A l’image de la grandeur de la musique congolaise à laquelle il a fait référence par son succès transcendant les frontières de la RDC et de l’Afrique, le président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, invité d’honneur à l’ouverture de la session de mars de l’Assemblée nationale, interpelle les politiques congolais à la grandeur pour déclencher l’éveil du continent. Avant lui, l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, s’est servi de la même comparaison. De passage à Kinshasa, il s’était alors servi du sport, quelques jours après le triomphe de la RDC à la CHAN 2009.

Invité d’honneur du président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo à l’ouverture hier vendredi 15 mars au Palais du peuple à Kinshasa de la session parlementaire de mars 2013, le président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, a formulé le vœu de voir la politique congolaise se hisser à la même gloire que sa musique.

C’est en termes de grandeur que Guillaume Soro observe le contraste qui se dégage entre la grandeur de l’art musical congolais, transcendant les frontières nationales et africaines et faisant des artistes congolais de grands ambassadeurs du pays, et la politique développée par les acteurs congolais.

Ainsi ces derniers sont-ils appelés à s’asseoir pour s’approprier la démocratie congolaise afin de répondre à la pressante attente du continent africain : celle de voir le Congo s’élever de toutes ses forces, et élever ainsi à partir de son puissant moteur, l’Afrique entière.

Pour le président de l’Assemblée nationale de la République de la Côte d’Ivoire, c’est un moment historique de se retrouver en RDC, « terre de la musique africaine ». L’invitation lui lancée par son homologue congolais, Aubin Minaku, et sa présence avec une délégation de députés de son pays, scellent le rapprochement entre les Assemblées nationales de deux pays, dont les relations diplomatiques sont au beau fixe.

L’élan de solidarité entre les deux peuples frères : ivoiriens et congolais exprimée par cette visite, sera marquée, a annoncé Guillaume Soro, par la mise en place prochaine d’un groupe parlementaire d’amitié Ivoiro-congolais et par la diversification de la coopération entre les deux pays.

La démocratie : une urgence africaine

Dans la suite de son allocution devant la représentation nationale congolaise assistée pour la circonstance par les différentes personnalités politiques, diplomatiques et autorités judiciaires et militaires invitées, le président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire a partagé l’expérience de la crise ivoirienne après avoir mis un accent  sur les différents modèles de panafricanisme.

« La crise ivoirienne nous donne l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire… », a-t-il souligné avant de rappeler les tragiques événements qui ont prévalu après la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle ivoirienne. L’expérience ivoirienne doit apprendre à tous les Africains que l’urgence du temps n’est pas la haine, mais la démocratie. « Celle-ci est la fille aînée du dialogue entre le pouvoir et l’opposition », a-t-il fait remarquer.

Par ailleurs, cette session parlementaire qui s’ouvre après un an de la législature en cours, sera animée par la situation sécuritaire dans l’Est du pays, dont les démarches vers la paix ont abouti à la signature à Addis-Abeba (Ethiopie) d’un accord-cadre. Aussi les élus auront-ils un regard attentif sur la poursuite des pourparlers à Kampala entre le gouvernement de la République et la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

« Il n’y aura plus de prime de guerre en RDC », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, qui renseigne qu’il est hors de question de négocier sur l’unité du pays, l’intégrité territoriale ou encore sur sa Constitution.

Les députés nationaux qui devront examiner au cours de cette session plusieurs matières qui sous-tendent le renforcement de l’autorité de l’Etat et la poursuite de certaines réformes déjà en cours, dont la décentralisation et la gouvernance politique, resteront dans le bain des concertations nationales, grâce à la volonté exprimée par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, dans le but de renforcer la cohésion nationale. L’Assemblée nationale, par son président, a encouragé cette initiative. « Le chef de l’Etat va déterminer le lieu, la thématique et les objectifs à atteindre à l’issue des concertations nationales », a indiqué Aubin Minaku.

Le Potentiel


(CL/TH/GW/Yes)