Des organisations nationales et internationales ont dressé un état des lieux de la mortalité maternelle liée à l’avortement clandestin en RDC et ont proposé des pistes de solution pour une meilleure santé sexuelle et reproductive de la femme. C’était le 28 septembre à Pullman Hôtel, lors d’une conférence à l’occasion de la célébration de la « Journée internationale de l’avortement sûr, légal et accessible ».

En présence des jeunes adolescents, des responsables des Ongs s’occupant de l’encadrement de la jeunesse et de la santé, les différents animateurs à cette conférence, venue du gouvernement, du corps judiciaire et des organisations nationales et internationales dont IPAS et la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND) … ont surtout exposé sur la problématique de l’avortement.

Cadre légal

Le cadre légal qui autorise désormais l’avortement à quelques exceptions en RDC a été beaucoup plus mis en avant.

La RDC a ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relative aux droits de la femme. Ce document légal international, appelé communément Protocole de Maputo, stipule dans son article 14 alinéa 2 que « les Etats prennent toutes les mesures appropriées pour protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ».

Une circulaire du président de la Cour constitutionnelle publiée le 19 avril 2018 dans le Journal Officiel demande aux chefs de juridictions et offices des parquets de procéder immédiatement à l’application de cette disposition du Protocole de Maputo ratifié par la RDC depuis 2006.

L’avortement thérapeutique est bel et bien autorisé en RDC. Les chartes internationales ratifiées ont une suprématie sur les lois nationales, selon la Constitution.

Maintenant, le plus grand travail reste la vulgarisation de cette disposition légale qui, une fois connue du grand public, pourrait diminuer sensiblement les avortements clandestins à la base de plusieurs cas de décès et des complications chez les femmes.

L’avortement clandestin est la deuxième cause de la mortalité maternelle en RDC, selon l’Enquête démographique et de santé (EDS) 2013-2014. En plus, 10% de grossesses non désirées se terminent par cet avortement à risque.

La ministre du Genre, Enfant et Famille, Chantal Safou, qui a lancé les travaux de cette conférence a signifié que son ministère a lancé le 30 juillet dernier la vulgarisation du Protocole de Maputo dans le cadre d’une stratégie élaborée par ses experts et ceux des ministères impliqués.

« Il faudra accompagner les femmes et les communautés dans la compréhension de ce nouveau contexte, pour qu’elles aient enfin accès aux soins de qualités et aux droits qu’ils leur sont dues », a recommandé ce membre du gouvernement.

Deux témoignages poignants de deux femmes qui ont perdu leurs filles mineures respectives après un avortement clandestin et non sécurisé ont édifié davantage les participants sur l’importance de l’application effective de l’article 14.2 du Protocole de Maputo.

Socrate Nsimba/MMC


(SNK/Yes)