Un nouvel ouvrage scientifique vient de paraître aux éditions de l’Institut supérieur de développement rural de Demba, dans la province du Kasaï Occidental. Il s’agit de « Néo-modernisation, crise et renaissance rurales en République démocratique du Congo. Pour une méthode d’action en milieu rural ». Cet ouvrage de 164 pages est de la plume Laurent Kadiebwe Tshidika.

Dans son introduction, l’auteur indique qu’en ce début du XXIème, le concept de développement tel qu’il est conçu par les Occidentaux et ses intellectuels est en panne. Paraphrasant Tandon, Y., Laurent Kadiebwe écrit qu’il s’agit de la part des Occidentaux, de déverser de l’argent et des conseillers pour inciter la croissance économique.

La tâche de la reconstruction politique-, économique, scientifique et éthique de notre société, demeure entière. C’est à cette problématique que contribue le livre de Laurent Kadiebwe.

Toujours dans l’introduction, il démontre que la crise rurale est perçue de manière globale: multidimensionnelle, multivariable et multi-indicatrice. Ses dimensions principales, écrit-il, ont agraire, et sociétale avec les variables économique, politique et sociétale. Ces indicateurs évoluent de la sous-production et de la sous-consommation en passant par la domination de la ville sur la campagne, pour aboutir à l’exclusion des paysans du circuit de redistribution des gains et à leur infériorisation.

Dans sa réflexion, l’auteur arrive à la conclusion selon laquelle, « la séquence historique de  la nos jour se Caractérise par la théorie de la néo-modernisation qui prône le primal du marché sur l’Etat, du privé sur le public comme la seule issue du développement ». Avant de noter que le processus de la néo-modernisation depuis le début des années quatre-vingt-dix a dévoilé son originalité dans la mesure où, les acteurs internationaux s’imposent sans fausse hypocrise sur les beaux publics et privés par le mécanisme de l’ajustement structurel.

Conséquences

Aux yeux de l’auteur, cette situation est à l’origine de l’éclatement de l’Etat qui se désengage avec la réduction drastique des dépenses publiques sociales et la non protection de l’agriculture et des paysans. Et de faire remarquer : « Désempares dans ce contexte, les ruraux prennent la fuite en avant vers les villes ou sur place avec l’exode agricole pendant que les femmes deviennent de plus en plus les chefs des ménages ruraux élan! Donné que les hommes sont des présents-absents, à l’exception des femmes des provinces septentrionales ».

En définitive, Laurent Kadiebwe démontre que le sous-développement rural serait plus une résultante des « relations sociales inégalitaires entre les acteurs internationaux, nationaux, locaux et non une conséquence du manque de technologies modernes et de financements sous-tendu par une résistance culturelle ». Le développement rural est d’abord, ensuite et enfin, « une réalité liée à la qualité de la relation sociale.

En dépit de tous les problèmes des milieux ruraux congolais, la vision sur la longue durée qui a conduit cette recherche rapprochée de l’expérience rurale et urbaine de l’Occident et de l’Orient, nous sommes amené prédire :  « L’avenir du Congo se trouve à la campagne ».

Pour Laurent Kadiebwe, la crise rurale en RDC est à la fois économique, sociale et politique. Celle-ci trouve son explication dans les relations inégales entre les acteurs ruraux, beaux, nationaux et internationaux à dominance des derniers.

Partant de la crise rurale, les acteurs sociaux expérimentés, armés des théories et des méthodes scientifiques peuvent faciliter la renaissance rurale de la RDC.

Qui est Laurent Kadiebwe ?

Licencié en Sociologie rurale et agricole de l’Université de Lubumbashi, Laurent Kadiebwe Tshidika Nkolomonyi est également diplômé d’études spéciales en développement de l’Université catholique de Louvain-La Neuve.

Actuellement, le chef de travaux Laurent Kadiebwe est Directeur général de l’ISDR Demba, dans la province du Kasaï Occidental.

Le Potentiel


(DN/Milor/GW/Yes)