Ce n’est qu’un début. La mission gouvernementale dépêchée dans le Bas-Congo par le Premier ministre, Matata Ponyo, vient de nettoyer les écuries d’Augias au sein des régies financières. Un coup sec est donné à la DGDA/Bas-Congo. La suspension d’une soixantaine de directeurs, contrôleurs et inspecteurs du port de Matadi a été décidée à l’issue de cette mission d’inspection, sur décision du ministre des Finances. L’assainissement des services œuvrant en ce lieu stratégique pour l’économie du pays a donc débuté.

La surchauffe sur le marché des biens et services régulièrement dénoncée par l’Opposition a poussé le gouvernement de la République à prendre des mesures appropriées. Une délégation gouvernementale a séjourné à Matadi dans le Bas-Congo. Quatre ministères ont été mobilisés, à savoir l’Intérieur, l’Economie nationale, les Finances, les Transports et Voies de communication.

A l’occasion, tout a été passé au peigne fin sous le regard vigilant des ministres Nemoyato (Economie et Commerce), Patrice Kitebi (Finances) et Justin Kalumba (Transports) ainsi que  le vice-ministre Egide Ngokoso (Intérieur). Il en a résulté un coup de balai donné dont les victimes se souviendront longtemps. Toutefois, selon des observateurs, cette action du gouvernement tombe à point nommé dans la mesure où il s’était avéré que les tracasseries au port de Matadi sont pour une large part à la base de la montée vertigineuse des prix sur le marché des biens et services.

Raison pour laquelle, le Conseil des ministres s’était saisi du dossier avant d’intimer l’ordre à la délégation gouvernementale de prendre des mesures conservatoires visant à préserver les intérêts de l’Etat et de la population sur qui tous les frais illégalement occasionnés sont répercutés.

Première étape : Kitebi frappe à la DGDA

Le coup d’estocade donné à la Direction générale de douane et accises (DGDA)/Bas-Congo n’est que le prélude au tsunami qui attend les autres directions de cette technostructure de l’Etat ainsi que d’autres régies financières, à savoir la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD).

Il faut rappeler que ces structures mobilisatrices des recettes sont coiffées aussi bien par le ministère des Finances que ceux de l’Intérieur, de l’Economie et des Transports. Tous les cadres et agents de ces départements doivent, s’ils le peuvent encore, faire leurs prières, jeûnes et autres retraites, car l’épée brandie par le gouvernement va fendre tout ce qui se mettra en travers.

La tempête a commencé à Matadi et se poursuivra partout où l’odeur de magouille et compromission des agents et cadres des régies financières sera reniflée. Ce n’est donc qu’un sursis pour les autres à travers la République.

Le directeur provincial de la DGDA/Bas-Congo Patrice Mbuaki Manoka et au total 22 inspecteurs et 45 contrôleurs sont désormais mis à la disposition de la direction générale de la DGDA. Il n’est pas exclu que d’autres mesures suivent, assure-t-on, dans les couloirs du ministère des Finances.

Du côté des usagers de la douane à Matadi, c’est l’euphorie générale. Cette mission d’inspection rentre dans le cadre de l’évaluation des décisions prises par le Premier ministre Matata Ponyo Mapon, lors de sa dernière tournée d’inspection à Matadi en juillet 2012.

Il s’est constaté malheureusement qu’après 7 mois, l’engorgement du port de Matadi a plutôt empiré. Il était du devoir du gouvernement de prendre des mesures additionnelles en vue d’assurer l’accroissement des recettes. Par ailleurs, le gouvernement est également déterminé dans sa démarche visant l’amélioration du climat des affaires.  De même, l’amoindrissement des coûts des transactions au port de Matadi était également à l’ordre du jour.

La mission  gouvernementale avait aussi pour tâche de procéder à l’identification de l’ordre opérationnel au port où seuls 5 services sont autorisés à opérer aux frontières et aux ports. Des consultations avec le secteur privé il est résulté des mesures conservatoires de suspension évoquées ci-haut et qui relèvent du ministre délégué aux Finances.

Dans la foulée, l’association des transporteurs, l’union des déclarants, les agences maritimes, les banques commerciales et la Fec ont porté à la connaissance de la délégation gouvernementale des pratiques qui ont plombé l’activité au port de Matadi au point de se faire battre dans la mobilisation des recettes.

Le secteur privé a identifié, à l’intention de la mission gouvernementale 28 problèmes qui constituent le goulot d’étranglement. Il s’agit, notamment, de la duplication des procédures contraires au guichet unique ainsi que le paiement des taxes hors de ce guichet.

Conséquence immédiate, sur plus de 8 millions de tonnes à l’importation et à l’exportation en 2012, la moitié, soit plus de 4 millions ont été prises en charge par la DGDA/Bas-Congo.

Malheureusement, cet important flux ne s’est pas transformé en performance pour la DGDA/Bas-Congo. C’est le Katanga qui a raflé la mise avec seulement 1,8 million de tonnes de marchandises prises en charge. Il devenait urgent de frapper. Le gouvernement l’a fait, mettant un terme à l’impunité.

D’autres mesures

La mission gouvernementale a annoncé l’acquisition d’une nouvelle drague pour l’ex- RVM. Elle a également fait état de l’appui apporté à la Société commerciale des transports et des ports évalué à 400 000 USD pour la construction en urgence du quai 3 du port de Matadi.

Le Potentiel


(TN/Yes)