Comme chaque lundi de la semaine, la Troïka stratégique autour du Premier Ministre, Matata Ponyo, a tablé sur la situation observée auprès des banques commerciales ; situation qui ne favorise nullement l’amélioration du crédit à l’économie, alors que tout le combat du Gouvernement de la République va dans ce sens. En effet, la toile de fond, c’est le taux débiteur appliqué par les banques commerciales. Selon les indications fournies par le Vice-premier Ministre, Ministre du Budget, Daniel Mukoko Samba, à l’issue de cette réunion du 28 janvier 2013, il ressort qu’en dépit du fait que la Banque Centrale du Congo (BCC) ait déjà, graduellement réduit son taux directeur, passé de 20 % à fin 2011 à 6,0 % à fin 2012, puis pour être revu à la baisse à 4% aujourd’hui, les banques commerciales, elles, ne sont pas dans cette logique ; alors qu’elles devraient normalement à leur tour diminuer ce taux.

Non, a indiqué Daniel Mukoko Samba, elles maintiennent leur taux à un niveau élevé. En effet, la Troïka a constaté que pour des crédits accordés en monnaie nationale, le taux moyen de banques commerciales est passé de 38 % à 22 % à ce jour. Et pour les crédits accordés en devises étrangères, le taux est passé de 19 à 15 %. Cela signifie, a-t-il fait savoir, que si vous sollicitez le crédit en monnaie nationale auprès d’une banque commerciale, vous payerez 22 % d’intérêt.

Si c’est en devise, c’est 15 %. Pourtant, a-t-il dit, lorsque ces banques s’adressent auprès de la Banque centrale, elles payent le taux de 4%. Alors, que faut-il faire face à cette situation ? La Troïka invite les banques commerciales à tout faire pour accompagner les efforts du Gouvernement et de la Banque Centrale du Congo. Car, tous les efforts tant au niveau du Gouvernement, de la BCC qu’au niveau des banques commerciales doivent converger afin que soient améliorés les crédits à l’économie. Et d’ajouter que deux facteurs pertinents sont favorables, pour justifier cette révision.

C’est le taux directeur de la BCC et la stabilité du cadre macroéconomique. Programme en vue de booster la croissance La cinquième réunion de l’exercice 2013 de suivi sur de la situation économico-financier du pays s’est tenue le 28 janvier dernier, à l’Hôtel du Gouvernement, sous la présidence du Premier Ministre, Matata Ponyo. Tout au tour de lui, le Vice-premier Ministre, Ministre du Budget, le Ministre de l’Economie et Commerce, le Ministre Délégué auprès du Premier Ministre, en charge de Finances, du Vice-Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Quatre points ont dominé l’essentiel de cette réunion, à savoir, l’évaluation des recommandations de la réunion du 21 janvier 2013 ; la synthèse de la situation économique récente ; le suivi du programme avec le FMI et, enfin, la situation de la paie. S’agissant de la paie, le quatrième point de l’ordre du jour, il a été souligné que la paie du mois de janvier 2013, amorcée depuis le 15 janvier est quasiment clôturée, hormis les cas des agents et fonctionnaires de l’Etat retardataires.

Par ailleurs, dans le communiqué de presse parvenu à La Prospérité, il est marqué que concernant le processus de bancarisation, la Direction de la paie s’active pour la mise à jour des informations des éléments des FARDC basés dans les chefs-lieux des provinces, pour la bancarisation de leur paie en février 2013. Mais, auparavant, l’évaluation faite des recommandations, 12 au total, formulées au cours de la réunion du 21 janvier dernier, il a été signalé que 11 ont été réalisées et une est en cours de réalisation. Quant à la situation économique récente, les cours de produits agricoles sont demeurés à un niveau élevé. Bien plus, ils ont enregistré depuis fin décembre 2012 des hausses de 3,15% ; 4,1 % et 7,3 % et ce, pour le riz, le maïs et le soja.

Cependant, concernant la confiance des opérateurs économiques, la Troïka stratégique a noté que les perspectives indiquent un raffermissement en 2013. Sur les autres segments de l’économie, il a été signalé qu’au 25 janvier 2013, le taux de change est resté stable, avec une légère dépréciation. A l’indicatif, il est de 915,13 FC/Usd contre 914,83 FC/Usd la semaine d’avant, affichant une dépréciation de 3,03%. Le taux d’inflation hebdomadaire est quant à lui ramené à son niveau d’avant la grève des conducteurs de véhicules poids lourds sur la Route nationale n°1. Il est à 0,010 % au niveau national, et à 0,014 % à Kinshasa. Le taux de croissance lui est projeté à 8,3 % contre 7,2 ù réalisé à fin 2012.

Concernant le taux directeur de la BCC, il est situé à 4 % depuis la dernière révision du 26 décembre 2012. En définitive, il a été constaté que le cadre macroéconomique se consolide. Toutefois, il a été instruit au Vice-premier Ministre, Ministre du Budget d’élaborer un programme qui vise à appuyer certains secteurs. C’est en vue de booster la croissance et en assurer la redistribution progressive en faveur de toutes les couches de la population. Au niveau de suivi du programme, il a été indiqué que le chef de mission du FMI pour la RDC séjourne à Kinshasa depuis le 27 janvier. C’est pour une prise de contact avec les autorités du pays, notamment le Premier Ministre, dans la perspective de la reprise des discussions pour un nouveau programme.

Le Potentiel


(DN/Milor/RW/PKF)