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Aprčs avoir retracé l'historique de la création du Centre de recherches nucléaires de Kinshasa qui est, de męme la naissance de l'Université de Kinshasa des primes de guerre accordées ŕ la République démocratique du Congo pour sa contribution ŕ la victoire des Etats-Unis d'Amérique sur l'Empire du Japon au cours de la Seconde Guerre Mondiale,

Aprčs avoir retracé l'historique de la création du Centre de recherches nucléaires de Kinshasa qui est, de męme la naissance de l'Université de Kinshasa des primes de guerre accordées ŕ la République démocratique du Congo pour sa contribution ŕ la victoire des Etats-Unis d'Amérique sur l'Empire du Japon au cours de la Seconde Guerre Mondiale, notamment par la fourniture de l'uranium extrait des Mines de Shinkolobwe au Katanga, aprčs avoir expliqué bričvement le contexte dans lequel se situe la naissance du Club atomique qui est ŕ la base de la création, un peu partout au monde, des centrales nucléaires, qui sont de précieux outils de développement industriel, médico-sanitaires et agricoles des pays qui les possčdent, aprčs avoir enfin rappelé au passage que la Rdc est devenue pays membre de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (Aiea) depuis le 10 octobre 1961 et que, de ce fait, elle est signataire de l'Accord des garanties depuis le 27 juin 1962 et du Traité de non-prolifération des armes nucléaires depuis le 9 septembre 1972, que ces deux engagements lui font obligation de se soumettre aux inspections périodiques et annuelles menées par les experts de l'Aiea et lui interdisent de se livrer ŕ des expériences et ŕ des recherches d'ordre militaire, nous voici cette fois au coeur des problčmes liés au fonctionnement du Centre de recherches nucléaires de Kinshasa, et aux spéculations de tous genres par lesquels des personnes de mauvaise langue cherchent inconsciemment ŕ livrer la République démocratique du Congo aux dures sanctions internationales, par la diffusion des bruits dénués de tout fondement qui salissent la réputation intrinsčque du personnel scientifique qui oeuvre inlassablement dans ce centre qui, aujourd'hui, en 43 ans d'existence et d'activités nucléaires, dispose de deux réacteurs atomiques et développe une infrastructure importante de recherche qui est mise ŕ contribution pour répondre aux besoins du pays dans divers domaines.

La Rdc n'est pas le seul pays africain ŕ disposer d'une centrale nucléaire. Elle n'est pas non plus, contrairement ŕ ce qu'a écrit avec une overdose de naďveté et de légčreté « Le Soir » de Bruxelles, le pays dont « le deuxičme réacteur de recherches, nommé Triga, fut longtemps considéré comme le plus puissant du monde. » Et de conclure, avec l'assurance d'avoir divulgué un Top Secret ŕ la face du monde : « C'est pourquoi il (le Cren-K) est surveillé (hum !) par les sbires de Washington afin que les barres d'uranium, fournies par la société Westinghouse soient, aprčs usage, amenées aux Etats-Unis pour ne pas servir ŕ la fabrication de la bombe atomique » ! Dommage que l'auteur de cette grossičreté n'ait pas poussé sa myopie intellectuelle jusqu'ŕ écrire, par exemple que, « compte tenu de ce qui précčde, on comprend dčs lors que les installations du Cren-K sont étroitement surveillées nuit et jour par les Marines de la 7čme Flotte des Usa qui croise au large de Banana ! » Ca n'aurait enlevé en rien ŕ son ignorance de la réalité exacte de la situation, et le résultat qu'il a recherché en publiant cette ineptie n'aurait que des effets plus spectaculaires !

Qu'en est-il au juste des performances des réacteurs Triga Mark I et II en fonctionnement au Cren-K ?

Le professeur Fortunat Lumu, Commissaire général intérimaire au Commissariat général ŕ l'Energie Atomique et Directeur scientifique du Cren-K que nous avons rencontré ŕ cet effet nous a donné les éclaircissements suivants.

Triga Mark I est d'une puissance de 50 Kw, tandis que son cadet, Triga Mark II développe 1Mw, soit 1.000 Kw en régime stable et 1.600 Kw en régime pulsé. Tous les deux ont été conçus par la firme américaine Gulf General Atomics de San Diego (Californie). Comparativement aux sept autres réacteurs qui fonctionnent sur le continent africain , a souligné notre interlocuteur, le second réacteur du Cren-K n'occupe qu'une modeste 3čme place, ex-aequo avec le Maroc et l'Algérie sur le plan de la puissance du réacteur de leurs centrales nucléaires respectives. Jugez-en donc : Afrique du Sud : 20 Mw ; Egypte :10 Mw ; Libye : 5 Mw ; Algérie, Maroc et Rdc : 1Mw et enfin Nigeria 50 Kw.

Ces données scientifiques chiffrées obtenues ŕ bonne source nous oblige ŕ nous interroger sur la raison objective qui pousserait aujourd'hui les Américains ŕ surveiller les installations nucléaires de Kinshasa plus qu'ils ne le font dans les pays africains qui disposent pourtant de réacteurs autrement plus performants. C'est abberrant, sans plus !

Amalgame et inepties en cascade !

Tout aussi abberrant et inepte l'affirmation qui dit que « Concernant plus particuličrement la Rdc, l'Administration américaine se souvient que, sous Mobutu, des généraux et des caciques du régime avaient tenté de commercialiser 2 des 138 barres d'uranium du Cren-K, dont l'une fut retrouvée sur le marché. Plus récemment encore sous Kabila-pčre des tentatives de vente ont été dirigées vers la Libye et l'Irak. On laisse entendre que des dignitaires de l'Afdl auraient męme été payés rubis sur ongles ŕ cet effet.Mais la transaction n'a pas été confirmée par des sources officielles. Cette nouvelle aventure a échoué. Mais l'Amérique tient désormais ŕ surveiller les éventuels complices du terrorisme international et les fournisseurs de l'uranium enrichi. Car ne l'oublions pas, c'est l'uranium de la Rdc qui servit ŕ la fabrication de la premičre bombe atomique... ! » Nous aurions voulu voir l'auteur de cet article nous donner plus de détails sur ces troublantes affaires, avec des noms, et des chiffres au besoin. Cela aurait rapproché un peu plus de la réalité, que de nourrir le lectorat d'informations qui paraissent sortir du néant.

Il n'est pas impossible que des mains habiles et indélicates aient fait main basse sur 2 barres de combustibles frais, faiblement enrichi en U-235 : il faut alors, dans ce cas, que l'opération ait été menée par des connaisseurs. Intérrogé ŕ ce sujet, le Pr. Lumu est catégorique : « Oui, il y a eu effectivement vol de 2 barres de combustibles frais c'est-ŕ-dire non encore séjourné dans l'un ou l'autre des réacteurs. Les faits remontent trčs loin dans le temps, plus exactement ŕ l'année 1974. Cet incident est, a souligné l'actuel patron intérimaire du Cren-K, le seul ŕ mettre au passif de cette centrale nucléaire en 43 ans d'existence, cela est de notoriété publique. A propos de la disparition des 2 barres de combustible en question, le Pr.Lumu a encore précisé que « si la nouvelle n'avait pas été portée aussitôt ŕ la connaissance du grand public, c'est parce qu'il est de tradition, s'agissant de tous les dossiers traitant des garanties nucléaires, que pareilles informations, parce qu'elles revętent un caractčre confidentiel, ne sont pas ŕ mettre ŕ la consommation du grand public dans la précipitation. C'est donc pour cette raison que, pour ce vol, qui avait été constaté le 3 juillet 1974 lors d'une visite d'inspection de routine des experts de l'Aiea, avait d'abord été porté ŕ la connaissance du président de la République de l'époque, ainsi que des autorités de l'Aiea ŕ Vienne. Mais il aura fallu attendre 24 ans, soit le 21 mars 1998, pour qu'une dépęche du journal italien de grand tirage « Corriera della Sera » signale qu'une des deux barres de combustibles frais volées au Cren-K en 1974 se retrouvait entre les mains de la Police italienne qui l'avait saisie auprčs d'une branche de la Maffia sicilienne, Cosa Nostra ! ».

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Tous ces éclaircissements mettent donc en lumičre tous les aspects du problčme de la dissipation, du temps de Mobutu, de 2 combustibles encore non utilisés du Cren-K. Une autre précision, toute aussi importante est celle qui a trait aux tentatives de vente de combustibles qui auraient été faites sous Kabila-pčre, en direction de la Libye et de l'Irak. Par qui ont été faites ces tentatives ? Les auteurs de cet article sont eux-męmes muets. Ce qui a fait dire au Pr. Lumu qu'il s'agit-lŕ de la pure spéculation, sans plus !

Parlant du Commissariat général ŕ l'Energie Atomique (Cgea), le Pr.Fortunat Lumu ne tarit pas d'éloges ŕ l'endroit de cet organisme dont il assume intérimairement la direction depuis le mois de mars 2002. S'agissant des mesures de sécurité qui soustraient le centre ŕ toutes nouvelles dissipations de matičres atomiques depuis l'incident occasionné par le vol des 2 barres d'uranium en juillet 1974. « En dehors des 2 barres disparues, aucune autre barre de combustible irradié ( usé ) n'a été déplacée du stock existant,je dis bien aucune barre vers une quelconque destination. » Et pour bien fixer les esprits sur la nature des matičres qu'il traite, le Pr. a été explicite dans la différenciation des substances concernées. « Pour leur fonctionnement, les deux réacteurs utilisent comme combustible, de l'uranium faiblement enrichi. Ici, dit-il, il faut distinguer le combustible frais irradié, c'est-ŕ-dire celui qui a séjourné dans un réacteur. Le Cren-K dispose aujourd'hui de 58 éléments combustibles usés, dont 56 provenant du Triga Mark I et 2 éléments du T.M II. D'autre part, il dispose d'un stock de combustibles frais, c'est-ŕ-dire non encore utilisés. La comptabilité de ces deux types de combustibles est assurée par les experts du Cgea et ceux de l'Aiea. Ceux-ci en raison du rôle que joue l'Agence Internationale de l'Energie Atomique au sujet des garanties découlant du Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Il est intéressant de relever que, depuis l'incident du 3 juillet 1974, s'est plu ŕ ajouter notre éminent savant, qu'aucune barre de combustible brűlé danbs les deux réacteurs Triga du Cren-K n'a été déplacée. Raconter et croire au contraire relčve de la pure fiction ! »

Ainsi dissipés, les nuages qui entouraient jusque-lŕ le ciel au-dessus du Centre de recherches nucléaires de l'Université de Kinshasa font place nette ŕ la vraie image de marque et ŕ la noblesse de l'idéal de paix que poursuit cette institution de recherches scientifiques qui reste ouvert au monde scientifique et en particulier au personnel académique, ainsi qu'aux étudiants de l'Université de Kinshasa et des instituts supérieurs. Ce sont les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis qui ont donné lieu ŕ toute ces spéculations qui défraient la chronique ces derniers temps, et qui voudraient donner au modique centre nucléaire de Kinshasa une dimension qu'il n'atteindra pas de si tôt si l'on ne lui alloue pas les moyens de ses ambitions. Tant s'en faut ! Car on ne fait pas des recherches sans un budget conséquent.

Trafic des matičres fissibles en Rdc : un commerce tout en uranium !

Le territoire de la République démocratique du Congo est devenu un fromage de gruyčre oů circulent des aventuriers de tous poils qui se livrent ŕ toutes sortes de trafics, de matičres nucléaires voire ! De ce fait, les scientifiques congolais sont ahuris de constater que des quantités de matičres ionisantes circulent dans le pays denfaçon illicite. Elles exposent les populations ŕ des dangers incalculables .Certains s'aventurent dans cette voie sans s'entourer des précautions élémentaires d'usage, exposant ainsi leur organisme aux dangers d'irradiation et autres affections organiques majeures ! A quels dangers s'exposent ces gens ? Laissons parler l'éminent physicien du Cren-K qui nous a fait l'honneur de partager ensemble avec lui quelques précieuses minutes de son emploi du temps fort surchargé. « L'uranium enrichi tel qu'il fonctionne dans une bombe au cobalt aide ŕ guérir l'organisme humain en tuant les cellules anarchiques. Mais, un corps sain exposé aux radiations d'une bombe au cobalt encourt le risque de voir s'opérer en lui des mutations des gęnes dans ses cellules. Il s'ensuivra des modifications organiques qui bouleverseront le fonctionnement d'un tel organisme. »

Vote d'une loi restreignant le trafic de matičres ionisantes !

D'autres trafiquants, plus au fait des dangers que représentent la manipulations des substances nucléaires font usage de casques d'uranium. Beaucoup de ces casques circulent par-ci par-lŕ sur le territoire congolais. D'oů proviennent ces casques ? Pas du Cren-K en tous les cas. Le Pr.Fortunat Lumu, Commissaire général ŕ l'Energie Atomique a.i et directeur scientifique du Cren-K que nous avons interrogé ŕ ce sujet a dit ignorer la provenance de ces casques d'uranium. « Tout ce que je puis dire est que le Cren-K ne commercialise pas cet équipement. Mais, ŕ lire les inscriptions gravées sur ces casques qui prémunissent leurs porteurs contre les dangers d'irradiation, il s'avčre qu'ils sont d'origine américaine, et qu'ils n'ont rien ŕ voir avec le programme d'applications pacifiques de l'énergie nucléaire développé par le Commissariat général ŕ l'Energie Atomique (Cgea) depuis ses origines ».

L'anarchie qui rčgne dans ce domaine aussi sensible du trafic de substances nucléaires vient d'avoir un coup d'arręt. En effet, au cours de la récente session extraordinaire de la session de l'Assemblée nationale constituante qui est le parlement de transition, une loi a votée. Cette loi est relative ŕ la protection contre les dangers de rayonements ionisants et la protection physique des installations et matičres nucléaires. C'est tout dire de l'importance capitale de cette loi qui vient de combler un vide datant des années 1959. Elle vient de doter désormais les services compétents de l'Etat d'un outiul qui leur permet maintenant de s'investir dans la recherche et dans la saisie de toutes ces quantités de matičres ionisantes qui circulent aujourd'hui dans le pays de façon illégale. C'est une čre nouvelle qui s'ouvre dans ce domaine jusqu'alors abandonné aux seuls trafiquants, et dans lequel l'Etat n'était pas outillé pour manifester son autorité. On peut donc espérer que désormais, plus rien ne sera plus comme avant dans ce secteur qui exposait des milliers de vies humaines ŕ des irradiations involontaires du simple fait de la circulation des substances nucléaires en divagation incontrôlée.



Last edited: 07/05/2006 00:22:09

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