Depuis hier lundi 8 août, les professionnels de la comptabilité se retrouvent, avec l’encadrement du Conseil permanent de la comptabilité au Congo (CPCC), au centre Caritas Congo dans le cadre d’un séminaire international consacré à la pratique et à la maîtrise du Système comptable Ohada (Syscohada).

Pour le secrétaire général du CPCC, André Foko Tomena, ce séminaire est une occasion offerte aux professionnels de la comptabilité de se familiariser aux normes comptables du Syscohada qui devraient, dans les tout prochains, remplacer celles encore en vigueur dans le cadre du Plan comptable général congolais.

Car, avec l’adhésion effective de la RDC à l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), ainsi que l’a rappelé Foko Tomena à l’ouverture de ce séminaire, et au terme de l’article 112 de l’Acte uniforme relatif à l’organisation et à l’harmonisation des comptabilités des entreprises, le référentiel comptable congolais, en l’occurrence, le Plan comptable général congolais, actuellement en application, devra être remplacé par un nouveau référentiel qu’est le Système comptable Ohada.

En effet, pour le secrétaire général du CPCC, « l’imminence du dépôt par le gouvernement congolais de ses instruments d’adhésion au Traité de l’Ohada exige des entreprises de la RDC et de leurs dirigeants une parfaite maîtrise des obligations qui leur incombent en matière de gestion, de tenue des comptes, de production des états financiers, de Droit des Sociétés et de bonne gouvernance dans le cadre du droit Ohada ».

Ainsi, « compte tenu de nombreux changements qu’apporte le droit OHADA dans la gestion et le pilotage de nos entreprises, les dirigeants d’entreprises ainsi que les professionnels du chiffre ne peuvent se permettre d’ignorer toutes ces innovations au risque d’engager leur responsabilité tant civile que pénale dans la gestion de leurs entreprises, a dit le secrétaire général du CPCC, comme pour motiver la tenue de ce séminaire.

C’est donc pour se conformer à sa mission d’assurer la formation et le recyclage des agents économiques dans le domaine de la comptabilité que le CPCC a inauguré, depuis le 6 juin dernier, la série des actions de formation aux dispositions du Syscohada.

La première action a consisté à sensibiliser les dirigeants des entreprises sur les profonds changements qu’apporte le droit Ohada dans la gestion des affaires. A cet effet, un séminaire international sur les obligations des dirigeants d’entreprises en matière de comptabilité et de gouvernance d’entreprise a été organisé, à Kinshasa, à l’attention des dirigeants et hauts cadres des entreprises de la RDC.

Aussi, pour Foko Tomena, la tenue de ce séminaire s’inscrit-il dans cette logique en sensibilisant davantage les professionnels de la comptabilité et des cadres comptables et financiers des entreprises à la pratique et la maîtrise du Système comptable Ohada.

Les modules retenus

Pour l’animation de ce séminaire, à côté des cadres techniques du CPCC, quatre brillants animateurs ont été retenus, à savoir M. Souleymane Sere (expert comptable burkinabè et formateur à l’ERSUMA) ; M. Christian Migan (expert comptable béninois, président de la Commission de normalisation comptable de l’OHADA auprès du secrétariat exécutif de l’Ohada ; M. Emmanuel Ngue (expert-comptable camerounais et associé-gérant au cabinet d’audit AFECA ; et M. Roger Massamba Makela (professeur de droit dans plusieurs universités de la RDC et président de la Commission nationale de l’Ohada).

Au cours de ce séminaire, différents thèmes et sujets seront abordés, notamment : « présentation générale de l’Ohada ; commentaire sur le droit commercial général selon l’Ohada ; commentaire sur le droit des sociétés commerciales et du GIE; analyse de l’Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises et présentation des caractéristiques fondamentales du système comptable Ohada ; analyse et traitement comptable des comptes de différentes classes du cadre des comptes du Syscohada ; présentation des états financiers de synthèse du Syscohada ».

Compte tenu de cet échantillon relevé des matières, le secrétaire général a dit espérer qu’« à la fin de ce séminaire, les séminaristes devront acquérir les connaissances nécessaires pour la pratique et la maîtrise du Syscohada et seront armés pour répondre aux obligations qui seront les leurs dans la tenue des comptes et le traitement comptable des opérations en Syscohada ».

A noter que depuis la promulgation par le chef de l’Etat de la loi n° 10/002 du 11 février 2010 autorisant la RDC à adhérer au Traité du 17 octobre 1993 relatif à l’Ohada, le droit Ohada, dans tout son contenu, n’est plus totalement nouveau et étranger tant pour les décideurs et responsables des entreprises que pour les professionnels du chiffre.

Et avec le lancement, le 31 janvier 2011, respectivement à Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani, de la campagne de formation des magistrats, greffiers et huissiers de l’administration judiciaire congolaise en droit Ohada dans la perspective de l’adhésion de la RDC au Traité du 17 octobre 1993 relatif à l’Ohada, le ton était donc donné pour l’initiation des actions préalables de formation tant au niveau du secteur public que privé.

Le Potentiel


(CL/PKF)