Le bureau de la Banque mondiale a fait cette déclaration, lors de la présentation mercredi au gouvernement représenté par le ministre du Budget Pierre Kangudia Mbayi, de son rapport relatif au suivi de la situation économique de la RDC. Selon ce rapport, cette reprise de l'activité économique est favorisée par la croissance de la demande mondiale pour ces deux produits d'exportations du pays, portant ainsi la croissance économique à 3,8% au premier semestre 2018. En 2017, cette croissance s'était établie à 3,7%, après avoir ralenti à 2,4% en 2016, son plus bas niveau en quinze ans.

Les avantages de l'embellie économique 

Le rapport de la Banque mondiale relève également que le déficit des comptes extérieurs s'est en conséquence réduit, tandis que le niveau des réserves demeure faible. Le déficit du compte courant s'est amenuisé de -3,6% du produit intérieur brut (PIS) en 2016 à -3,1 en 2017, suite à l'embellie observée sur les marchés internationaux des matières premières et à la réduction drastique des dépenses publiques en pourcentages du PIS, intervenues essentiellement au cours du second semestre de l'année. La balance des paiements est ainsi ressortie à l'équilibre, n'accusant qu'un déficit de -1,4% en 2016, favorisant ainsi le maintien du niveau des réserves internationales, à fin 2017 à 3,8 semaines d'importation.

Toutefois, le rapport note que les réserves internationales demeurent faibles au cours de ce premier semestre, et ne pourraient pas prémunir le pays contre un choc majeur de la balance des paiements d'une ampleur similaire à celui subi en 2015. Par ailleurs, la monnaie nationale, s'est relativement stabilisée au cours du second semestre 2017, après une forte dépréciation, lors du premier semestre de la même année qui était marquée par les pressions inflationnistes. Usant de tous les outils à sa disposition pour resserrer la politique monétaire, dans le but d'atténuer les effets persistants sur les agrégats monétaires de la chute des cours des produits miniers survenue en 2015, le rapport indique que l'impact des interventions de la Banque centrale du Congo s'est avéré très limité. L'inflation s'en est accélérée, passant de 23,6% en 2016 à 54,8% en 2017, suite essentiellement à la forte dépréciation du Franc congolais face au dollar américain. Le taux de change de la monnaie nationale s'est toutefois stabilisé après le mois de juillet 2017, à la faveur des mesures de restriction budgétaire introduites par le gouvernement.

L'espace budgétaire rétréci 

Par ailleurs, le rapport de suivi de la situation économique de la RDC souligne que le solde budgétaire a enregistré un léger excédent de 0,1 % du PIB hors arriérés des paiements, contre un déficit de 1,3% en 2016, mais au prix d'une baisse plus prononcée des dépenses publiques à 8% du PIB. Cette situation est due au renforcement de la gestion sur base caisse visant à équilibrer les comptes publics, afin d'éviter tout recours au financement monétaire de la Banque centrale du Congo qui serait préjudiciable à la stabilité monétaire.

ACP 


(TN/Milor/GW/Yes)