulnérabilité des personnes qu'il voit arriver ces dernières semaines, dontplusieurs ont raconté avoir subi des violences sur la route. « La situation des réfugiés, qui ont fui le conflit du Kasaï en 2016-2017, est également préoccupante », a-t-elle ajouté. Forcés de revenir: dans cette région où ils ont tout perdu - des membres de leurs familles, leurs maisons, toute source de revenus économiques,ils se retrouvent bloqués la frontière, tentant de survivre au jour le jour, en logeant dans des abris de fortune ou chez des familles d'accueil.

Notons que les équipes de MSF continuent א surveiller attentivement la situation sanitaire et humanitaire dans les zones de santéfrontalière avec l'Angola, et particulièrement dans les provinces du Kasaï, du Kwango et du Lualaba. Ces équipes assurent une veille et détection précoce des alertes sanitaires et humanitaires, et se tiennent prêtes à répondre rapidement sur l'ensemble du territoire congolais. L'organisation médicale intervient en appui au ministère de la Santé publique en offrant des sains médicaux aux victimes de conflits et de violence, aux personnes déplacées ou encore à celles souffrant d'épidémies comme le choléra, la rougeole, et le Vih/jSida. MSF a aussi été en première ligne dans la riposte aux épidémies d'Ebola qui ont touché le pays au cours de ces dernières décennies. MSF est présente dans la région du Kasaï (provinces du Kasaï et du Kasaï Central) depuis mai 2017, pour apporter des soins d'urgence gratuits aux populations touchées par la crise, notamment les victimes de violence, rappelle-t-on.

Le Potentiel 


(GTM/Milor/Yes)