Les vendeuses et importatrices congolaises des tissus imprimés étrangers continuent ŕ revendiquer l'annulation de l'arręté ministériel du 20 mars 2002 interdisant l'importation de ces tissus en Rdc et ordonnant la liquidation des stocks actuels ŕ l'échéance limite du 6 juillet prochain.
La derničre manifestation des commerçantes concernées a été leur vive protestation samedi pour avoir été empęchées de tenir une conférence de presse explicative de leurs doléances contenues dans un mémo transmis aux instances gouvernementales compétentes et au Chef de l'Etat.
Les mamans importatrices et vendeuses des tissus imprimés ont été empęchées par la police de tenir leur conférence de presse vendredi au salon Lubumbashi du Grand Hôtel Kinshasa, pourtant déjŕ réservé, pour défaut d'autorisation de l'Hôtel de ville. L'autorité urbaine aurait pris soin d'accuser juste réception de leur demande de tenir ladite conférence, sans accorder l'autorisation sollicitée, a-t-on appris dans les milieux de ces mamans.
Aprčs trois heures de vaines tractations avec la police et les responsables de l'hôtel, un mémorandum adressé aux ministres du Plan et Reconstruction, de l'Industrie, Commerce et PMEA ainsi que de l'Economie, Finances et Budget, avec copie pour information au Chef de l'Etat Joseph Kabila, sera remis ŕ la presse. Les doléances de ces femmes sont relatives ŕ un arręté interministériel du 20 mars 2002 portant dispositions réglementaires d'importation de tissus imprimés.
Conformément ŕ cet arręté, un communiqué du 7 juin 2002 du ministčre de l'industrie, Commerce et PMEA informe les vendeuses des tissus imprimés importés qu'elles ont jusqu'au 6 juillet 2002 pour écouler tous leurs stocks, rappelant aux importatrices qu'elles ne doivent plus importer ces tissus. Celles qui vont continuer ŕ importer et ŕ vendre les tissus imprimés concernés s'exposent ŕ la saisie et ŕ la destruction de leurs marchandises.
Les importatrices et vendeuses des tissus imprimés font alors appel ŕ la compréhension et au sens de la justice du Chef de l'Etat et du gouvernement pour lever cette mesure impopulaire et antisociale qui va jeter des millions de familles dans la misčre, en plus de celles, plus nombreuses, qui y sont déjŕ et livrer malheureusement beaucoup de femmes, de jeunes filles ŕ la prostitution, dans leur recherche désespérée d'un autre moyen de survie.
Elles se demandent, toujours dans leur mémo date du 12 juin 2002, si cette décision vise réellement l'intéręt de tous les citoyens congolais. Une mesure d'une telle gravité ne pouvait ętre prise ŕ la hâte sans écouter la population concernée et sans étude approfondie de véritables causes du problčme qui se pose, ŕ savoir la mauvaise situation de toutes les industries et des travailleurs congolais, poursuit le mémorandum.
Les importatrices et vendeuses des tissus imprimés ne manquent pas d'arguments : les tissus de production locale ne sont pas compétitifs eu égard ŕ leurs prix et qualités. Les producteurs feraient mieux de commencer par améliorer la qualité de leurs produits et baisser les prix avant de chercher ŕ se protéger, conseillent-elles, tout en déplorant la grande confusion entretenue au sujet des tissus wax et super wax produits par les usines Vlisco importés et commercialisés en RDC depuis plus de 100 ans. Le contrat-programme conclu entre le gouvernement et Sintexkin et l'Utexafrica ne cite pas cette catégorie d'imprimés, tandis que l'annexe ŕ l'arręté interministériel le reprend, dénoncent les femmes.
Elles rappellent que sous la Deuxičme République, cette męme mesure avait été prise, toujours pour les męmes raisons. Mais, puisqu'elle a produit des résultats contraires ŕ ceux escomptés, tels que la fraude douaničre au sommet, l'enrichissement de hauts cadres de l'Etat au détriment des commerçants légalement installés ainsi qu'un manque ŕ gagner réel pour le Trésor Public, la mesure a été levée, relčve le mémorandum.
Qualifiant cette décision discriminatoire ŕ l'égard de mamans congolaises et par conséquent anti-constitutionnelle car limitant de droit celles-ci ŕ porter les tissus de leurs choix contrairement aux hommes importatrices, vendeuses consommatrices des tissus imprimés importés soulignent qu'elles ne sont pas des hors-la-loi, ni ne constituent une association des malfaiteurs pour mériter pareil châtiment. Elles signalent au gouvernement qu'il risque de protéger la main-d'oeuvre expatriée plutôt que locale.
Enfin, les femmes indiquent leur conversion dans la commercialisation des produits des industries locales ne peut pas se faire par la force. Elle dépend de l'effort que les usines doivent déployer dans le sens d'améliorer la qualité de leurs produits et le réajustement de leurs prix, par rapport aux produits importés. « Seuls la qualité améliorée, les prix concurrentiel, la sensibilisation ainsi que la collaboration pourront nous conduire ŕ un partenariat positif, efficace, durable et satisfait conclut ce mémorandum signé par huit dames.