Le ministre des Finances vient de corriger la carence qui mettait à l’écart le gouvernement dans le suivi-évaluation des projets financés par les bailleurs des fonds. Désormais, un dispositif de prise en charge de suivi évaluation de ces projets est en œuvre au niveau du ministère. Il a été hier jeudi au centre d’une rencontre entre le ministre Matata et les responsables des projets financés par la Banque mondiale en RDC.

En matière de suivi évaluation des projets et programmes conclus avec la Banque mondiale, le gouvernement entend imprimer une nouvelle vision, pour en garantir la réussite. Ainsi, en plus des équipes de la Banque mondiale qui se chargent régulièrement du contrôle de ces programmes, le ministère des Finances a reçu mission de mettre en place une cellule de contrôle pour assurer le suivi évaluation de ces programmes pour le compte du gouvernement.
 
C’est dans ce cadre que les coordonnateurs et chefs des projets financés par la Banque mondiale en RDC, se sont entretenus hier jeudi 2 septembre avec le ministre des Finances, Matata Ponyo Mapon. Ancien directeur général du Bureau central de coordination (BCECO), Matata Ponyo en sait donc quelque chose. Ce n’est pas pour rien qu’il veut imprimer une nouvelle dynamique dans le fonctionnement des agences gouvernementales d’exécution. Il s’agit donc d’un processus de prise en charge de suivi des projets par le gouvernement. Par le passé, a dit le ministre des Finances, ce processus a été toujours piloté depuis 2001 par les bailleurs des fonds. « Ce qui faisait qu’il y avait un son de cloche unique dans la gestion des projets (…). Aujourd’hui, nous voulons corriger cette erreur pour mieux appréhender aussi les difficultés au niveau des bailleurs des fonds ».
 
Pour le ministre des Finances, la démarche du gouvernement s’explique par le désir de s’approprier également la mise en œuvre des projets. Car, pour la plupart d’entre eux, a indiqué Matata Ponyo, ce sont co-financés avec le gouvernement. Ce qui justifie, pense-t-il, la nécessité pour le gouvernement de disposer également à son niveau d’un dispositif de contrôle pour recadrer la mise en œuvre des projets pour mieux cibler l’objectif. « Cette réunion marathon avec les chefs des projets nous a permis de faire un état des lieux des programmes en décelant des faiblesses et des forces sur lesquelles il faudra pour en améliorer le rendement ».
 
Pour le ministre des Finances, ce nouveau dispositif ne devait pas porter ombrage au mécanisme de contrôle des bailleurs des fonds, principalement la Banque mondiale. « Ce dispositif est destiné à corriger une carence pour donner aussi l’occasion d’avoir un droit de regard sur l’exécution des projets financés par les bailleurs des fonds. Mais, les bailleurs des fonds auront toujours leur mot à dire. Cette démarche ne devait donc pas concurrencer celle déjà en place au niveau des bailleurs qui se fait de manière ponctuelle et régulière ».
 
Pour l’essentiel, le nouveau dispositif en œuvre au niveau du ministère des Finances devait servir de point d’alerte pour permettre au gouvernement de suivre pas à pas l’exécution des projets de manière à envisager à temps les corrections à y apporter pour plus de visibilité sur terrain. Tout devait donc se passer au niveau du ministère des Finances, point focal des programmes financés par des bailleurs des fonds, avec la collaboration des différents ministères sectoriels en vue de créer une synergie pour plus d’efficacité des programmes en exécution.
 
Faustin Kuediasala/Le Potentiel


(TN/Ern./GW/Yes)