Le député provincial du Nord-Kivu Gilbert Kalinda salue l’exploit du président de la République occupé à restaurer le réseau routier à travers le pays grâce aux cinq chantiers qu’il veille scrupuleusement à réaliser en inspectant lui-même les travaux sans rechigner de parcourir lui-même au volant les longues distances des différents sites de ces infrastructures
Pertinente note d’admiration du député du Nord-Kivu, Gilbert Kalinda, de l’itinérance du Chef de l’Etat inspectant les chantiers routiers en provinces : l’élu de Walikale voit dans le réseau routier que reconstruit le président Joseph Kabila à l’intérieur du territoire national un atout majeur qui assure la réunification du pays dont les anciens territoires coupés et enclavés pendant la rébellion peuvent à nouveau rentrer en contacts avec les autres.
Le député Kalinda salue donc le retour rendu à nouveau possible des déplacements directs par route, par exemple entre Kisangani et Kinshasa. Quoi de plus merveilleux que de réaliser encore, grâce au bâtisseur Joseph Kabila, la sorte de rallye qu’effectuaient il y a des décennies des transporteurs routiers et touristes sur ce parcours que ne put réaliser le tout premier Premier ministre Lumumba lors de sa fugue fantastique de décembre 1960 !
La contemplation et l’éloge de la restauration des infrastructures du pays à laquelle s’attèle inlassablement le Chef de l’Etat n’est pas le seul sujet de l’entretien de l’élu de Walikale de passage à Kinshasa. D’autres aspects de la brûlante actualité dans le pays sont aussi commentés à la même occasion. En voici toute la teneur dans l’interview ci-après.
Honorable Gilbert Kalinda, en tant qu’élu de Walikale pour la représentation provinciale de ce territoire, vous êtes un député de terrain. Maintenant que le Chef de l’Etat reprend sa tournée dans l’arrière-pays par votre province, qu’est-ce que vous pouvez dire en ce qui concerne les chantiers considérés d’oubliés de chez vous au Nord-Kivu, chantiers dont on ne parle pas assez ou pas du tout ?
Mon cher journaliste, je vous ai parlé la fois passée des merveilles en infrastructure en plein foret équatoriale où des Congolais à part entière vivent. La route de Kasindi à Beni, de Beni à Komanda, de Komanda à Kisangani, de Kisangani à Lubutu, de Lubutu à Walikale, de Walikale à Hombo, de Hombo à Bukavu, de Bukavu à Uvira et de Uvira à Kalemie….Voila une réalité qui bloque seulement sur un petit tronçon, celui de Walikale–Hombo. Les tracteurs y seront bientôt déployés. Que la population de Walikale travaille en priorité sur le chantier de la pacification et les tracteurs et le personnel humain y seront déployés.
Toujours sur cette note des routes, je ne sais pas la compréhension que nous nous faisons des annonces des exploits du Rais Joseph Kabila qui parcourt les provinces les deux Kasai jusqu'à Kikwit. Et Kikwit, n’est ce pas déjà Kinshasa ? Logique qu’on puisse désormais aller donc Kindu vers le Kasai orientale par une traversée du fleuve à la barge et refaire les exploits des nos pères qui nous racontent que ce trajet était carrossable. Qu’il le redevienne aujourd’hui, pourquoi ne pas en parler ? On avance sûrement vers l’usage de la route de Bukavu à Kinshasa. Nous, les Congolais de l’arrière-pays, nous nous réjouissons des ces chantiers, mêmes si la classe politique à Kinshasa demeure obnubilée par les innovations urbaines qui sont tout autant majeures.
Vous évoquez, Honorable, les tronçons routiers de votre territoire de Walikale qui vit actuellement une guerre de trop !
Vous dites bien : une guerre de trop ! C’est une guerre du recul ! Une guerre aux motivations difficilement identifiables au regard des combinaisons de ceux qui l’animent ou croient l’animer. Cette guerre est, cependant, d’un genre pas nouveau. Un citoyen annonce sa défection des structures dont il n’a jamais relevé et combat une armée qui compte quand même des colonels et des généraux…sur un espace identifiable, avec des acteurs réellement méprisables, mais qui tiennent finalement une guerre jusqu'à en parler…. Apprenons tout de même à aimer notre pays et cessons de renforcer ou de créer des forces de résistance utilitaire.
A propos de cette question de guerre, les complices à col blanc ou à galon doivent être démasqués…Et puis, si la paix a un prix, travaillons tous pour elle avec les mêmes engagements. Ne croyons pas que l’absence de paix à Walikale devrait être la préoccupation des seuls peuples de Walikale ou un problème du Rais seul. C’est un problème du Congo tout entier.
La capacité de faire la paix est un attribut de tout leader politique. Il faut entrer en chantier. Les initiatives provinciales d’ouverture des couloirs de communication avec les poches résiduelles de résistance ne devraient pas être bloquées. Il est opportun de les activer tout en tirant sur d’autres mécanismes possibles et envisageables de mettre un terme au trouble à la paix et à la sécurité régionale.
On apprend que le pétrole sera le nouveau nom des affaires dans le Nord Kivu également. Quel commentaire en faites-vous ?
Il ne faut pas avoir des commentaires sur tout. De temps en temps, oui. Il faut simplement savoir faire confiance aux initiatives et tacts des autres. Même si vous n’avez encore aucune information sur l’initiative.
Depuis trois semaines, il se vit un climat malsain au sein de votre assemblée provinciale du Nord Kivu. Qu’en est-il au juste ? Et que peut-on attendre de cette guéguerre ?
Je ne souhaite pas du tout vous surprendre. Mais la guéguerre dans le monde politique est le gage de la compréhension des intérêts du peuple. Quand la classe politique est unanime sur tout, c’est que les intérêts du peuple sont bafoués et sacrifiés à tout point de vue. Il faut avoir horreur de l’unanimité de la classe politique. Les divergences sont nécessaires. Cependant, ces divergences, pour être complètement nécessaires, se doivent de porter sur des questions de fond. Et non sur un discours autour du sexe des anges.
Il faut des débats, des guéguerres et des contradictions, par exemple, sur la crise économique mondiale, sur le marché pollueur payeur en environnement, sur les télécommunications, le réchauffement climatique, le gender, notre participation dans l’exécution des chantiers de la République, etc.
Vous êtes, Honorable Kalinda, député du Nord Kivu. Vous vivez en face du regroupement sous-régional East African Community. Quelle leçon la RDC peut-elle tirer du voisinage de cet ensemble ?
Mon cher, vous abordez ici une question pertinente se rapportant aux nouveaux modes de gestion des Etats en des ensembles sous régionaux. Notre pays n’est pas en marge de cette actualité. Tenez : nous occupons des places utiles dans de nombreuses organisations sous régionales. Cependant, il y a une urgence à examiner les incidences de la East African Community.
Si nous trainons, nos hommes d’affaires de la partie Est de la République vont être obligés de se délocaliser vers des villes voisines telles Gisenyi ou Changugu, car aucune concurrence ne sera possible entre ceux qui sont sur un même marché en étant soumis à des contraintes différentes. Des fabriques du Kenya à Gisenyi, aucune charge supplémentaire ne leur est imposée en dehors du coût de transport, s’agissant par exemple un commerçant de Gisenyi. Si son collègue de Goma doit payer une douane pour les mêmes produits, la clientèle de Goma s’approvisionnera à Gisenyi où le produit du Kenya coûtera moins cher.
Il en est de même des véhicules et des chauffeurs. Il n’est plus intéressant pour le commerçant de Goma d’avoir un véhicule immatriculé en RDC ou d’avoir un chauffeur de nationalité congolaise. La raison est tout simplement que le véhicule congolais ainsi que le chauffeur congolais payent des frais énormes de droit d’entrée et des visas. La concurrence sur le marché de l’emploi est donc défavorable pour le Congolais aujourd’hui si son pays ne trouve pas en urgence et ce, avant la finalisation des processus d’adhésion, des mesures transitoires de sauvetage. Voilà des débats nouveaux qui nécessitent des discussions pertinentes entre parlementaires et autres acteurs politiques. Ouvrez, mon cher Daniel, un espace pour ce genre de questions, plutôt que de sombrer dans des débats de savoir qui sait parler français et qui ne le sait pas…
Nous sommes, Honorable Gilbert Kalinda, à quelques pas des échéances électorales. Quelle est votre lecture des faits autour de ce gros enjeu politique ?
C’est vrai, les élections pointent à l’horizon. En ce qui nous concerne nous estimons, cependant, que la vie et le comportement d’un acteur politique ne doivent pas fluctuer à l’annonce des élections. C’est chaque jour qu’un politicien doit se comporter et vivre comme si les élections, c’est pour le prochain soir. Il ne doit pas exister un moment d’oubli et un moment de prise de conscience.
Le peuple nous juge pour les actes de chaque jour. Le peuple nous juge au quotidien. Il est aussi inopportun, par exemple, d’écouter des politiciens récuser l’élaboration d’un calendrier électoral. Les temps des pouvoirs à partager dans des salons sont révolus. Seul le peuple donne ce pouvoir et par la voie des urnes. Que chaque prétendant se prépare sans complaisance.
Le PPRD, votre parti vient de tenir une importante activité à Kisangani : l’Université dite du cinquantenaire Depuis, toutes les cloches sonnent : les unes pour soutenir les résolutions, d’autres pour condamnent les options de votre parti. Le grand débat est autour de l’idée de faire cavalier seul pour les échéances électorales futures. Quelle est votre lecture là-dessus ?
Vous savez bien que j’ai, vis-à-vis des options de mon parti, un attachement quasi dogmatique. Cependant, tous les dogmes ne sont pas saints. S’agissant de l’option que le PPRD a proclamée de faire une route solitaire et d’ambitionner de bien gagner, je ne comprends pas pourquoi les salons politiques s’agitent. Si le PPRD projette de réussir et de faire réussir le Président Joseph KABILA, c’est son droit comme parti politique.
Et si d’autres groupements politiques voudraient aider le PPRD à réussir, voudraient renforcer les capacités du PPRD à porter haut la voix de Joseph KABILA, je ne pense pas un seul instant que le PPRD en serait fâché. Le PPRD n’a ni plan ni capacité d’empêcher pareille initiative qui convergerait vers son idéal.
Dans cette optique, je souhaite que la classe politique s’attache à des actions réalistes pour des objectifs certains et surement réalisables. Qu’elle cesse de croiser les fers les uns contre les autres, qu’elle ait un seul objectif majeur, la victoire globale et intégrale du Rais. Ce qui signifie une élection du Rais au premier tour, et un contrôle stabilisateur des Parlements et des Gouvernements à tous les niveaux. Voilà des défis, les vrais !
Au fait, Honorable Kalinda, c’est depuis un bon bout de temps que vous ne gratifiez plus nos lecteurs de ce genre de réflexions. On a noté ta longue absence du podium de la parole. Pouvons-nous savoir le pourquoi de ce silence?
Mon cher Daniel, j’ai aussi noté que vous avez réduit de nous contacter. Ce qui nous a aussi poussés au silence. Mais nous venons de rétablir la liaison, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Convenons toutefois que dans le monde que nous apprenons à adopter, la vertu du silence est parfois d’or. Il ne faut pas perdre les opportunités de se taire. Evidemment il ne faut pas être un eternel silencieux. Surtout quand des urgences vous invitent à une parole active.
Propos recueillis par Daniel Nzuzi/MMC
(DN/Yes)