La guéguerre qui a empoisonné depuis 2008 les relations entre le camp Matusila Malungeni Ne Kongo et celui de Kimpiatu Kenga au sujet de la présidence du parti politique l’Alliance des bâtisseurs du Kongo (Abako) vient d'être définitivement enterrée. L'arrêt de la Cour suprême de justice (CSJ), section administrative, rendu à Kinshasa le 21 juin 2017, a permis de mettre fin à ce différend qui a tout simplement divisé au lieu d'unir des frères du même coin.

L'arrêt RA 1485 a ainsi reconnu la qualité de président général de l'Abako du parti politique Abako à Pierre Anatole Matusila Malungeni Ne Kongo. L'heure est désormais à la réconciliation entre frères et sœurs divisés et à la reconstruction d’un parti qui n'a que pâti de cette division. Par sa lettre n°476/000/SG/ REPAP/2017 du 4 septembre 2017, dont L’Observateur a obtenu copie, le Secrétariat général des Relations avec les partis politiques, Boniface Okende Bonge; notifie à Pierre Anatole Matusila Malungeni Ne Kongo de l'Acte de signification de l’'arrêt rendu par M CSJ dans l’affaire enrôlée sous le RA 1485 ayant opposé Matusila Malungeni Pierre Anatote contre le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur et Sécurité et la République démocratique du Congo.

Il lui a signifié par cette occasion l’annulation de la décision contenue dans la lettre n° 25/VPMINIMINTINERSEC/16097, 2015 du 22 mai 2015 du vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur et Sécurité et cet acte réaffirme par conséquent la décision du ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières en son temps, contenue dans la lettre n° 25/MIN/MINTINERSEC/DAC/036/2013, reconnaissant la qualité de président général du parti politique dénommé Alliance des bâtisseurs du Kongo, en sigle « Abako » à Monsieur Pierre Anatole Matusila Malungeni Ne Kongo. « Pour la petite histoire, Matusila Malungeni, en sa qualité de président général de l'Abako, avait introduit une requête le 25 novembre 2015 à la Cour suprême de justice, pour lui solliciter l'annulation de la décision du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité prise dans sa lettre n°25/CAB/VPMIN/ MINTINERSEC/1609/2015 du 22 mai 2015 désignant Samy Kimpiatu Kenga en qualité de président général de l'Abako.

Dans son jugement, la CSJ a relevé un « excès de pouvoir » dans le chef du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité qui avait reconnu la qualité de président général de l’Abako à Samy Kimpiatu Kenga, validant ainsi le jugement RC 24683 du 9 avril 2010 du Tribunal de grande qui avait tranché ce conflit, confirmé en appel par arrêts de la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe sous RCA 27331 et RCA 28432t, « en violation de l’article 32 de la loi n/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques. Alors que, soutient la CSJ », les conflits internes aux partis politiques opposant leurs membres entre-eux ou à leurs organes dirigeants sont de la compétence du Tribunal de grande instance du lieu de résidence des membres concernés ou du siège des partis politiques en cause ». D'autant plus que, ajoute la CSJ, la « compétence pour résoudre les conflits internes aux partis politiques est reconnu exclusivement aux Cours et tribunaux « en vertu de l’article 32 de la loi n°002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques.

Pas de triomphalisme 

Pour le président général de l’Abako, il n'y a pas de triomphalisme après l'arrêt de la Cour suprême de justice. Il n'y a ni vainqueur ni vaincu. S'il y a un vainqueur, c'est le parti politique qui sort la tête haute et ragaillardi dans un conflit qui a simplement ruiné les énergies dont il (parti) a grandement besoin. C'est pourquoi, a estimé Matusila Malungeni, l'heure est désormais aussi bien à la réconciliation entre frères et sœurs, entre membres du parti que le conflit a réussi à diviser qu'à la reconstruction d'un parti qui n'a que pâti de cette division. En rassembleur Matusila Malungeni qui n’exclut personne n’ouvre ses longs bras à tout le monde. Il y a de la place pour tout le monde au sein du parti. Le président général du parti a grandement besoin des bras et de l’intelligence des membres de l'Abako pour en faire une grande formation politique.

José Mambwini nommé 2éme directeur adjoint 

Dans la foulée et comme pour bien se préparer aux prochaines élections, l'ABako a procédé dernièrement à quelques aménagements en son sein. Ainsi, le professeur José Mambwini Kivuilakiaku a été nommé le 15 août au poste de 2ème directeur adjoint du Bureau d'études au sein du Bureau politique de l’Abako. Cette nomination très capitale dans l’organisation et le fonctionnement de l’Abako est intervenue lors de la réunion extraordinaire du Bureau politique du 15 août Courant, un parti politique qui souffre d'une grande léthargie au sein de certaines de ses structures, notamment au secrétariat général dont on réclame une restructuration à la tête en vue d'un nouvel envol dans son fonctionnement et son organisation.

Pour plusieurs ténors de ce parti il faut du sang nouveau au sein du secrétariat général qui reste pour un parti politique pivot moteur du dynamisme d'un parti politique dépend du dynamisme de son secrétaire général. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de l’Abako. L'Alliance des bâtisseurs du Kongo est un parti politique enregistré par arrêté ministériel n° 92-190 du 14 mai 1992. Il est 9ème sur la liste provisoire actualisé au 8 août 2017 de 54 partis politiques répertoriés et autorisés à fonctionner en RDC.

Kléber Kungu/L’Observateur 


(CL/Milor/GW/Yes)