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Social. SMIG : Joseph Kabila a-t-il été piégé ?

Kinshasa, 09/07/2002 / Société
On a comme l'impression que l'on a voulu piéger le président de la République. Que dira-t-on aux travailleurs le jour oů ils descendront dans la rue pour dénoncer la non application du SMIG.

C'est depuis jeudi dernier que le chef de l'Etat a signé le décret instituant un nouveau SMIG (salaire minimum garanti) en RDC. Les politiques ont mis de la couleur ŕ ce geste : quelque « travailleurs ont été envoyés dans la rue pour auréoler les artisans de cette victoire ». Des « artisans » qui, malheureusement, ont oublié de signaler que le dernier SMIG dans ce pays date de 1991. Suivi d'un SMIL (salaire minimum légal) en 1994, mais auquel l'ANEZA (association des entreprises du Zaďre) devenue FEC (fédération des entreprises du Congo) s'était opposée catégoriquement. On a également omis de tirer les enseignements du passé, notamment en ce qui concerne les échecs dans l'application des SMIG et SMIL en RDC. Jusqu'au point d'en arriver ŕ faire signer au président de la République un décret dont l'annexe comporte des ajouts préjudiciables.

En effet, le document annexe inclut les cadres de direction comme étant eux aussi concernés par le décret présidentiel alors que le décret lui-męme ne se limite qu'aux catégories comprises entre les manoeuvres et les cadres de collaboration. Ce qui, d'ailleurs, avait été convenu entre le gouvernement et les autres partenaires que sont les syndicats et le patronat.

Au nom des entreprises, la FEC a déjŕ commencé ŕ protester auprčs du ministčre du Travail et de la Prévoyance sociale. Faut-il dčs lors demander au chef de l'Etat de signer un rectificatif? Ou bien madame la ministre du Travail et Prévoyance Sociale devra-t-elle se faire le devoir de corriger l'erreur dans l'arręté d'exécution dudit décret? Tant pour l'un que pour l'autre des cas, la contestation de certains juristes n'est pas ŕ exclure.

L'autre préoccupation c'est au niveau du corollaire mme du SMIG l'Etat a-t-il des moyens en cette période de basse conjoncture, marquée également par la guerre, de pouvoir payer ŕ un directeur de l'Administration publique la somme de 80.000 FC ? Aussi faut-il se demander oů les entreprises qui dégraissent au jour le jour et qui mettent la clé sous la paillasson trouveront-ils de l'argent pour assurer le SMIG.

On a comme l'impression que l'on a voulu piéger le président de la République. Que dira-t-on aux travailleurs le jour oů ils descendront dans la rue pour dénoncer la non application du SMIG? Un spécialiste des questions du travail ne s'est pas empęché de s'étonner de ce qu'on a presque forcé la main au magistrat supręme dans ce que l'on veut présenter comme la politique salariale, męme si pour le cas précis on ne fait aucunement allusion ŕ l'harmonisation des salaires des différents secteurs qui est aussi un des éléments d'une véritable politique salariale.



Last edited: 07/05/2006 00:17:35

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