Les organisations de la société civile environnementale, par le biais du Réseau des ressources naturelles (RRN), ont appelé, à Kinshasa, le Chef de l’Etat, joseph Kabila, dans une lettre ouverte, qu’elles lui ont adressée, à user de son sens le plus élevé de patriotisme et de sa qualité de Garant de la Nation, pour que l’autorité de la loi soit acceptée et respectée par toute la société congolaise et que toutes les autorités politiques, administratives et militaires puissent adapter leurs comportements aux règles de la bonne gouvernance, indique une copie de ce document remis, jeudi, à l’ACP.

Face à la problématique de la gouvernance forestière, les acteurs de la société civile environnementale sollicitent, à travers ce document, l’application stricte des dispositions légales et réglementaires dans ce secteur clé du développement national confronté à une multitude d’écueils  aux niveaux de l’administration publique, des exploitants forestiers et des communautés locales.

C’est au terme des missions d’observation locale et de gouvernance concertée conduites dans les villes de Kinshasa, au Bandundu, à Mbandaka, à Kisangani et dans les chefs-lieux des territoires de Bafwasende, Bikoro, Inongo, Isangi, Lisala, Oshwé ainsi que dans la commune de Maluku, au courant des mois de septembre et  octobre 2012, que les organisations non gouvernementales opérant dans le secteur de l’environnement et des ressources naturelles se sont résolues de s’en remettre au Président Joseph Kabila, en vertu de l’article 69 alinéa 3 de la Constitution du 18 février 2006, pour l’application stricte des dispositions légales et réglementaires dans ce secteur ainsi que pour l’amélioration de la gouvernance forestière dans le pays.

Les réalités sur le terrain révèlent qu’aucune  de ces conditions n’est respectée, le décret instituant les forêts des communautés locales tarde d’être pris, ce qui empêcherait le transfert du pouvoir d’émission de permis artisanaux aux gouverneurs des provinces et ce, conformément à l’article 8 alinéa 3 de l’arrêté 035 sus-évoqué.

Les ONG  dénoncent l’attribution de nombreux permis de coupe à des sujets étrangers notamment  les Chinois, les Libanais, les Pakistanais, les Mauritaniens et autres.

Elles estiment que l’exploitation artisanale est sensée fournir du bois aux populations locales, mais malheureusement, seule une certaine quantité de ce bois part non seulement dans les pays voisins mais aussi vers l’Europe et l’Asie. Cette situation, déplorent-elles, est encouragée par l’arrêté 011/2007 portant réglementation de l’autorisation de coupe industrielle de bois d’œuvre et des autorisations d’achat, vente et exportation de bois d’œuvre.

Fort des engagements pris par le pays dans la gestion  durable des forêts, ce dernier devrait veiller au respect strict de la loi forestière et à son développement intégral au regard des négociations de l’accord de partenariat volontaire qui sont en cours entre le gouvernement et l’Union européenne pour  lutter contre l’exploitation illégale de bois.

La RDC, qui constitue le deuxième poumon du monde par ses immenses forêts tropicales humides, soit 45% des forêts africaines, a le devoir d’accorder une attention particulière au commerce légal de bois et de lutter contre le changement climatique dû aux gaz à effet de serre qui met en danger l’avenir de l’humanité toute entière.

ACP


(CL/PKF)