Mais à voir déjà le peu d'engouement manifesté par les candidats présidents de la République eux-mêmes, l'on ne peut que facilement se rendre compte qu'à quelques jours des élections, le temps n'est plus aux préalables, mais à la préparation et à la campagne 
électorale, dès le mois prochain.

Pour revenir à la réunion chez Corneille Nangaa, certains candidats issus de l'Opposition, avec comme meneur Théodore Ngoy, pasteur de son état, ont monté des enchères, exigeant à !a CENI une discussion sur des problèmes juridiques relatifs à l'utilisation de la machine à voter et à l'éventualité de la radiation des électeurs sans empreintes digitales lisibles. Et ce oubliant que la réunion était essentiellement technique et non juridique.

Et bien qu'ils aient exigé des discussions juridiques autour de la machine à voter, aucun candidat, malheureusement, n'a pu relever et démontrer au travers des différentes dispositions légales, les mesures d'application et les différentes décisions de la CENI, de la possibilité de rayer de la liste provisoire des électeurs, ceux n'ayant pas d'empreintes digitales lisibles.

Par contre, il est clairement ressorti le risque d'une remise en cause « des décisions irrévocables et opposables à tous de la Cour Constitutionnelle dans l'hypothèse où ce cadre d'échanges venant unilatéralement rayer les quelques 16,6% des électeurs sans empreintes digitales visibles. Alors que parmi ces électeurs, se retrouvent en effet des candidats aux législatives nationales et provinciales validées par la Haute Cour.

C'est dans ce contexte que le président du Conseil national de suivi de l'Accord de la Saint-Sylvestre (CNSA), Joseph Olenghankoy a reçu hier 11 octobre 2018 une délégation des candidats présidents de la République démocratique du Congo, parmi eux se trouvaient. Seth Kikuni Masudi, un jeune entrepreneur qui se présente comme indépendant; Théodore Ngoy Ilunga wa Senga, le président du parti Congo pour la justice qui se présente aussi en indépendant, et enfin Sylvain-Maurice Masheke Ngerakueyi, un ancien ministre de la Culture et Arts, membre de l'Union des Forces du changement (UFC), le parti du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo. Il se présente également en indépendant.

S'agissant de ce qu'a été le vif de cette rencontre, le Rapporteur du CNSA, Valentin Vangi Ndungi a indiqué qu'après leurs .échanges avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le président a aussi reçu des candidats présidents de la République, avec un cahier des charges dans lequel ils ont exprimé, au président du CNSA, leurs préoccupations par rapport au processus électoral.

A son tour, le président de ce Conseil a reçu leurs doléances, tout en leur promettant d'apporter ces préoccupations à qui de droit, afin que pendant cette période pré-électorale, les solutions soient trouvées. Le président du CNSA a insisté lors de leurs échanges sur la préservation de la paix en 
cette période sensible et tous les candidats présidents de la République doivent y travailler.

Qu'est ce qui fait qu'on n'aborde pas le vif' des sujets de CNSA à savoir, la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés politiques ? Répondant à cette question d'un journaliste, le Rapporteur du CNSA a indiqué que c'est l'une des raisons pour lesquelles ces candidats se sont présentés au CNSA.

Le contenu de leur cahier des charges de cette rencontre avec le CNSA, concernait essentiellement le processus électoral et la décrispation. Tous ces sujets ont été bien discutés par CNSA et certaines résolutions ont été trouvées. Seulement, CNSA se garde de rendre maintenant ces résolutions trouvées dans cette rencontre, car il faudrait d'abord qu'il puisse traiter ces résolutions et contacter les autres institutions, à savoir la CENI et le gouvernement pour qu'ensemble en tripartite, ce dernier trouve des solutions qui pourraient permettre et faciliter un climat de paix en cette période.

Qu'attendre réellement du CNSA? 

Faudra-t-il réellement attendre quelque chose du CNSA, lui-même incapable de clôturer les travaux de la tripartite? C'est la question qu'il convient de se poser, maintenant qu'il reste deux mois avant l'organisation des élections combinées (présidentielles, législatives nationales et provinciales), et vu le manque d'intérêt des candidats présidents de la République dont la majorité a séché cette réunion, préférant aller signer une déclaration politique.

Le CNSA devra-t-il porter à cœur les préoccupations de ceux qui ont boycotté une réunion organisée à leur intérêt ? Et si le CNSA promet de voir qui de droit pour trouver solution aux desideratas des candidats, de la CENI, l'on apprend que si l'Opposition n'a pas pu trouver d'arguments clairs pour justifier l'illégalité de la machine à voter, au moins ils ont accepté certains points notamment la tenue 
des élections le 23 décembre 2018 qui reste irrévocable et que toutes discussions et divergences de vue ne devraient remettre en cause ce rendez-vous historique pour le pays.

De même au sujet des enrôlés, il a été démontré qu'ils ne vont en rien influencer le vote, d'autant plus qu'en dehors de l'empreinte, il y a d'autres conditions qui figurent sur la carte d'électeur et qu'il faudra prendre en compte. Et dans cette. optique, faire de ce débat un principal sujet de campagne, serait manquer de quoi faire au moment où il faut apprêter, mieux, enrichir le programme qui sera présenté aux électeurs. « S'éterniser sur ces questions risque d'être préjudiciable pour les partis et regroupements politiques qui ont intérêt à former leurs propres témoins, facteur important pour la crédibilité du processus électoral.

Mamie Ngondo/L’Avenir 


(TN/TH/Yes)