« Occupons-nous de ces gorilles ». « Aimons et protégeons les gorilles des montagnes ». « Il faut que ces gorilles vivent ». « Il reste moins de 650 gorilles des montagnes sur la plančte, ne les laissons pas tous disparaître ».
Lors de l'édition 2002 de la Foire internationale de Kinshasa (Fikin) organisée du 26 aoűt au 7 septembre derniers, l'Université de Kinshasa (Unikin) a réservé, dans son stand, un espace aux gorilles des montagnes dangereusement menacés d'extinction. L'occasion a été si belle pour qu'en collaboration avec l'ONG « The Dian Fossey Gorilla Fund » (FGF), cette institution universitaire n'aura pas attendu la clôture et les résolution du Sommet de Johannesburg sur l'avenir de la plančte Terre pour redynamiser la noble lutte pour la protection de cette espčce des primates en voie de disparition.
La visite du stand a constitué un véritable régal et une source d'informations trčs intéressantes. Plusieurs supports ont été utilisés pour faire passer les messages. Des statuettes et poupées gorilles, des photos et autres banderoles sur lesquelles étaient écrits des messages pathétiques « Occupons-nous de ces gorilles », « Aimons et protégeons les gorilles des montagnes », « Il faut que ces gorilles vivent », « Il reste moins de 650 gorilles des montagnes sur la plančte, ne les laissons pas tous disparaître », pouvait-on lire. Un support vidéo diffusait en permanence divers films documentaires sur les gorilles.
Cette exposition de l'Unikin a été fort enrichissante. Car, du constat général dégagé que si le kinois est intéressé par la conservation de la nature et la protection de l'environnement, il est cependant trčs peu informé sur les espčces rares qui composent la faune et la flore de la RDC.
En effet, ŕ l'entrée des visiteurs du stand il leur était remis un questionnaire test pour évaluer leurs connaissances sur les grands singes en général et les gorilles en particulier. Le dépouillement de leurs réponses a révélé que 95% ignorent tout de cette catégorie des primates, leur existence, leur habitat en RDC, leur régime alimentaire, leur durée de vie, leur mode de reproduction etc. Cependant, aprčs avoir reçu des explications et suivi les films documentaires, il a été constaté un réel intéręt et une vive compassion sur le triste sort de ces gorilles de montagnes, cousins proches de l'homme. Cette compassion s'est traduite par la réponse positive que les visiteurs ont réservée aux bulletins de souscription en faveur de ces primates. Ainsi une somme de 750 Fc (Sep cents cinquante franc congolais) avait été récoltée. Un montant dérisoire mais significatif car, traduisant la volonté de contribuer ŕ la lutte.
Au vu de ce constat il s'avčre plus qu'impératif que l'ONG DFGF lance la vaste compagne d'information et de sensibilisation au sein des populations congolaises en général et de Kinshasa en particulier sur la situation des gorilles des montagnes, les dangers de disparition qui les menacent et la façon dont on peut les en protéger.
Il sied de rappeler que la diversité biologique s'appauvrit, des milliers d'espčces disparaissent chaque année. Dans un milieu naturel, il y a une interdépendance entre animaux et végétaux. Lorsqu'un élément est éliminé, cet équilibre est perturbé. La disparition d'une plante ou d'un animal entraîne également l'extinction d'autres espčces. Les grands singes de la RDC courent le risque de disparaître ŕ cause de cette loi de la nature si nous n'y prenons garde, en les préservant nous nous protégeons nous-męme.
Il faut nécessairement lancer une campagne d'éducation mésologique auprčs des populations. Il serait intéressant de leur fournir quelques informations générales sur les grands singes, c'est-ŕ-dire ceux qui sont dépourvus de queue. Il s'agit des gorilles, des chimpanzés communs, des chimpanzés nains ou bonobos et des orangs-outangs. La survie de ces primates est particuličrement menacée par la destruction de leur habitat (foręt) par l'homme, le braconnage, les maladies, les guerres, des croyances fétichistes, etc.