Le processus électoral 2011 a été, mercredi 21 septembre à Kinshasa, au menu d’un échange entre le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les ambassadeurs des pays africains accrédités en RDC.

Le salon Lubumbashi du Grand Hôtel Kinshasa a servi de cadre à cette rencontre qui s’est articulée autour, entre autres, des opérations de révision du fichier électoral, de la répartition des sièges par circonscription électorale, de la commande des kits électoraux.


Sans oublier les opérations de réception et traitement des candidatures pour la présidentielle et les législatives nationales, le dialogue entre la CENI et l’Opposition congolaise, ainsi que les perspectives d’avenir.

L’échange a duré une heure. Mais d’entrée de jeu, le président de la CENI, Daniel Ngoy Mulunda, a confié aux diplomates africains que son institution a hérité d’un processus électoral confronté à plusieurs difficultés d’ordre logistique.

« Il s’est agi, notamment de nombreuses pannes de machines qui nous ont obligés à passer de nouvelles commandes, d’aller au Togo pour commander des kits additionnels, d’affréter des avions pour le transport du matériel électoral, … », a-t-il précisé.

Faisant d’une pierre deux coups, le pasteur Ngoy Mulunda a rappelé à ses interlocuteurs quelques résolutions formulées par des experts internationaux et nationaux à l’issue de la réunion organisée à Lubumbashi par la CENI juste après l’entrée en fonction de son bureau . « Il a été recommandé, notamment de découpler les élections présidentielles et les législatives nationales.

Mais nous nous étions rendus compte que cela a été malsain d’agir de la sorte ; c’est pourquoi, nous avons décidé, sans la volonté des experts, de les coupler ; d’aller à la rencontre de la classe politique congolaise », a-t-il argué. Avant de poursuivre : « Les partis politiques ont été catégoriques, ils avaient refusé de découpler les deux scrutins ; c’est dans cette contrainte que nous avons été obligés de réajuster le calendrier électoral ».

« Nous sommes en train de répondre à l’attente de la classe politique congolaise » a-t-il renchéri.

Abordant la question relative à la révision du fichier électoral, Ngoy Mulunda a renseigné qu’à l’issue de cette opération, 119.000 doublons ont été détectés par l’organe de gestion des élections.

« Les doublons techniques sont évalués à 40 %, tandis que les doublons criminels, provoqués par des personnes qui se sont fait enrôler plus d’une fois sont à 60% », a-t-il déploré. Le président de la CENI a, par la même occasion, promis que son institution déposera, au mois d’octobre, les doublons criminels à la Justice congolaise.

Par ailleurs, Ngoy Mulunda a affirmé que sa Commission a reçu du gouvernement de la République, 8 millions Usd pour l’affrètement des avions qui doivent transporter le matériel électoral commandé en Chine et au Liban. « Nous avons déjà réceptionné depuis le mardi 20 septembre, 97 tonnes de kits électoraux en provenance de Chine, nous attendons, cette fois-ci, d’autre matériel électoral de Liban, et des urnes spéciales de Munich, en Allemagne », a-t-il dit.

A en croire le président de la CENI, des urnes en provenance d’Allemagne devaient en principe arriver à Kinshasa, le 20 septembre.

Vu « ce retard », il s’est dit obligé à se rendre en Allemagne pour en connaître les raisons.

Après avoir évoqué « les difficultés rencontrées » lors de la réception et du traitement des candidatures à la députation nationale, le pasteur Daniel Ngoy a dit qu’à l’issue de cette opération, la CENI a enregistré, depuis le mardi 21 septembre, 14.000 candidats.

Entre-temps, « nous attendons la décision de la Cour Suprême de Justice sur le recours de quatre candidats à la présidentielle », a-t-il ajouté.

Quant au dialogue entre la CENI et la classe politique congolaise, l’organe de gestion des élections a promis de créer un cadre de concertation. Objectif : débattre avec toutes les parties prenantes au processus électoral, de toutes les questions liées à l’audit du fichier électoral et à l’accès au serveur central.

Le bureau de la CENI a, en outre, promis aux diplomates africains de remettre de l’ordre dans le camp de tous les partis politiques qui se sont déjà lancés dans la campagne électorale avant la date prévue.

Il accorde dix jours aux partis politiques concernés, faute de quoi la CENI débarrassera la ville de Kinshasa de toutes les affiches, banderoles et autres pancartes frisant la campagne électorale anticipée.

Cet échange souligne, une fois de plus, la détermination de la CENI à organiser les élections dans les délais impartis.

Le Potentiel


(CL/Yes)