L’image la plus caricaturale des 12 derniers mois de gestion d’entreprise est offerte par l’Office congolais des postes et téléphones et télégraphes. Le personnel a accumulé plus de 25 mois d’arriérés de salaires.
Il y a un an jour pour jour que les entreprises du groupe du Portefeuille de l’Etat ont été confiées ŕ la gestion provisoire des cadres maison choisis parmi les méritants.
Cette option a été levée par le gouvernement qui entendait assurer la transition entre les anciennes structures de gestion (comités de gestion et conseils d’administration) qui ont failli ŕ leur mission.
En effet, ŕ la suite du rapport d’audit diligente durant trois mois dans les unités de production appartenant ŕ l’Etat, le ministre ŕ la présidence Augustin Katumba, a pris l’arręté n°00l en date du 09 aoűt 2001 suspendant tous les mandataires publics.
Il en a été de męme des trois régies financičres dont les anciens responsables ont été remerciés par deux arrętés ministériels, le 045 et le 046, pris Matungulu Mbuyamu, ministre de l’Economie, Finances et Budget.
Selon le rapport d’audit en question, plus de 88% des entreprises publiques et des régies financičres étaient saignées ŕ blanc et gérées comme des biens sans maîtres.
Dans le projet du gouvernement, il était question de recruter les nouveaux mandataires sur concours. Mais, jusqu’ŕ ce jour, les résultats de ce recrutement moisissent dans les tiroirs ŕ la présidence de la République.
Une année aprčs leur arrivée ŕ la tęte des entreprises, quel profit présente ces unités de production, se demande-t-on?
D’aprčs plusieurs observateurs, l’actuelle gestion n’a pas opéré de miracle. Destinées ŕ produire de la richesse au bénéfice de la communauté nationale les entreprises du groupe du Portefeuille ont connu des fortunes diverses.
C’est dans le secteur des transports et des télécommunications que le redressement attendu a connu des ratés. Les entreprises City Train, Lignes aériennes congolaises et la Régie des voies fluviales illustrent mieux les difficultés de redressement rencontrées dans le secteur.
City -Train par exemple n’exploite ŕ ce jour qu’un seul autobus qui tombe en panne deux ŕ trois fois par jours. La derničre initiative de la présidence de la République de s’occuper directement du recouvrement des créances dues ŕ la Régie des voies aériennes est une preuve supplémentaire que la gestion de la Rva donne des soucis.
L’image la plus caricaturale des 12 derniers mois de gestion d’entreprise est offerte par l’Office Congolais des postes et téléphones et télégraphes. Le personnel a cumulé plus de 25 mois d’arriérés de salaires. L’on y observe depuis plusieurs jours un arręt de travail qui se prolonge.
A l’Onatra, la gestion du département Ports a donné lieu ŕ un scandale. L’audit interne a conclu ŕ des irrégularités dans la gestion des ressources financičres dudit département.
Quand aux régies financičres, la Dgc et le Ofida ont brillé par leur incapacité ŕ réaliser les prévisions de recettes attendues. Le responsable des impôts a męme été suspendu pour cause de mauvais climat de travail avec sa tutelle ministérielle.
Dans le secteur des mines, la Gécamines n’est toujours pas sorti de son Coma. Plusieurs accords de partenariat n’ont pas permis ŕ la premičre entreprise du Congo des années 70 ŕ retrouver le chemin de l’expansion économique, si bien qu’aujourd’hui, les bailleurs de fonds, conseillent la rupture des contacts de travail avec la moitié du personnel employé.
Par ailleurs, des entreprises tributaires de la conjoncture économico -politique se sont enfoncées davantage dans le marasme. La foire internationale de Kinshasa, l‘Office national du Café, la Société Sidérurgique de Maluku, l’Office des routes ne survivent que grâce ŕ la ténacité des travailleurs qui continuent ŕ croire aux perspectives ŕ venir.
Semblent tenir le coup certaines entreprises de service telles que l’Occ, la Sonas, et la Dgrad, dont les comptabilités donnent quelques signaux de couleur verte.
Dans l’ensemble, les mandataires provisoires se plaignent de la durée de situation administrative. Beaucoup avouent travailler dans une certaine insécurité tant qu’ils ne seront pas confirmés par un décret présidentiel.
La perspective d’un partage de gâteau entre différentes forces politiques dans les entreprises renforce bien ce sentiment qui donne lieu parfois ŕ des comportements irresponsables qui nuisent davantage ŕ l’intéręt général.
Last edited: 07/05/2006 00:19:31