Le rap­port Mapping de l’ONU concernant les crimes commis en République démocratique du Congo (RDC) de 1993 à 2003 fait du bruit avant sa publication lundi 1er octobre par le Haut Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme, note lundi Afrique Actu. Selon la source, la période couverte va des premiers pogromes ethniques dans l’ex-Zaïre jusqu’à la fin officielle de la guerre au Congo. Le Rwanda notamment est montré du doigt dans ce rapport qui contient de graves reproches con­tre ce pays et ses alliés. Raison pour laquelle le président rwandais ri­poste en menaçant de retirer les troupes rwandaises du Darfour.

Paul Kagame, qui s’est fait réélire récemment dans des condi­tions douteuses, réagit toujours avec une extrême susceptibilité lorsqu’il est interpellé pour des vio­lations présumées des droits de l’homme commises par les forces rwandaises au Congo, souligne la source.

Il est probable, estime le jour­nal, que dans la version du rapport qui sera publiée, les Nations unies reverront à la baisse le choix des mots pour éviter le conflit avec le Rwanda.   

La Grande Bretagne et les Etats-Unis entretiennent d’étroites relations avec Kagame dont le pays, à l’instar de l’Ouganda, sert aux oc­cidentaux de tête de pont stratégi­que: vers une région instable, mais riche en matières premières. La formulation des faits re­prochés au Rwanda est déjà extrê­mement prudente dans la version du rapport obtenue par différents journaux européens, dont la TAZ précisément.

Il est simplement question à propos des attaques de l’armée rwandaise contre les réfugiés hutu rwandais au Congo, en 1996-97 « d’éléments incriminant qui pour­raient être qualifiés d’actes de gé­nocide s’ils étaient prouvés devant un tribunal compétent ». Le journal ne comprend donc pas toute cette excitation, in­justifiée à ses yeux d’autant, ajoute-t-il, que les agissements de l’armé rwandaise contre les réfugiés hutu ne sont que l’un des nombreux chapitres du rapport.

Le capital politique de Kagame, son prestige international comme réformateur, dépend de sa réputation de militaire qui a sauvé, et non vengé ou « nettoyé ».  Où est la vérité, s’interroge le journal, où est la propagande, où sont les faits historiques? Et qui a le pouvoir, ou la légitimation de répondre à ces questions?

Les Nations unies, poursuit le journal, ont développé au fil des ans une étonnante capacité, celle de récapituler dans de volumineux rapports les pires exemples de leur propre défaillance. C’est ce qui vient de se produire une fois de plus avec ce rapport de plus de 500 pages.

Et maintenant? Demande encore Die Zeit. La confrontation avec, les guerres et les atrocités exigent un minimum de stabilité, elle requiert de la patience, de l’argent des historiens professionnels, des  archivistes et une justice indépendante - au besoin internationale. Rien de cela n’existe pour le Congo.

APA


(GTM/TH/GW/Yes)