Le commandant en second de la brigade du Nord Kivu de la Monusco, a opposé le 29 novembre dernier, un refus catégorique aux injonctions du lieutenant-colonel Krasto du M 23, qui voulait que lui soient livrés avant le retrait de leur troupe, les équipements et munitions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) stockés à l'aéroport de Goma, a-t-on révélé mercredi 5 décembre, au cours du point de presse hebdomadaire conjoint des Nations Unies.

Sans vergogne, pour justifier son acte, le très culotté  commandant rebelle a insinué que ces armements et arsenal militaire entreposés à l'aéroport de Goma appartiennent au peuple congolais, et par conséquent, au M23.

Après plus d'une semaine d'occupation de la ville de Goma et de la localité de Sake, soit du 20 au 31 novembre denier, les rebelles du M23 ont été sommés de se retirer du chef-lieu de la province du Nord Kivu par des chefs d'Etat de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL).

Ils ont finalement commencé à partir le 1er décembre courant pour reprendre leur position initiale à 20 kilomètres de Goma. Mais auparavant, les mutins du M 23 se sont distingués par un pillage systématique et sauvage dans les habitations des officiels et dans les bâtiments administratifs.

Tous les biens de valeur qui leur tombaient entre les mains, meubles, appareils électroménagers, des ordinateurs et autres équipements de bureau, ont été emportés. Pire, ils ont poussé très loin leur mythomanie, en volant des véhicules, voire des engins lourds de génie civil de l'Office de routes (OR) et de l'Office de voirie et drainage (OVD).

A en croire plusieurs témoins, la plupart des engins de génie civil auraient traversé la frontière pour le Rwanda.

Outre le pillage, les rebelles ont également récupéré des équipements militaires abandonnés  par les troupes gouvernementales et les équipements de la Police nationale congolaise (PNC) trouvés dans la ville de Goma. Dans les images de nos confrères de TV 5 ou de France 24, nous voyions les rebelles du M 23 parader avec des Jeeps de la Police des frontières.

Le commandant El Hadj Diene, porte-parole militaire ad intérim de la Monusco, a abondé dans le même sens en indiquant, " dans la même période, des rapports ont signalé plusieurs cas de pillages, notamment des véhicules de l'administration, à l'hôpital général de Goma et à l'Université de Grands Lacs, par les éléments du M23 ".
 
Des sites stratégiques sécurisés

Par ailleurs, le porte-parole militaire ad intérim de la mission onusienne a rappelé qu'effectivement, le 1er décembre courant, environ mille (1000) éléments du M 23 qui avaient occupé depuis les 20 et 31 novembre dernier Goma et Sake, ont amorcé leur retrait de ces deux localités en direction du Nord, vers Kibati, Kibumba et Rugare.

Le même jour, les casques bleus de la brigade du Nord Kivu de la Monusco ont empêché aux éléments Maï Maï et de l'Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) venus de Kirotshe et de Shada d'occuper Sake. Le commandant El Hadj Diene confirme que le 1er décembre courant, le M 23 a bel et bien retiré de Goma ses troupes militaires et sa composante politique.

Aussitôt les troupes du M 23 ont quitté Goma, les membres du Mécanisme de vérification conjointe, assistés par la Police onusienne et la brigade du Nord Kivu de la Monusco, ont redéployé vers les lieux stratégiques, les deux cents soixante-treize (273) policiers de la Police nationale congolaise (PNC) venus de Bukavu à Goma le 29 novembre dernier, pour sécuriser le bâtiment de la Banque centrale, les sièges des Banques commerciales, le bureau du gouverneur de province et celui du gouvernement provincial.

Selon la mission onusienne, " présentement mille deux cents quatre-vingts onze (1291) policiers de la PNC sont redéployés à travers la ville de Goma. D'autres vont incessamment revenir des territoires de Beni et Lubero, pour atteindre un total de deux mille (2000) éléments.

L'effectif de policiers de la PNC avant l'occupation de Goma par le M 23 était de trois mille (3000) éléments.

" Les patrouilles aériennes d'évaluation de la situation sécuritaire, conduite le 1er décembre courant par le commandant de la brigade du Nord Kivu des forces de la Monusco au-dessus des régions de Sake et de Mushake, ont révélé le retrait total de ces deux localités par les éléments du M 23 ", a noté le commandant El Hadj Diene.

Avant d'indiquer, le lieutenant-général Babacar Gaye, conseiller militaire du Secrétaire général des Nations Unies, a le 2 décembre courant, lors d'une rencontre avec la brigade du Nord Kivu et les chefs des sections du bureau de la Monusco de cette province, transmis les félicitations et encouragements du Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé du maintien de la paix, Hervé Ladsous, pour le travail abattu pendant la crise.

Babacar Gaye a eu également à visiter l'aéroport de Goma et réexaminer le dispositif militaire des forces onusiennes.

Juste après le retrait des rebelles du M 23 de Goma et de Sake, souligne-t-on, l'environnement sécuritaire est demeuré tendu. Mais à l'heure qu'il est, le calme y règne. C'est dans ce contexte que la Monusco a intensifié ses activités et multiplie des patrouilles aériennes de nuit, dans le but de surveiller justement la situation sécuritaire.

Malheureusement, toujours le 2 décembre courant, des éléments non identifiés en provenance du parc national de Virunga ont pillé le camp des déplacés de Mugunga III et violé quelques femmes.

Dans le même registre, la Monusco dit maintenir une vigilance  accrue sur le terrain et poursuit avec détermination la mise en œuvre de son mandat de protection des populations civiles, des personnes et installations du système des Nations unies contre les activités des forces négatives et groupes armés, particulièrement le M23.

Plan de protection interne de Goma réactivé

Pour ce faire, le plan de protection interne de la ville de Goma a été réactivé et le niveau de menace élevé à son degré maximal.

De même, a-t-on soutenu, " les forces de la Monusco poursuivent le déploiement de leur patrouille d'intervention rapide à travers la ville, dans le but de prévenir et neutraliser tout incident négatif ".

Ainsi donc, des troupes onusiennes sont continuellement positionnées dans et autour des sites importants, dans les zones résidentielles et agglomérations à forte concentration humaine, afin de dissuader tout acte de vandalisme et toute exaction contre les populations civiles.

L’Observateur


(CL/Yes)