Cette fois sera-t-elle la bonne sans doute pour éventrer le scandale des turpitudes de l’administration au ministère des Affaires foncières où un mémo transmis au Chef de l’Etat dénonce les magouilles des agents du cadastre qui s’illustrent dans les trucages et détournements des propriétés foncières
L’administration des Affaires foncières est complètement gangrenée. En dépit de toute la volonté du gouvernement central visant à éradiquer la magouille, cette dernière prend une ampleur inquiétante chaque jour qui passe. Les rats du cadastre sont devenus pratiquement insaisissables. Ils frappent et endeuillent des familles entières.
Il ne s’agit pas des rongeurs écumant les égouts au sens littéral. Les rats du cadastre sont ces agents des Affaires Foncières qui consacrent tout leur temps à traquer les archives du ministère. Lorsqu’ils débusquent des titres de propriété entachés de légères lacunes juridiques, ils ne se font guère priés pour falsifier les actes notariés. En toute impunité, parce que jouissant des complicités au sommet de l’Etat, les rats du cadastre exproprient des familles et revendent sans remords le fruit de leur arnaque. En ce moment de boom immobilier à Kinshasa, cette maffia rapporte très gros. Des millions de dollars américains empochés malhonnêtement.
Flagrance
Après avoir causé plusieurs ravages dans leur secteur, les magouilleurs des Affaires foncières ont vu un dossier leur rester en travers du gosier. Ils croyaient avoir réussi le coup du siècle, mais l’histoire les a rattrapés. Leur forfaiture est allée si loin qu’elle a fini par traverser les limites des frontières nationales. Et c’est à Bruxelles que la terrible engeance s’est fait prendre la main dans le sac.
Dans son édition du 6 septembre 2010, notre confrère belge, « La Dernière Heure » a signalé le cas d’un sujet belge victime d’une tentative d’expropriation. Une citoyenne congolaise domiciliée dans la ville de Matadi, au Bas-Congo, a essayé de détourner la propriété sise au n°68 de l’avenue colonel Ebeya dans la commune de la Gombe. L’arnaque n’a pas emprunté le sentier de la force ou du trafic d’influence. Elle a plutôt pris toutes les précautions d’apparence légale: un faux acte de vente et un faux acte notarié.
En effet, la famille belge propriétaire de l’immeuble en cause, a hérité ce dernier à la suite du décès de leur père en 1991. En 2009, une des cohéritières de ladite famille décide de sortir de l’indivision. C’est-à-dire du droit de propriété collectif. Des démarches sont entreprises à ce propos devant les juridictions compétences.
La famille belge découvre, à son grand désarroi, qu’elle n’est plus propriétaire. La dame congolaise ci-haut signalée apparaît dans le dossier et prétend être la propriétaire de l’immeuble. Elle brandit, pour preuve, un acte de vente signé en 1990 par le père de la famille belge. Un procès s’ouvre. Au terme de celui-ci, la congolaise obtient le déguerpissement des occupants de l’immeuble.
Mais la famille lésée ne désarme pas. Après plusieurs démarches judiciaires, l’on arrive à démontrer que l’acte de vente est un faux. La signature du défunt père de famille a été contrefaite. Pour éclaircir davantage l’affaire, un cabinet de graphologues est saisi à Bruxelles. Il établit formellement la contrefaçon. Excédée, la famille belge a adressé une lettre ouverte au chef de l’Etat où elle détaille tout le film de la magouille foncière. Des noms y sont cités jusqu’au sommet de l’Etat.
Il n’est dès lors pas étonnant de voir le Chef de l’Etat instruire le ministre de la Justice dans les jours qui suivent, afin que l’administration des Affaires Foncières soit mise sur la sellette. La mise en résidence surveillée de l’Adg de la RVA n’augure rien de bon pour tous les magouilleurs au sommet de l’Etat. Tout comme la mise sous contrôle financière de plusieurs personnalités publiques par le PGR et l’Auditeur général.
Le Palmarès
(DN/TH/GW/Yes)