Deux candidats présidentiables ont procédé, vendredi 14 octobre, au siège de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, à la signature du Code de bonne conduite.

Il s’agit de Joseph Kabila Kabange, président de la République et candidat de la Majorité présidentielle qui s’est fait représenter, à cet effet, par son « envoyé spécial », Louis-Alphonse Koyagialo, vice-Premier ministre, ministre des Postes et Nouvelles technologies de Communication (PNTC) ; et de M. Jean Andeka Djemba, candidat indépendant.


D’après une source proche de la CENI, le candidat Adam Bombole Intole, candidat indépendant, a promis de signer, ce lundi 17 octobre, le Code de bonne conduite. Devant les membres du bureau de la Commission électorale nationale indépendante, Louis-Alphonse Koyagialo a transmis « le message verbal » du chef de l’Etat selon lequel qu’il « adhère au Code de bonne conduite et qu’il s’engage à le respecter ». Engagement pris.

Il est vrai qu’à l’annonce de la signature du Code de bonne conduite par le candidat de la Majorité présidentielle, président de la République, de nombreux observateurs s’attendaient à ce qu’il aille en personne, comme ce fut le cas lors du dépôt de sa candidature, poser cet acte hautement symbolique et de grande portée morale et politique. Soit. De son côté, le candidat indépendant Andeka Djemba, a accompli le même geste. Reste les autres candidats. Le bal vient donc d’être ouvert, et ce jusqu’avant le début de la campagne électorale.

Cependant, les mêmes observateurs qui s’attendaient à ce que le candidat Joseph Kabila Kabange se déplace en personne pour signer le code de bonne conduite, s’interrogent également sur l’attitude d’Etienne Tshisekedi, candidat de l’Opposition à l’élection présidentielle mais dont le parti, l’UDPS, n’a pas encore signé ce document. Raison avancée : la transparence du fichier électoral et l’audit du serveur central. Tant que ces préalables n’auront pas été épuisés, l’UDPS a affirmé ne pas se sentir concernée par ce code de bonne conduite.

Pas du tout surprenant de voir que Tshisekedi ne se rend pas au siège de la CENI ou de déléguer un de ses proches collaborateurs pour accomplir cette tâche. Comme pour dire que le ciel politique congolais demeure encore nuageux et que les élections apaisées ne sont jusque-là qu’une illusion.

Pour rappel, le Code de bonne constitue un engagement moral des parties prenantes au processus électoral. En signant ce document, les partis et regroupements politiques s’engagent à respecter la Constitution et les autres lois du pays, notamment la Loi électorale.

Le Code de bonne conduite reconnaît aussi aux partis et regroupements politiques, notamment le droit d’organiser des manifestations et des réunions politiques. Bref, de parler librement.

Les candidats sont néanmoins appelés, à travers le Code de bonne conduite à :

  • éviter tout langage d’intimidation ;
  • des propos incitant à la violence ;
  • des propos diffamatoires vis-à-vis des concurrents

Les partis et regroupements politiques s’engagent également à préserver la cohésion et la paix sociales. Ils sont appelés à œuvrer ensemble pour des élections démocratiques, libres, transparentes et apaisées.

Si les partis et regroupements politiques violent ce code, le manquement sera dénoncé publiquement et le contrevenant sera couvert d’opprobre. Il pourra aussi être poursuivi par les cours et tribunaux. (Lire article 28 du code de bonne conduite).

Députation : listes définitives

D’autre part, l’on apprenait hier vendredi en fin d’après-midi que les listes définitives des candidats à la députation nationale venaient d’être publiées tard dans la soirée par la CENI. Ce retard s’expliquerait, toujours selon la CENI, par le verdict des contentieux électoraux examinés au niveau de la Cour suprême de justice. Ce travail est terminé, affirme-t-on au niveau de la Cour suprême de justice, et tout le rapport transmis à la CENI. Les recours qui ont été déposés à la date du 11 octobre 2011 ne devraient plus être pris en considération, car hors délais. La Cour suprême de justice, faisant office de la Cour constitutionnelle, n’attend plus que les contentieux électoraux après le verdict des urnes.

Si la CENI publiait ces listes définitives vendredi, elle l’aura fait 17 jours après la date initiale, conformément à son chronogramme. En effet, c’est le 27 septembre 2011 que la CENI devrait rendre publiques ces listes. Elle aurait respecté son chronogramme qui stipule que les listes définitives devraient être rendues publiques 30 jours avant la campagne électorale. Celle-ci, jusqu’ à preuve du contraire, devra débuter le 28 octobre pour se terminer le 26 novembre. Il se fait que la CENI publierait ces listes définitives 14 jours avant le début officiel de la campagne électorale.

Que va-t-il se passer ? La CENI va-t-elle modifier la période de la campagne électorale pour permettre aux candidats retenus de faire face aux exigences de la campagne électorale, les impressions des affiches et autres calicots publicitaires, par exemple ? Quelle sera l’attitude des fabricants des bulletins de vote qui n’attendent que la publication des listes définitives pour parfaire la maquette y afférente ? Autant d’interrogations qui suscitent davantage d’inquiétudes sur la tenue des élections à la date prévue. De plus en plus, l’hypothèse des élections découplées, présidentielle sans les législatives, se précise.

Le Potentiel


(TN/TH/Yes)