Exercer le métier de journaliste en République démocratique du Congo n’est pas, chose aisée. Des excès sont souvent enregistrés de la part de ceux qui sont censés dire le droit. Notre confrère Diana Gikupa du journal la Colombe, un quotidien paraissant à Kinshasa, l’apprend à ses dépens. Il est condamné à six mois de prison ferme pour diffamation et imputations dommageables. Il suffit qu’un journaliste commette un délit, de quelque ampleur que ce soit, pour se retrouver en situation de privation de liberté. La règle dans le cas des journalistes est l’arrestation. Et pourtant en droit, c’est la liberté ! Les inspecteurs judiciaires, les magistrats.... se font un malin plaisir à priver les journalistes de leur liberté d’expression.

Diana Gikupa est victime des pratiques quotidiennes contre les journalistes congolais. La firme tenue par un sujet chinois Gen Tai ne s’est fait pas prier pour expédier notre confrère Diana en prison. Son péché : s’être octroyé la liberté de dénoncer l’empoisonnement des Congolais par ce sujet chinois. Sans entrer dans les méandres de ce dossier aux contours flous, le Tripaix de Gombe a jugé bon de priver de liberté, un journaliste qui a publié les conclusions de ses investigations.

Selon des sources crédibles, la procédure enclenchée par le Tripaix de Gombe serait entachée d’une célérité étonnante Diana Gikupa n’a pas ramassé des informations dans la rue. Ses investigations ont porté sur des faits crédibles, irréfutables. La justice aurait mieux fait d’enquêter, de prendre des mesures conservatoires d’autant plus qu’il s’était agi de la santé des Congolais.

Reconstitution des faits

Pour l’histoire, Diana Gikupa a suivi l’évolution d’une clinique chinoise installée à Limete. Gen Tai. Dans les investigations, il est reproché à cette clinique des actes suspects sur les malades qui se sont plaints sur un produit commercialisé. D’autres encore ont constaté un nombre élevé d’accouchements par césarienne…

Diana n’a fait qu’alerter l’opinion et les autorités appelées à prêter une attention particulière sur tout ce qui touche particulièrement, à la santé des populations. D’ailleurs, la responsable chinoise en charge des accouchements avait été renvoyée et rapatriée en Chine, selon des sources internes à ce centre hospitalier.

Serait-on capable, après la condamnation suivie de l’arrestation de Joachim Diana, de produire un rapport confectionné, in tempore non suspecto, sur la qualité des médicaments et des services de Gen Taï? La tentative de faire taire tous ceux qui fouillent dans des dossiers sales, à travers ce jugement unique contre Joachim Diana, va au contraire amener l’ensemble de la presse à s’intéresser au business de ce sujet chinois en République démocratique du Congo. Le Tripaix de Gombe, en ce qui le concerne, serait il fier d’avoir dit le droit, rien que le droit sans une autre considération? Rien n’est évident!

La prudence étant la régie en matière de santé l’alerte de Diana l’a conduit malheureusement à la prison, alors que la dépénalisation du délit de presse est la tendance actuellement en vogue. Désormais, d’autres « déchets » pourraient se déverser dans le pays sans que l’opinion ne lève le petit doigt. Tous les médias congolais vont-ils se taire ? C’est mal connaître la presse congolaise, qui sait se souder contre les prédateurs de la liberté d’expression de tous les bords.

Diana en prison aujourd’hui, qui sera le prochain ? Les maffieux vont-ils chanter le Te Deum après cette arrestation de la honte? La première bataille est perdue certes. Mais la guerre est loin d’être gagnée par ceux qui estiment que la santé des Congolais ne vaut pas un suivi de la part des dirigeants. Une provocation inutile!

Bienvenu-Marie Bakumanya/Le Potentiel


(DN/TH/Yes)