Kisangani, la ville martyre, est de nouveau sous le choc aprčs les récents événements de mardi. Le bilan des victimes de la quatričme guerre de Kisangani augmente au jour le jour.
A l'occasion du cinquičme anniversaire de la libération, le Président de la République, J. Kabila, a fait une importante adresse ŕ la nation. Dans son message, le chef de l'Etat a dénonce sur un ton ferme la complaisance de la communauté internationale. Cette derničre n'a en effet fait aucun effort pour faire appliquer ses propres décisions.
A plusieurs reprises le Conseil de sécurité a pris des résolutions exigeant la démilitarisation de la ville de Kisangani aprčs les événements de juin 2000 qui ont vu plusieurs centaines périr ŕ la suite des affrontements entre les armées rwandaises et ougandaises sur le territoire congolais. Cette attitude coupable de la communauté internationale permet au Rwanda de fouler aux pieds ces différentes résolutions demeurées lettre morte.
4.000 soldats rwandais dépęchés ŕ Kisangani pour un nouveau génocide
Kisangani, la ville martyre, est de nouveau sous le choc aprčs les récents événements de mardi dernier. Comme nous l'avons indiqué dans notre derničre édition, Kigali a déjŕ planifié les représailles. La population est prise pour cible par les tueurs du Rcd et de l'Apr. Voici le témoignage de la Monuc fait hier : « Les observateurs militaires de la Monuc ont pu voir plusieurs corps au niveau du pont sur la rivičre Tshopo ».
Selon les organisations de défense des droits de l'homme, notamment le Groupe Lotus et. Les Amis de Nelson Mandela pour les droits de l'homme, ce sont les habitants de la commune de Mangobo et de Makiso qui ont été le plus visés par les soldats rwandais qui ont tué, violé et pillé. Le groupe Lotus fait męme état, dans son rapport, de jeunes filles de la commune de Mangobo qui ont été amenées par les militaires de l'Apr ŕ l'aéroport militaire de Simi-Simi, oů elles sont gardées et violées.
Mais pour la Société civile, particuličrement le groupe Lotus, « les événements de mardi ont été planifiés par le pouvoir en place (ŕ Kisangani) pour bloquer le processus de démilitarisation de la ville et instaurer un régime d'exception. Cette analyse est partagée par la grande majorité des Congolais qui ne comprennent pas qu'on puisse appeler la population ŕ combattre les mains nues des soldats lourdement armés. Nous reviendrons sur ces tueries lundi en publiant les noms et adresses des victimes tombées sous les balles rwandaises.
Pour revenir ŕ l'armée rwandaise, le quotidien ougandais « New Vision » affirme que quatre bataillons de soldats rwandais ont été dépęchés ŕ Kisangani, soit prčs de 4000 hommes. Les soldats de l'Apr sont sous le commandement du colonel Kalaki Karenzi. Selon la męme source, un bataillon est déployé dans la ville, deux autres sont stationnés le long de la route qui relie Kisangani avec Banalia sur environ 130 kilomčtres, et un quatričme bataillon se dirige vers Bafwasende (environ 250 km au Nord-est de Kisangani).
Ces déploiements de soldats rwandais s'est effectué depuis mercredi et se poursuit encore. L'on signale que les troupes qui ont semé la mort et la désolation ŕ Kisangani sont parties de Lubutu, dans la province du Maniema, ŕ quelques 200 Km au Sud de la ville. Mais il semble que les commandants qui dirigent les opérations de représailles sur place ŕ Kisangani, Laurent Kunde et Tango Four, sont venus de Goma. Ils ont été dépęchés dans la Province Orientale sur la base de leur réputation établie de grande brutalité et de cruauté sans égale.
En ce qui concerne le bilan de ces massacres, ils se chiffrent aujourd'hui ŕ trente civils tués, sans compter les militaires portés disparus. Par ailleurs, une vingtaine d'officiers, les yeux bandés et transportés dans un camion, ont été exécutés et ce sont leurs corps qu'on retrouverait dans les eaux de la rivičre Tshopo. C'est dans la nuit de mardi ŕ mercredi, vers 22 heures, ŕ la rive droite du pont de cette rivičre, qu'ils auraient été liquidés. L'accčs sur ce pont avait été interdit ŕ la population durant toute cette nuit noire. Ces officiers sommairement abattus seraient des dissidents du Rcd, lesquels ont été crée récemment le Rcd Originel.
Le moins que l'on puisse dire est qu'un nouveau génocide est en train de se commettre ŕ Kisangani, sans la moindre réaction de la communauté internationale. La Monuc ne peut assister qu'impuissante ŕ ces actes ignobles car sa mission se limite ŕ l'observation. Le Rcd et l'Apr se passent de ses appels au calme. Qui donc arrętera cette folie meurtričre de Paul Kagame ?
Last edited: 07/05/2006 00:15:16