Katumba Mwanke, Mwenze Kongolo... n'ont pas pris les cinq milliards de dollars Us que Mgr Etsou exige. Par contre, il y a une liste des pilleurs exclus de la gestion de la transition par la Conférence Nationale Souveraine (CNS) et dont l'Eglise ne parle pas.
La communauté internationale s'est rendue compte bien qu'un peu tard, mais au moment voulu, que la guerre qui sévissait en Rdc était motivée par le pillage des ressources naturelles de ce pays. Pour en arriver lŕ, il fallait que quelques compatriotes aient compris qu'il fallait une réflexion en profondeur pour comprendre les causes profondes de cette guerre qui contredisait tout bon sens. C'est un travail qu'a fait l'Observatoire Gouvernance Transparence (OGT) que préside Pierre Lumbi.
Au moment oů tout le monde parlait de pillage sans dire comment et sans en donner l'ampleur, l'Ogt a fait comprendre que le pillage dont la Rd-Congo était victime n'avait rien d'un simple butin de guerre. Car, ceux qui parlaient de pillage, voyaient plus les voitures et autres usines démontées et transférées au Rwanda.
Ce pillage est réel, mais il n'était que l'arbre qui cachait la foręt. Le pillage qui se faisait et continue ŕ se faire dans les territoires occupés était et est encore plus important que les usines ou les voitures transférées au Rwanda. L'Ogt a certes établi des hypothčses, ure des conclusions mais, ne pouvait aller plus loin étant donné que le pillage était organisé par des groupes importants et puissants.
Pour les contrer, il fallait ameuter toute la communauté internationale. C'est pourquoi, l'Ogt s'est adressé ŕ l'Onu. Cette derničre a mordu et a créé la commission d'enquęte qui rendu ŕ ce jour trois rapports. Le dernier rapport est intervenu il y a quelques jours.
L'Ogt qui avait initié la démarche se réjouit de tous les rapports publiés jusque-lŕ, mais constate malheureusement que le rapport est l'objet d'une lecture biaisée. On l'utilise abusivement ŕ des fins politiciennes. Cette exploitation politicienne d'un rapport que tous les Congolais attendaient inquičte. A la maničre dont les médias nationaux s'acharnent sur les quelques membres du gouvernement cités dans ce rapport fait croire que ce rapport est défavorable au gouvernement.
Pourtant, constate l'Ogt, il faut faire une mise au point. Comme l'indique sa genčse, l'enquęte concernait avant tous les territoires sous contrôle des groupes rebelles. Le dernier rapport respecte cette logique. Ainsi donc 98 % des accusations concernent les pays agresseurs et les mouvements rebelles. Raison pour laquelle le Rwanda et l'Ouganda l'ont rejeté totalement. Par contre, le gouvernement a manifesté sa satisfaction. Mais voilŕ que certains politiciens par les médias interposes font de ce rapport un objet de la conquęte du pouvoir. Les Congolais ont męme oublié que cette guerre a fait au Congo plus de 3 millions de morts.
Les politiciens congolais mettent de côté également les Rwandais tels que Gatele, Kabarehe et tant d'autres pour s'acharner contre quelques membres du gouvernement dont on demande des sanctions, mais on se tait sur le cas des agresseurs dont le rapport parle sur 98 % de son contenu.
Les accusations portées contre les acteurs opérant sur le territoire contrôlé par le gouvernement n'occupent que 2 % du contenu global du rapport, en plus de cela, l'Ogt constate que ces membres ne sont que cités. Le rapport ne précise pas les infractions portées contre eux. Il fait donc remarquer que le fait d'ętre cité ne signifie pas qu'on est coupable. Prenant l'exempte de Katumba Mwanke, le rapport ne dit męme pas l'infraction retenue ŕ sa charge. Il se contente de dire qu'il est une personnalité influente et joue le rôle d'intermédiaire dans les négociations au sujet d'attribution des marchés.
Des autres ministres ont dit tout simplement qu'ils sont actionnaires dans une entreprise créée en joint-venture avec le gouvernement congolais. Les actions posées par les mandataires publics ne peuvent en aucune façon avoir la męme nature que les actions posées par les agresseurs rwandais, ougandais et burundais. C'est une question de bon sens. Il s'agit ŕ la rigueur des problčmes de gouvernance et non de pillage. Car, ces ministres ont agi dans le cadre de leur mandat public.
Pierre Lumbi, eu égard ŕ la logique des faits persiste et signe, Katumba Mwanke, Mwenze Kongolo et autres sont innocents, Jusqu'ŕ preuve du contraire.
Quelles sont les conséquences du comportement du Congolais vis-ŕ-vis de ce rapport. LOgt demande ŕ l'opinion nationale de faire montre de lucidité. Sait-on combien d'entreprises occidentales sont męlées de prčs ŕ ces pillages et que pour rien au monde elles n'accepteraient d'y laisser leur peau? Si donc les Congolais s'évertuent ŕ faire croire qu'il s'agit d'un problčme congolo-congolais, ils dresseraient ainsi la passerelle pour ces entreprises qui saisiront l'occasion pour s'absoudre.
Les Congolais, s'interroge l'Ogt, savent-ils combien d'entreprises sud-africaines sont citées dans ce dossier ? Si on ne fait pas attention, les négociations politiques en cours risquent d'en souffrir. On a entendu des gens comme Cléophas Kamitatu et autres demander que les ministres et toute autre personne citées dans ce rapport soient exclues de la gestion de la Transition.
La courte mémoire de Kamitatu étonne l'Ogt. Car, cet homme et tant d'autres ont été cités dans le rapport aussi bien de la commission des assassinats que des biens mal acquis. Une des résolutions de la Cns demande que ses personnes soient exclues de la gestion de la transition, il serait bon que l'on commence par lŕ.
La manipulation de l'opinion avec la lecture biaisée de ce rapport fait du dernier rapport un document exclusif qui annulerait les deux premiers rapports. Et pourtant, les trois rapports se tiennent. Cela veut dire que ceux qui ont été cités dans le premier ou le deuxičme rapport ne doivent pas se considérer comme innocentés par le seul fait qu'ils n'ont pas été cités dans le dernier rapport. Les sanctions que l'on demande concernent tous ceux qui ont été cités dans les trois rapports.
Mgr Etsou s'est disqualifié
C'est depuis 2000 que la commission a rendu publique les conclusions de son enquęte. Dans le premier rapport comme dans le 2č les leaders rebelles dont JP Bemba ont été cités. Aussi curieux que cela puisse paraître, le cardinal Etsou n'a rien dit. Aucun chef de confession religieuse n'a soulevé son petit doigt pour exiger des sanctions.
Mgr Etsou particuličrement s'est illustré par la langue de bois et męme des radotages. Il n'a jamais pris position clairement męme au moment oů le peuple de Dieu était convaincu qu'il y avait un mal ŕ dénoncer.
Il en est de męme lors de la Conférence nationale souveraine. Personne n'a entendu Mgr Etsou prendre position. C'est pour cette raison que les Kinois regrettaient Joseph Malula. Avec raison. le cardinal Etsou a été étiquette mobutiste. Il vient d'en donner la preuve. Non seulement mobutiste.
Etsou est aussi un tribalo-régionaliste
Autant qu'il protégeait Mobutu hier, il déploie aujourd'hui son parapluie en faveur de JP Bemba. Cette fois, il est allé trop loin en manipulant les autres confessions religieuses en les amenant ŕ signer un document qui ne reflčte aucune réalité.
On aurait voulu que, pour bien agir les confessions religieuses se donnent un petit temps de réflexion, le temps de lire attentivement le fameux rapport au lieu de cela, ils se sont laissés aller avec un discours populiste qui les discrédite. Tout apparaît au grand jour que Mgr Etsou et les chefs des confessions religieuses sont de se coeur avec ceux qui massacrent et pillent.
Par ce geste le cardinal Etsou s'est disqualifié. On devra désormais prendre ces faits et gestes avec pincettes.
Last edited: 07/05/2006 00:22:56