La grève qui sévit au sein de l’Université de Kinshasa (Unikin) est loin de trouver une issue heureuse. Les professeurs qui, depuis un certain temps ne se présentent plus dans les salles de cours, ne sont pas prêts à lâcher prise si l’opacité demeure dans l’octroi des véhicules.

Mieux considérée comme une contestation face à ce qu’ils taxent d’ingérence du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire dans le dossier « Acquisition des véhicules », la grève qui perdure à l’Université de Kinshasa a pour origine la mauvaise gestion dans le secteur académique et scientifique de l’Enseignement supérieur. Cela se fait sentir particulièrement sur le transport des professeurs.

Selon l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN), en 2010, un contrat d’achat a été signé entre l’ATC, une entreprise spécialisée dans la vente de véhicules et les professeurs. Au moment de cette signature, il y a eu comme témoins les ministres de l’Enseignement supérieur, du Budget, des Finances et de la Fonction publique.

Habitué dans des dossiers où il perçoit des commissions, l’actuel ministre de l’ESU a entretenu la confusion. Cela étant, le ministre s’est engagé à prendre un crédit auprès de l’ATC sans pour autant associer les professeurs. Crédit qui a débouché à l’acquisition de sept cents premiers véhicules. Alors que la valeur de ce crédit n’a pas été relevée et les véhicules n’ont pas été mis à la disposition des professeurs, le ministre , qui exigeait des intérêts, s’est lancé dans la livraison au fur et à mesure que le paiement s’effectuait.

Pour l’APUKIN, cette façon d’agir ne peut pas être admise car, avec 1400 véhicules, l’opinion peut déjà imaginer le bénéfice que peut tirer le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire.

Comme mécanismes mis en place par les professeurs pour la transparence, il est noté qu’après la sortie de l’argent à la Banque centrale du Congo, il sera acheminé dans un compte ouvert dans une banque privée. De ce compte, l’argent sera transféré à l’ATC.

C’est cette démarche qui échappe au ministre de l’ESU qui cherche, selon l’APUKIN, d’autres moyens pour récupérer cet argent. Voilà qui exige le désengagement total du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire dans le dossier « Acquisition des véhicules des professeurs ». Il faut signaler que ces véhicules appartiennent à tous les professeurs de la RDC représentés par ceux réunis au sein de l’APUKIN.

Pour l’association des professeurs, il est temps de mettre fin à ce comportement du ministre qui touche déjà un pourcentage sur chaque étudiant non seulement de l’enseignement public, mais aussi privé. Comportement constitutif des antivaleurs que la société est tenue à bannir.

Yves K./Le Potentiel


(GTM/Milor/GW/Yes)