Alors que de nombreux réfugiés urbains pataugent au quotidien dans une misère noire, plus de 100.000 dollars américains alloués à leur assistance se trouvent bloqués dans une institution bancaire de la place.
Malgré un ordre de payement du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, signé depuis le 22 octobre 2010 au bénéfice d’Erukin (Encadrement des réfugiés urbains de Kinshasa), partenaire opérationnel du HCR, les fonds déposés dans le compte de cette agence des Nations unies à la Banque congolaise pour l’assistance des réfugiés restent indisponibles. Ceci, du fait que cette institution bancaire est en faillite.
Cette situation plonge les réfugiés dans une panique affolante. « En temps normal, les assistances sont déjà insuffisantes, et cette fois, nous frôlons le pire. Tout ou presque fonctionne au ralenti. J’ai été désigné afin de bénéficier d’une garantie locative.
Mais à ma grande surprise, on me dit que les fonds ne sont pas disponibles, je n’y comprends rien », s’apitoie un réfugié inconsolable. Comme lui, nombreux sont ses compagnons qui ne peuvent accéder aux diverses assistances qu’ils bénéficient auprès de l’UNHCR. Pire encore, la Journée mondiale de l’enfant cette année resterait gravée dans les mémoires, comme la plus « maigre » jamais célébrée dans le milieu des réfugiés.
« Le HCR, dans le cadre de son mandat, a mis au plus vite tout en œuvre afin de palier à cette situation et, depuis quelque temps, vous pouvez constater que les différentes assistances ont repris en faveur de ses protégés qui sont les réfugiés », a déclaré Mme Régine Avognon, chef du service communautaire du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Mais, une question brûle les lèvres, comment une organisation d’une telle envergure, avec des objectifs aussi sensibles, peut-elle se retrouver dans une telle situation ?
La tentative de rencontrer le chef du service financier du HCR, afin de pouvoir déterminer quels critères doit remplir une institution bancaire afin de se voir confier les fonds de son organisation, s’est avérée vaine. Quoi qu’il en soit, les contribuables du HCR, soucieux de l’amélioration de la condition du monde, sensibles aux appels pathétiques des réfugiés, ne s’estimeront pas heureux de voir ainsi leurs contributions bloquées.
C’est encore l’occasion de rappeler aux uns et aux autres que, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés est avant tout et surtout une agence de protection. L’objectif principal du travail du HCR est d’offrir une protection de qualité pour les personnes qui relèvent de sa compétence.
Chacun de ses collaborateurs, institutions bancaires comprises, est à des degrés divers un agent de protection. Pour honorer cette responsabilité, il est essentiel que tous les membres du personnel impliqués, quelles que soient leurs fonctions, comprennent les concepts fondamentaux de la protection sur lesquels repose l’action du HCR.
Le Potentiel
(CL/Yes)