La salle de spectacles du Centre Wallonie- Bruxelles de Kinshasa a servi de cadre le 12 septembre 2018 à la cérémonie marquant la présentation de l’ouvrage « Pour la dignité paysanne » de Déogratias Nyonkuru.

Organisée par le Centre national d’Appui au Développement et à la participation populaire(Cenadep), cette cérémonie a rehaussé de la présence du monde tant scientifique, agricole que politique.

Dans son adresse de bienvenue, le Directeur général du Cenadep, Amisi Ngoma a félicité l’auteur de l’ouvrage qui vient une fois de plus enrichir la bibliothèque du monde agricole congolais.

A travers cet ouvrage les organisations paysannes trouvent de quoi enrichir leur bagages et booster leur stratégie pour le développement agricole.

L’auteur de l’ouvrage parle des expériences et témoignages d’Afrique, réflexions et pistes méthodologiques.

M. Déogratias Nyonkuru a présenté succinctement son livre en partant de plusieurs observations.

Il a constaté que les paysans sont découragés et ne croient plus à l’agriculture, seuls les paysans riches, vulnérables ou organisés sont appuyés et donc 80 % délaissés.

Les paysans ont très peu d’argent en cash et malgré les subventions, d’importantes couches sont exclues.

Pour développer l’agriculture en Rdc, l’auteur donne quelques pistes.

Il faut d’abord renforcer l’estime de soi des paysans, de leur redonner de la confiance :

Aider le paysans à s’organiser pour qu’ils puissent non seulement travailler sur des aspects économiques mais aussi influencer les politiques agricoles, pour que ces dernières puissent apporter en appui au développement de l’agriculture familiale en lieu et place de privilégier l’agrobusiness.

Pour Déogratias Nyonkuru, pour que les organisations paysannes puissent jouer pleinement leur rôle, il faut qu’ils puissent renforcer leurs capacités que ça deviennent pas des structures vives mais des structures qui mobilisent des moyens d’hommes et qui ne dépendent pas uniquement de l’aide mais surtout développer une réelle vision sociopolitique.

Les organisations paysannes doivent proposer un modèle de changement sociétal dans lequel les paysans jouent son principal rôle.

Ce livre propose également des réflexions et stratégies pour arriver à la couverture sanitaire universelle en milieu rural en combinant à la fois des politiques des gratuités pour des populations les plus faibles ,des appuis à des populations un peu mieux nantis et des contributions claires pour des populations plus riches.

Déogratias Nyonkuru a souligné que tant que les organisations paysannes n’auront pas pris conscience, que c’est seulement en influençant des cantines agricoles, des choix politiques que les choses vont changer, il est inutile de continuer à injecter de l’argent dans le développement agricole parce que les importations, la mondialisation est en place justement pour faire en sorte que les parts des marchés proviennent des multinationales et ça c’est le principal combat pour l’Afrique.

Pour lui, le problème n’est pas l’argent mais l’engagement militants des jeunes il existe de l’argent si les organisations paysannes étaient capables de booster les organisations internationales qui sont prêtes à soutenir les paysans il y aurait déjà un fond destinés à résoudre ce problème.

L’auteur de l’ouvrage propose une feuille de route comme pistes clé entre autres, créer une agence de promotion des Efi et la doter d’un budget, avec des opérateurs de proximité par province et commune ; la doter d’un fonds d’avance en intrants ; sélectionner les paysans et surtout les paysannes les plus sérieux, aider chaque paysan à dessiner un plan d’amélioration de son exploitation sur cinq ans, signer un contrat entre l’agence et le paysan choisi reçoit une avance sous forme de crédit remboursable en nature par stockage à la coopérative.

L’ouvrage « Pour la dignité paysanne » est préfacé par Olivier De Schutter et Eric Tollens et est publié par les éditions Grip.

Le fruit de la vente du livre servira à constituer un fonds pour la dignité paysanne, a précisé l’auteur.

Gisèle Tshijuka/MMC 


(GTM/Yes)