Le procès des présumés assassins des experts des Nations Unies continue son bonhomme de chemin. Le tribunal militaire garnison de Kananga vient d’ouvrir les discussions sur l’examen de la prévention du terrorisme qui pèse sur les prévenus Bula Bula et Vincent Mangan, rapporte la radio okapi.

L’officier du ministère public a, dès l’ouverture de l’audience, rappelé les faits ayant conduit au meurtre de deux experts de l’ONU. Confirmant l’implication des prévenus en cause dans ces incidents, l’organe de la loi a précisé que cette exécution faisait partie d’un plan mis en place par une milice pour répandre la terreur dans cette partie du pays.

Pour le major Carlos Kalala, le fait que la scène de l’exécution ait été filmée procédait de la volonté manifeste de terroriser les populations et de menacer les institutions légalement établies.


"Non seulement, ils ont tué. Mais aussi, ils ont décapité. Ils se sont donné le luxe d’enregistrer ce qu’ils ont fait. Tout cela dans le but d’envoyer un message à la population, en vue de semer la terreur. Voilà pourquoi on parle de terrorisme. La doctrine de cette milice était basée sur la terreur", a-t-il indiqué.


L’organe accusateur a tenu à poser quelques questions aux prévenus Bula Bula et à Vincent Manga sur le déroulement de l’exécution de ces deux experts. Vincent Manga a repris son explication habituelle en ignorant tout ce qui s’est passé le 12 mars 2017 à Moyo Musuila. Il a affirmé n’avoir pas été présent ce jour-là dans ledit village.


Le présumé chef milicien a clamé son innocence, au moment où l’accusation continue à le considérer comme l’un des principaux acteurs du meurtre de ces experts de l’ONU. 
Le prévenu a, par ailleurs, fait une grande révélation qui a réconforté le Ministère public. Il a indiqué que Jean Bosco Mukanda, le principal témoin du procès, aurait informé à Bula Bula, le chef du village Moyo Musuila, du déplacement de ces experts.


"Bula Bula est en train de mentir. Bula Bula connaît le président de son tshiota qui partait à Kananga et qui l’a appelé au téléphoné pour lui dire qu’il a croisé les Blancs", a-t-il martelé. 
Interrogé sur l’identité de ce président de tshiota- foyer initiatique de la milice Kamuina Nsapu-, il a cité Jean Bosco Mukanda. "Le président de son tshiota, c’est Jean Bosco Mukanda. C’est lui qui a téléphoné à Bula Bula. Il connaît et sait que ce jour-là, son président de tshiota a quitté Kananga vers le village", a affirmé M. Manga.


Dans ses déclarations depuis sa première comparution, Bula Bula a affirmé de son côté que Jean Bosco Mukanda était l’homme de main du chef Vincent Manga.


Deux experts de l’ONU qui enquetaient sur l’affaire Kamwina Nsapu ont été assassinés dans l’ex-Kasaï. 
Il s’agit de la suédoise Zaida Catalan et de l’américain Michaël Sharp.


Orly-Darel Ngiambukulu/Forum des As 


(BT/Yes)