Un vent nouveau semble souffler sur la République démocratique du Congo. Cela depuis l'arrivée au pouvoir du général-major Joseph Kabila. A peine investi dans ses fonctions, le 26 janvier dernier, le jeune chef de I'Etat a prononcé un discours prometteur, qui a eu le mérite d'ouvrir au pays des horizons jusque-lŕ bouchés et de bouleverser la hiérarchie de certaines convictions et valeurs.
Tabous, fétichisme, préjugés et autres tares collés ŕ la peau de la Rdc commencent ŕ perdre de leur superbe. Kabila Jr a entrepris le périple euro-américain qui lui a permis de charmer, voire de séduire tous ses interlocuteurs européens et américains, qui n'ont pas manqué de dire leur agréable surprise et d'entrevoir une issue heureuse de la crise congolaise.
A son passage ŕ l'Onu, l'enthousiasme et l'optimisme ont également été de misé, d'autant plus que le discours développé par le chef de l'Etat charrie l'espoir de démocratisation et de libéralisation de la vie politique.
Je constate que sans relâche, ŕ chaque étape, rencontre ou sommet oů la question congolaise est ŕ l'ordre du jour, Kabila Jr émet et libčre des énergies nouvelles autant qu'il fait des suggestions et propositions ayant l'avantage de contribuer ŕ l'avancée sur la voie de la résolution de la crise congolaise. Tel est le cas de ce qui vient de se passer ŕ Lusaka en Zambie, oů le facilitateur Masire vient d'ętre remis en selles, relançant par le fait męme la possibilité de la concrétisation du Dialogue intercongolais.
Donc, Kabila Jr est sur la bonne voie. La signature que le Mlc Jean-Pierre Bemba vient d'apposer sur l'accord de désengagement militaire ajoute ŕ l'optimisme et laisse croire qu'enfin les Congolais s'engagent petit ŕ petit sur une voie susceptible de leur permettre de taire leurs querelles intestines et de laver leurs linges sales en famille afin d'oeuvrer ŕ la réussite du Dialogue intercongolais.
Pour atteindre cet objectif, il faut nécessairement progresser vers la réconciliation nationale, laquelle devra ętre réalisée en prenant en compte les principes sacrés tels que l'unité du peuple congolais, la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale.
Tout cela n'est réalisable que lorsque le chef de l'Etat balisera davantage la voie menant vers le Dialogue intercongolais. Une des étapes les plus décisives pour y arriver n'est autre qu'une libéralisation effective des activités politiques ŕ travers le pays. Il s'agit d'une étape indispensable ŕ l'identification des délégués ŕ ce rendez-vous important.
On sait qu'ŕ ce sujet, le président de la République, lors de son discours d'investiture, avait laissé l'opinion sur sa soif lorsqu'il a eu ŕ dire que les politiques devraient se conformer aux lois en vigueur.
Or, en cette matičre, trône le décret-loi n°194 relatif ŕ l'organisation et au fonctionnement des partis politiques en Rdc. La classe politique congolaise a unanimement rejeté ce décret-loi qu'elle qualifie de liberticide.
Par conséquent, Joseph Kabila Jr gagnerait davantage de sympathie et opérerait une percée politique remarquable s'il abroge purement et simplement ce décret-loi, qui bloque la classe politique. L'abrogation de ce texte permettra, ŕ mon avis, de relancer le débat politique, car désormais dégagé des contraintes arbitraires. Ce débat laissera éclore des idées dont le pays a besoin pour envisager sa reconstruction.
Donc, une telle perspective ne pourra que tonifier le processus du Dialogue intercongolais qui bénéficiera et devrait bénéficier du concours et de l'appui de tous les Congolais.
Si Kabila Jr réussit le Dialogue intercongolais, il se posera sur l'échiquier politique congolais comme l'homme d'avenir. Ce ne sera que justice.