La République démocratique du Congo connaît, depuis 2010, une stabilité macro-économique renforcée, a affirmé le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo, dans son adresse au personnel de la BCC à l’occasion de la cérémonie d’échange des vœux.

Cette stabilité a été obtenue  non seulement grâce à une bonne politique économique, budgétaire, monétaire et de change mais aussi grâce à une vision économique clairvoyante, à des stratégies qui se sont révélées payantes et à des réformes engagées qui ont attiré les institutions financières internationales et les investissements directs étrangers.
 
Actuellement, la croissance de 7,2 % est tirée à 19  % par le secteur du bâtiment et des travaux publics et à 25 % par celui des mines. Dans les milieux informés de la Banque centrale du Congo (BCC), on note que les grands opérateurs étrangers miniers sont attirés par des bonnes pratiques et par les codes d’investissement et minier promulgués respectivement en 2001 et 2002.

C’est ainsi qu’ils ont investi massivement dans le secteur de construction de nouvelles unités de production qui ont permis d’exporter plus de 500.000 tonnes de cuivre par an au prix moyen de USD 7.500 la tonne. On rappelle que le prix de vente du cuivre pratiqué par la GECAMINES  à l’époque ne dépassait pas USD 1.000 la tonne.

A la BCC, on se montre confiant en ce qui concerne le niveau des réserves internationales de change de l’institut d’émission qui s’élèvent à plus de 1,68 milliards de dollars américains. Ce niveau est essentiellement dû aux achats de devises opérés par la BCC, aux retombées de nouvelles exportations sur la balance commerciale et à l’encaissement des « pas de porte » et des tirages auprès du Fonds monétaire international (FMI).

En ce qui concerne la contribution du secteur minier au budget de l’Etat en 2012, elle est évaluée à USD 417 millions contre  USD 135 millions en 2009. Par ailleurs, le service de la dette a été allégé de 90 %  en 2010, ce qui a permis au gouvernement de dégager un excédent budgétaire de l’ordre de 116 milliards de francs congolais, soit environ USD 127 millions.

C’est grâce à l’action  combinée de ces excédents et du niveau des réserves de change, propulsée par une bonne synergie des politiques monétaire et budgétaire, que la RDC a contenu l’inflation en 2012 à 2,73 % au lieu de la cible initiale de 9,9 %.

Perspectives pour 2013

Les projections faites par les experts de la BCC établissent la croissance économique à 8,2 %  en 2013 avec un objectif en ce qui concerne le taux d’inflation à un chiffre autour de 5,8 %. Pour lancer un signal fort dans ce sens, la BCC vient de baisser son taux directeur de 6 à 4 %.

Ces chiffres encourageants réclament au préalable une politique budgétaire orthodoxe et une exécution en équilibre du plan de trésorerie du secteur public ainsi que la poursuite d’une bonne coordination harmonieuse des pratiques budgétaire et monétaire. La BCC conseille le gouvernement de mettre en œuvre le plus rapidement possible un nouveau programme économique appuyé par le FMI  et les autres partenaires au développement.

Bilan économique de la RDC au cours des quinze dernières années

L’économie de la RDC vient de loin au cours des quinze dernières années, estime-t-on encore dans les mêmes milieux de la BCC. Ainsi par exemple, le Produit intérieur brut  (BIT) nominal ne valait que 5,8 milliards USD en 1996, alors qu’il en vaut USD 17,3 milliards aujourd’hui.

Selon BCC,  cette situation se justifie par les conflits armés, les pillages, la dégradation des infrastructures de base ainsi que les difficultés d’approvisionnement des entreprises. S’agissant de l’inflation, son taux en 1996 était de 3 chiffres, soit 693 % ;  on parlait à l’époque de  l’hyperinflation. La situation monétaire était caractérisée par une multiplicité d’espaces monétaires, quatre au total, une forte dollarisation, un régime de change fixe, différents taux de change.

A ce triste tableau s’ajoutait une pénurie de signes monétaires en monnaie nationale, se traduisant par l’inconvertibilité à la fois des dépôts bancaires et au pair de la monnaie scripturale  par rapport à la monnaie fiduciaire, poussant ainsi le public à la méfiance vis-à-vis de la monnaie nationale et du système bancaire.

Concernant la gestion des finances publiques, le gouvernement disposait d’un budget qui n’était pas digne de ce nom du fait de la faiblesse de mobilisation des recettes par les régies financières.

L’Etat était notamment confronté à une accumulation d’arrièrés des salaires des fonctionnaires et agents services publics  ainsi que des dettes intérieures et extérieures. En outre, les relations entre la RDC et les institutions financières internationales n’étaient pas au beau fixe.

ACP


(CL/Ern./Yes)