Le gouvernement congolais se déclare  satisfaite des sanctions prises le  31 décembre 2012 par le Conseil de sécurité des Nations unies contre deux dirigeants de la rébellion du M23, Jean-Marie Runiga et Eric Badege  qui sont interdits de voyager et dont les  avoirs sont gelés.

Selon son porte-parole, Lambert Mende,  ces mesures  devraient rapidement prendre « la forme la plus effective possible pour donner une chance à la RDC et à toute la région des Grands lacs de retrouver la paix d’une manière durable ».

Ces sanctions qui empêchent « aux membres d’un mouvement comme celui-là d’aller et de venir, vont avoir un impact sur tous les apprentis sorciers qui s’apprêtaient à faire comme Runiga ou d’autres ».

Commentant les sanctions prises contre les deux dirigeants du M23 et d’autres de la rébellion rwandaise des FDLR, l’ambassadrice américaine à l’Onu, Suzanne Rice a déclaré que « ces décisions vont faciliter des progrès vers une paix durable dans l’est de la RDC », invitant les membres de ces deux rébellions à « faire défection et à se démobiliser ».

Elle a également évoqué l’éventualité de « mesures supplémentaires du Conseil de sécurité contre ceux qui persistent à fournir un appui extérieur au M23 ou à contrevenir à l’embargo sur les armes » imposé aux groupes armés actifs en RDC.

De son coté, le député de l’opposition et président du parti Mouvement pour le Renouveau, Clément Kanku, juge inefficaces ces sanctions.

Pour lui, Jean-Marie Runiga et Eric Badege ne sont que « des hommes de paille. Les véritables commanditaires de la guerre dans l’Est de la RDC sont au Rwanda et les Nations unies devaient  condamner clairement le gouvernement rwandais, au lieu de tourner autour du pot ».

« Jean-Marie Runiga, chef politique du M23, est une création du Rwanda. Tout le monde sait que Runiga ne vaut que ce que le Rwanda  veut qu’il vaille. Sanctionner Runiga aujourd’hui, le Rwanda va vous sortir un autre mercenaire demain qui va faire le même travail », a affirmé Clément Kanku.

Pour sa part, le président de la société civile du Nord-Kivu s’est dit également satisfait des sanctions tout en  demandant  au Conseil de sécurité des Nations unies  d’aller plus loin. « Ces gens, il faut qu’ils soient sanctionnés de manière exemplaire. Il faut qu’ils soient jugés et condamnés pour les préjudices qu’ils causent aux populations civiles dans les zones qu’ils contrôlent », a-t-il déclaré.

La rébellion du M23 qui sévit dans la province du Nord-Kivu depuis le mois de mai 2012 a entamé des pourparlers avec le gouvernement congolais le 9 décembre dernier à Kampala en Ouganda. Pourparlers obtenus en contre partie de son retrait de la ville de Goma qu’elle a occupé pendant une dizaine de jours à la fin du mois de novembre 2012.

ACP


(CL/Ern./GW/Yes)