Le ministre congolais de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement estime que l’opposition n’est pas encore capable d’aller aux élections, prévues le 28 novembre prochain. La réaction du ministre faisait suite à plusieurs préoccupations soulevées par l’opposition, alors que pour la majorité au pouvoir, ces inquiétudes sont sans objet. Il s’agit par exemple de l’audit du fichier électoral, qui conditionnait la signature du code de bonne conduite par cette opposition. Elle réclamait aussi son accès dans les médias publics.

« On a l’impression que la classe politique de l’opposition ne s’est pas bien préparée pour les élections, alors qu’elle savait que ces scrutins se dérouleront à un seul tour », avait affirmé le ministre L. Mende le lundi soir, lors de son intervention sur Tv5 Afrique. Il répondait à quelques d’actualité de la Rdc, notamment sur le processus électoral. Le lundi dans la matinée lors d’une concertation avec l’opposition, le président de la Ceni, le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda avait rappelé à celle-ci que l’audit de ce fichier est prévu par la loi. Et donc, lui et son organe n’ont pas intérêt à refuser à l’opposition d’y accéder. Mais seulement, soulignait-il, cela devra se faire dans le respect des règles, déjà connues par l’opposition. Il s’agit par exemple pour l’opposition de désigner deux membres, la majorité mêmement, qui vont se présenter à la Ceni et de commun accord avec les techniciens électoraux, en vue de contrôler ce fichier.

Dans les discussions qui avaient eu lieu avant, la Ceni s’était montrée vraiment large en demandant à l’opposition de présenter cinq au lieu de deux comme avant. La majorité devra faire de même aussi. Cependant, comme elle n’a pas manifesté le besoin jusque-là, il s’observe encore un silence de sa part. En lieu et place des techniciens comme demandés par la Ceni, l’opposition va aligner les acteurs politiques. Ce qui risque de bloquer la machine. Mais on espère qu’elle va se ressaisir et mettre à la disposition de la Ceni des agents qui s’y connaissent.

Concernant la signature du code de bonne conduite, le coordonnateur de l’opposition, le député Lisanga Bonganga avait indiqué qu’il ne se pose aucun problème. « Au moment venu, l’opposition va signer », avait-il lâché. Au-delà de son caractère volontaire, le président de la Ceni avait porté à l’intention des acteurs politiques de l’opposition que refuser de signer ce document, c’est afficher sa volonté de troubler le processus électoral. Et donc, les partis et regroupements politiques qui ne vont pas se plier se verront comme ceux ne voulant pas des élections apaisées et démocratiques en Rdc.

Quant à la dernière préoccupation relative à l’accès aux médias, le pasteur Ngoyi Mulunda a dit que ceci n’est pas un problème. Il a promis qu’il va s’investir pour que cela soit possible. Cependant, il faut dire que l’opinion est un peu étonnée de voir l’opposition faire de l’accès aux médias publics un problème. Parce qu’en réalité, la chaîne de télévision comme la radio, voire l’agence de presse publique est ouverte à tous les acteurs politiques. Ceci rappelons-le, était même sur instruction du ministère de la Communication et des Médias, qui estimait qu’en temps électoral, il fallait donner la parole à tout le monde. Mais seulement, contrairement à cette instruction, plusieurs acteurs de l’opposition s’auto-excluent pour des raisons diverses.

Répondant à son tour à cette problématique, le ministre Lambert Mende a indiqué que les médias congolais ont des obligations à observer pendant cette période électorale. Le porte-parole du gouvernement a assuré à son interlocutrice que toutes les mesures ont été prises pour qu’il n’y ait pas débordement de la part des médias. Il a précisé ici qu’un vade mecum, ayant reçu l’appui de l’opposition comme de la majorité, ainsi que du gouvernement, a été remis au Conseil supérieur de l’audiovisuel congolais (Csac), structure régulatrice des médias en Rdc.

Yassa/Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)