Depuis la déclaration officielle, le 1er août 2018, par les autorités de République démocratique du Congo, d'un nouveau foyer de l'épidémie de la maladie à virus Ebola dans l'Est de la RD-Congo, l'Église catholique est en première ligne dans la sensibilisation et la lutte contre cette fièvre hémorragique.

Le 27 août, l'évêque de Butembo-Beni (Est), Mgr Melchisédech Siku!i Paluku, s'est rendu dans la localité de Mangina, dans le Nord-Kivu, fortement touchée par la maladie. « Ce qui est inquiétant, c'est qu'il pourrait y avoir des personnes qui n'informent pas correctement », s'est-il alarmé. « Il y a aussi une réticence liée à une certaine mentalité, la tendance à cacher les malades ou à ne pas les amener au centre de traitement dès qu'on constate l'apparition des premiers signes », a-t-il expliqué. .

Aux yeux de l'ordinaire de ce diocèse, « il est possible de sensibiliser davantage afin que les gens comprennent », « Nous allons étudier comment intensifier cette sensibilisation», a-t-il promis. Par ailleurs, l'évêque de Butembo-Beni a fustigé le comportement des « faux pasteurs» qui instrumentalisent cette épidémie et font croire qu'elle est due à un «mauvais sort ». « La population ne doit pas avoir peur, ni se laisser troubler par des messages provenant même de soi-disant religieux qui font en sorte que des malades ne reçoivent pas les soins nécessaires », a- t-il insisté.

Pour l'heure, le diocèse de Butembo-Beni a pris des dispositions préventives pour éviter des cas de contagion lors de cérémonies religieuses catholiques : désormais, les fidèles catholiques éviteront de se serrer la main au moment du rite de la paix pendant la messe. Le contact direct avec les liquides organiques d'une personne infectée est en effet la principale voie de contamination de cette maladie, ce qui la rend très contagieuse. .

Dès le début de l'épidémie, dans un communiqué datant du 7 août 2018, l'évêque de Butembo-Beni avait appelé tous les prêtres, religieux, religieuses, agents pastoraux à la solidarité et à la collaboration contre la fièvre hémorragique. « Respectons et appliquons les règles d'hygiène élémentaire, tel que le recommande le ministère de la Santé publique à travers un geste simple, mais producteur qu'est le lavage des mains à tout moment », avait-il recommandé.

« Profitons de cette épreuve qui nous frappe en ce moment pour raffermir notre foi chrétienne, Nous devons nous soutenir mutuellement dans nos communautés paroissiales, nos communautés sacerdotales et religieuses, nos communautés ecclésiales vivantes (CEV) et nos familles respectives pour bouter dehors cette épidémie ».

4645 Personnes vaccinées 

Cette nouvelle épidémie de la fièvre hémorragique est la dixième qu'a connue le pays, rappelle-t-on. En mai 2018, une épidémie à Mbandaka, dans le nord-ouest de la RDC, avait fait une trentaine de morts. Il existe un vaccin contre cette maladie fortement contagieuse.

Il est encore expérimental mais est jugé efficace à 90 % par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'organisation onusienne reconnait toutefois qu'il existe des effets secondaires. Une légère fièvre, des symptômes de rhume ou un malaise peuvent être ressentis par le vacciné pendant un à trois jours.

Hervé Ntumba/Le Potentiel 


(TN/TH/Yes)