Il est urgent et impérieux, plus que jamais, que la Société de caoutchouc granulé de Kinshasa (SOGRAKIN) soit délocalisée du n° 25 de l’avenue des Poids-lourds à Kinshasa, pour l’installer dans un autre endroit qui s’avérerait approprié, toutefois très loin de la population. Ses activités de traitement de caoutchouc sont, sans nul doute, à la base d’une puanteur mortelle. Assurément, ce souhait est profondément et ardemment partagé par tous ceux qui fréquentent les environs des ports fluviaux de N’Dolo.

Contrairement aux rumeurs, ce n’est pas la Bralima, c’est plutôt la SOGRAKIN, installée dans l’enceinte de l’ex Beach ENTRIAC, qui est à la base de cette odeur insupportable, asphyxiante si pas polluante qui indispose quiconque se retrouvant aux périmètres des ports fluviaux longeant l’avenue des Poids-Lourds vers N’Dolo, voire au-delà.

Selon des témoignages crédibles, la population est gravement dérangée par cette odeur. Des détaillants qui se débrouillent aux périmètres de SOGRAKIN réclament sans excuse la délocalisation de l’usine pour un autre lieu, beaucoup plus éloigné des habitations. Les grands espaces libres de la commune de la N’Sele, si pas au Plateau de Bateke dans la commune de Maluku, feraient l’affaire.

Ils décrient ces mauvaises conditions de vie qui les accablent au quotidien, à telle enseigne qu’ils ne savent plus bien respirer et perdent même l’appétit. Mais, ils ne savent quoi faire devant ces puissants commerçants expatriés ouest-africains et asiatiques actionnaires de SOGRAKIN. Cette population ne sait à quel saint se vouer, sinon de dénoncer à travers la presse (comme leur seul moyen) ce châtiment leur infligé. S’il leur arrive de ne pas fuir, c’est parce qu’ils n’ont pas de choix. La vie étant ce qu’elle est, vu la conjoncture qui prévaut à Kinshasa, ces commerçants se voient contraints de supporter de vivre avec cette odeur.

SOGRAKIN se dédouane

Pour sa part, le chef de service financier de la SOGRAKIN, M. Mbo, tout en reconnaissant l’ampleur de l’odeur dégagée par les activités de son entreprise, explique néanmoins que cette puanteur n’est pas nocive, ni polluante. « Cette odeur ne dérange personne », a-t-il déclaré curieusement.

En outre, M. Mbo ajoute que sa société détient tous les documents de l’Etat pour son bon fonctionnement sur ledit site. Tous les services de l’Etat, de même l’OCC, ont effectué leur contrôle à la SOGRAKIN, martèle M. Mbo. D’après lui, si cette odeur dérangeait, l’autorité urbaine n’allait pas laisser faire la société poursuivre tout bonnement ses activités. Un peu comme si en lui octroyant lesdits documents, l’Etat lui aurait signé un chèque en blanc à tout faire, loin des desiderata des populations.

Aussi, dit-il, SOGRAKIN n’est pas une nouvelle société. Elle existe depuis 1992 et elle a été fermée par carence de matières premières, à cause de la guerre qui a sévi en provinces. C’est seulement en date du 1er septembre dernier que les activités avaient repris.

Déplacer l’usine en faveur du port

Comme plus d’un Kinois le sait, depuis plus de trois mois, cette puanteur pour laquelle on peine même à trouver de qualificatif, dérange extrêmement aussi bien des passants que tous ceux qui fréquentent les environs de l’avenue des Poids-Lourds. Cette odeur est insupportable. Les Kinois incommodes sinon suffoqués, toutes tendances confondues, réclament le déplacement de la société.

D’autre part, certains commerçants regrettent que le grand port dit Beach Entriac, qui aidait beaucoup de personnes autrefois, soit remplacé par une société dont les activités mettent en péril des vies humaines. Aussi, certains observateurs ont–ils remarqué que depuis l’ouverture de cette usine, la plupart de ses agents ont perdu leurs poids et d’autres personnes qui fréquentent souvent l’usine ne sont plus en bonne santé comme avant.

Lepetit Baende


(DN/Yes)