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Les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés aux Etats-Unis par le groupe terroriste Al Qaďda a démontré - les compatriotes d'Abraham Lincoln ne s'en voilent plus la face - l'extręme fragilité de leur terriffiante puissance militaire qui a été battue en bręche par ces attaques aussi soudaines que meurtričres sorties du ventre męme de leur propre territoire. Ce jour-lŕ en effet, trois avions des lignes aériennes réguličres ont touché aux symboles-męmes de la suprématie des Etats-Unis : deux des trois aéronefs ont détruit en les percutant les deux tours jumelles du WTC ŕ New York ŕ trente minutes d'intervalle; et le troisičme s'est attaqué au Pentagone, symbole de la défense américaine. L'une des cinq ailes de cet imposant édifice le Grand Quartier Général des Forces armées américaines a été sérieusement endommagée. Le lourd bilan de ces attentats - plus de 3.000 morts- a ainsi donné toute la mesure de la vulnérabilité américaine.

Depuis ces mémorables événements, les Américains vivent plus que jamais dans la peur du lendemain, ne sachant quand, ni comment le terrorisme international pourrait de nouveau les humilier dans leur superbe. Dans cette psychose devenue récurrente qu'ils remâchent depuis ces événements, ils redoutent qu'un jour ou un autre, que des maniaques agissant pour le compte du terrorisme international ne viennent ŕ utiliser ŕ leur encontre des armes de destructions massives capables de les amener ŕ craquer, et ŕ mettre ŕ genoux la toute puissante Amérique !

Et c'est cette trouille, c'est cette incertitude du lendemain qui fait courir aujourd'hui les Américains aux quatre coins du monde, ŕ la tęte d'une coalition qui s'est donnée pour objectif de réduire ŕ néant le terrorisme international ! Mais aussi ŕ la recherche des stratégies de prévention contre des actes et des manifestations de ce mouvement. D'autant plus que celui-ci s'est juré de mener la vie dure aux intéręts américains en particulier, et occidentaux en général.

Et le Cren-K dans cette conjoncture de sécurité internationale ?

Bien qu'il soit admis que les réacteurs du Cren-K ne fonctionnent qu'avec du combustible ŕ faible teneur d'uranium ou, pour utiliser le terme scientifique approprié avec l'U-235, les Américains avaient prévu en son temps la récupération, ultérieurement, du combustible usé de leurs réacteurs. Trente ans aprčs la mise en marche des réacteurs de cette centrale, ils se sont manifestés ŕ deux reprises pour ce faire. La premičre fois en I999, et la seconde fois en 2001. Voici ce que nous a révélé le Professeur Lumu, Directeur scientifique du Cren-K ŕ ce sujet lié du reste ŕ l'accord liant les parties congolaise et américaine : « Cette démarche s'inscrit dans le cadre du Traité de non-prolifération des armes nucléaires initié par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (Aiea) et les Etats Membres. Ce programme dit TNP fait obligation aux pays constructeurs de réacteurs nucléaires de rapatrier les combustibles usés dans les pays d'origine. La Rdc ayant acquis ses deux réacteurs Triga aux Etats-Unis, elle a reçu deux missions du Département de l'Energie du gouvernement américain, la premičre en avril 1999, et la seconde du 23 au 30 mars 2001. Au menu des entretiens que les hôtes américains ont eu avec le ministre congolais de l'Energie a figuré le contrat de transfert du combustible usé préparé par la partie américaine. N.d.l.r. : Multi Média Congo note de son côté, qu'ŕ cette époque, Oussama Ben Laden et son organisation Al Qaďda n'étaient pas encore sur le devant de la scčne internationale, et qu'ŕ ce moment-lŕ, le gouvernement américain se souciait de la lutte contre le terrorisme international comme d'une guigne !

Négociations congolo-américaines sur le combustible du Cren-K

Aux négociations congolo-américaines de Kinshasa sur le TNP (Traité de non-prolifération d'armes nucléaires), la partie américaine souhaitait enlever la totalité du combustible usé des deux réacteurs Triga, soit 138 barres de combustible. Aux dires de notre interlocuteur, la partie congolaise n'a pas accepté cette proposition, pour la simple raison que le réacteur Triga Mark II, qui totalise aujourd'hui 30 ans d'âge, peut encore fonctionner avec son combustible actuel encore pendant plus de vingt ans, d'aprčs le dernier rapport des experts de l'Aiea venus en mission en juin 2002. Pas question donc pour le gouvernement congolais de se séparer de ce combustible qui peut encore servir pour le fonctionnement du dernier réacteur du Cren-K jusqu'en l'an 2020. Cependant, les autorités congolaises ne se sont pas opposées pour se débarrasser des 56 combustibles usés provenant des deux réacteurs. Toutefois, comme le programme de rapatriement du combustible usé court jusqu'en 2006, la partie américaine, a dit le Pr. Lumu, a laissé ŕ ses interlocuteurs congolais un temps de réflexion, et non de contrainte- la nuance est de taille pour souligner le caractčre bilatéral de ces négociations- question de voir si, dans l'entre-temps, la partie congolaise ne changerait pas d'avis pour se ranger sur le souhait américain ! Il est par conséquent hors de propos de prétendre, comme on l'a si allčgrement écrit la semaine derničre, que le gouvernement américain envisage de démanteler le Centre de recherches nucléaires de Kinshasa. « C'est encore une pure spéculation, a encore ajouté le physicien congolais qui a souligné haut et fort toute la foi qu'il porte sur ce précieux outil de développement qu'est le Cren-K. »

Quel avenir pour le Cren-K ?

La hantise d'une éventuelle mise ŕ mort programmée du Centre de recherches nucléaires de l'Université de Kinshasa n'a plus sa raison d'ętre, ŕ la lueur des éclaircissements portés par le Pr.Fortunat Lumu, qu'une alerte pour rien : le Cren-K ne mourra pas de sa plus belle mort ! Contrairement ŕ ce que l'on a craint, les Américains, qui restent tout de męme échaudés par le spectre d'une possible utilisation d'armes de destructions massives sur le territoire américain, ne se sont pas décidés de récupérer les matičres fissibles qui font fonctionner Triga Mark I et II au Cren-K, loin s'enfaut ! Cette chaude alerte est passée. D'ailleurs, ŕ bien considérer, cette rumeur, sans fondement du reste, participe de l'ignorance des vraies réalités du contrat congolo-américain sur la construction du centre nucléaire de l'Université de Kinshasa en 1959. Les démarches américaines, perçues dans cette optique, ne peuvent qu'ętre légales, compte tenu des obligations faites aux pays membres de l'Aiea de s'abstenir de contribuer ŕ la prolifération d'armes de destructions massives, notamment en livrant, volontairement ou non, les barres d'uranium enrichi qui font fonctionner cette centrale. Le Cren-K a tout son avenir devant lui.

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Il a fait ses preuves dans tous les domaines oů les chercheurs l'ont consulté. Dans le domaine agronomique par exemple, les expériences sorties du Cren-K se sont traduites par la création de cette riche variété de riz qui est actuellement produit dans une grande partie du Bas-Congo et ŕ l'Equateur. Ce n'est pas tout. Le domaine de la santé n'est pas en reste : de nombreuses analyses bio-médicales particuličrement spécifiques ont été menées avec succčs au Cren-K. Ce qu'il faut, ce qui manque ŕ ce niveau d'existence de ce centre, c'est le financement des applications de la recherche scientifique. En clair, ce qui manque, c'est la valorisation des résultats de la recherche, notamment par le financement. Lorsque l'on aura dépassé cet écueil qui empęche la recherche scientifique congolaise de signer concrčtement ses prouesses, celle-ci aura alors gagné ses lettres de noblesse. La Rdc quittera, ŕ partir de lŕ, les sentiers battus pour s'engager dans la voie de son développement.Par le biais de toutes ces recherches que mčnent les scientifiques congolais au Cren-K, mais qui se butent aux problčmes de financement de la recherche.

Un mot sur la sécurité du site

Le Centre de recherches nucléaires de Kinshasa pourrait-il un jour, par ses activités, déboucher sur un accident nucléaire du type Tchernobyl ? Le Pr. Lumu est catégorique ŕ ce sujet : « Niet », a-t-il dit. Because. « Les réacteurs Triga, a renchéri l'éminent physicien congolais, sont des réacteurs sűr dans leur conception. Leurs concepteurs les ont construit de telle sorte que, si pendant leur fonctionnement une baisse de tension, ne serait-ce que d'un degré se remarque, pour qu'un mécanisme interne arręte automatiquement le réacteur. Ce qui revient ŕ dire que les paramčtres de sécurité sont intrinsčques dans la machine-męme. C'est pourquoi, s'est réjoui le Pr. Lumu, qu'en 30 ans d'existence, qu'on a enregistré aucun accident nucléaire au Cren-K, comme on a eu ŕ la déplorer dans la centrale russe de Tchernobyl il y a une dizaine d'années, avec ŕ la clé des milliers de victimes ! Si un problčme de sécurité se pose pour le site du Cren-K, c'est du côté des érosions qu'il se trouve. Et aussi, mais ceci dans une moindre mesure, dans les ressources humaines commises ŕ la sécurité du centre. En effet, le site sur lequel a été construit cette centrale nucléaire est sur un versant de colline rongée aujourd'hui par les érosions qui menacent son existence si l'on ne s'y investit pas ŕ temps.

« L'Aiea avait été saisie de cette situation, ŕ la fois par la Coopération allemande et par le Département de l'Energie du gouvernement Us, confie le Pr. Lumu. Une mission de l'Aiea dépęchée pour la circonstance ŕ Kinshasa s'est rendu sur le site de l'érosion et de son impact sur la stabilité du bâtiment du réacteur Triga. Cette mission a également examiné avec les responsables du Cren-K de la sécurité des installations nucléaires et s'est informée sur les mesures qui y sont d'application. La conclusion qui a découlé de cette mission est qu'il est une nécessité impérieuse de construire un grand collecteur des eaux sur le versant de cette colline. Il s'agira aussi d'ériger tout autour du site un mur de clôture, de façon ŕ isoler les installations du centre, d'entourer cette clôture d'une route circulaire goudronnée, de tracer des pistes stabilisées pour les piétons, et enfin, de reconstituer la couverture végétale sur tout le versant de cette colline. »

D'oů proviendrait le financement pour la réalisation des différentes tâches de ce plan de sauvetage du site du Cren-K ?

« De l'Usaid, qui est disposée ŕ financer la construction du collecteur pour une enveloppe de 373.816 $, répond le Pr. Lumu qui ajoute : le gouvernement congolais, avec le concours de l'Ong Foleco, s'est engagé ŕ assurer la couverture végétale ( bambous et eucalyptus) , aidée également par la Coopération allemande. Il en est de męme de la construction de la piste goudronnée et du mur de clôture tout autour du site. La coordination de toutes ces opérations s'effectuera par le Pnud, qui est en charge de la coordination du projet anti-érosif englobant tout le site du Campus de l'Université de Kinshasa. Quant aux ressources humaines qui devraient assurer la sécurité du Cren-K, les détachements de la Police d'Intervention Rapide - Pir -.

Qui veilent nuit et jour sur le Cren-K devraient, ŕ notre avis, ętre remplacés par un corps d'élite adéquat, en raison de l'importance stratégique męme de ces installations nucléaires, et des dangers qu'elles représentent en cas d'attaque militaire de grande envergure menées contre toute attente. Car n'ayons pas la mémoire aussi courte que cela : aucun Américain qui s'était réveillé au petit matin du 11 septembre 2001 ne s'était attendu ce męme jour-lŕ, ŕ un tel désastre matériel, humain et moral pour toute une nation ! Et ce en moins d'une heure de temps ! Puisqu'on nous rabâche les oreilles qu'Al Qaďda cherche ŕ fabriquer des armes de destructions massives pour assujétir la suprématie occidentale, et qu'elle cherche un peu partout dans le monde pour trouver des sources d'approvisionnement oů elle pourrait se procurer de la matičre premičre ŕ cet effet. De force, s'il le faut ! Dans ce cas et comme le recommande un adage, ne vaudrait-il pas mieux, prévenir au lieu de guérir ?



Last edited: 07/05/2006 00:22:17

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