Kinshasa, capitale de la RDC a du mal à se débarrasser de son « titre » de la ville la plus sale de la planète. La présence des immondices et autres ordures de tous genres sur les principales artères et les places publiques du centre des affaires le démontrent à suffisance. Que des fois la population n’a-t-elle pas haussé la voix pour déplorer cette situation qui ternit à la fois l’image de marque de la capitale et celle des responsables de l’hôtel de ville. Très attaché au bien-être de la population, le Fonds européen de développement de l’Union européenne (FED) a mis au point un Projet d’entretien et de réhabilitation des infrastructures routières en RDC et d’amélioration de l’assainissement urbain à Kinshasa (PARAU).

Initié le 14 juin 2010, ce projet comprend deux volets dont l’un concerne les routes (2.800 km) et l’autre l’assainissement des 9 communes de la ville. Il s’agit de Barumbu, Kinshasa, Gombe, Lingwalo, Kintambo, Bandalungwa, Ngiri-ngiri, Kasa-Vubu et Kalamu. Mais, au jour d’aujourd’hui, le projet Parau est opérationnel à Kinshasa, Barumbu et Lingwala. Selon les explications fournies à l’Objectif par Jean-Paul Muengie, Coordonnateur principal adjoint de ce projet, les camions bennes commis au ramassage des immondices récupèrent journellement les ordures jetées dans les stations de transfert érigées dans les communes concernées pour les déverser à la décharge publique située au quartier Mpaso dans la commune urbano-rurale de la N’sele.

Au total, la décharge de Mpasa reçoit plus ou moins 4.000 tonnes d’immondices par semaine, lesquelles sont enfouies dans le sol moyennant certaines précautions à même de favoriser la dégradation. Conscients du danger que pourrait courir la population suite à l’écoulement du liquide produit par les ordures, les techniciens oeuvrant à la décharge publique prennent le soin de placer une fibre plastic dessus, question d’éviter que le Sol ne soit infecté. Cependant, ce liquide est transformé, à travers plusieurs bassins, avant d’être purifié et renvoyé dans la nature.

Répondant à une question relative au compostage des ordures, Jean-Paul Muengie a indiqué que cette opération suppose un tri en amont. Mais, à ce niveau, le PARAU ne dispose pas des moyens nécessaires pour y parvenir. Selon lui, l’hôtel de ville de Kinshasa est mieux placé pour s’engager sur cette voie en distribuant des sachets des différentes couleurs à la population qui, du reste, s’est habituée à jeter les immondices dans les stations de transfert en dépit de l’existence d’une minorité réfractaire.

Aujourd’hui, il est établi que grâce au PARAU, les montagnes d’immondices n’existent plus dans les communes de Barumbu, Kinshasa et Lingwala où les camions effectuent plus de 40 rotations par jour pour vider les bacs. L’hôtel de ville de Kinshasa devrait s’inspirer de ce projet pour placer des bacs dans tous les quartiers, question de permettre à la population d’y jeter les immondices comme dons toutes les grandes villes du monde. Il faut toutefois se poser la question de savoir ce que serait devenue la capitale sans l’apport du PARAU.

Car, l’on note qu’il a également contribué beaucoup dons l’érection des caniveaux et ou débouchage des collecteurs qui avaient presque disparu de la carte de la ville de Kinshasa. Des environnementalistes contactés déplorent le fait que des immondices de tous genres soient enfouies dans une même fossé au risque d’altérer le so1 et de le rendre improductif. Ils soutiennent l’idée selon laquelle l’autorité urbaine devrait être associée dans le contrôle de tout ce qui est fait pour assainir la capitale.

Arthur Mukanya/L’Objectif


(TH/GMM/PKF)