L’Intersyndicale nationale de cette minière du Kasaï menace de déclencher à partir du 10 septembre prochain une grève illimitée si la ministre du Portefeuille nomme Jeffrey Ovian et un sujet gabonais pour gérer la cagnotte présidentielle des 10 millions des dollars Us.
Au cas où le nommé Jeffrey OVIAN et un sujet gabonais étaient nommés par Jeanine MABUNDA pour gérer à leur guise la cagnotte présidentielle des 10 millions de dollars Us et qu’elle s’obstinait à ne pas ouvrir le capital de la MlBA aux travailleurs par le biais de la dette sociale, l’intersyndicale nationale de cette minière du Kasaï va déclencher à partir du 10 septembre prochain une grève illimitée et Mme la ministre du Portefeuille sera tenue pour responsable de tout qui adviendrait à la nation congolaise.
Tel est l’essentiel du mémo adressé au Premier Ministre, avec copies au Chef de l’Etat et à l’actionnaire SIBEKA, par ce groupement des huit syndicats dont FOKOSYCO, le SLC, le FGTK, l’UNTC, le FNT, la CTP, le SYGENI et la C DT.
Pour en arriver à cette menace d’arrêt de travail, l’intersyndicale Nationale MIBA a passé en revue tous les méfaits causés à cette entreprise d’Etat par la gestion « tout à fait personnelle de Mme la Ministre du Portefeuille en dépit des clauses pertinentes des règles établies en vue de satisfaire les intérêts collectifs ». Mme MABUNDA est accusée de « n’avoir pas pris en compte les différentes considérations lui transmises par l’Intersyndicale Nationale concernant les avantages et les inconvénients des méthodes appliquées pour juguler la crise de la MIBA ». Cela par son acharnement à insister sur le caractère de l’actionnaire majoritaire qu’est l’Etat congolais sur une entreprise en cessation de paiement et ayant un fond de roulement déclaré négatif. En s’acharnant sur le caractère majoritaire de l’Etat, MABUNDA semble
rappeler l’adage des criminologues selon lequel le criminel revient toujours sur les lieux de son crime étant donné qu’il est établi, rappelle l’intersyndicale Nationale, que c’est le gouvernement central qui a cannibalisé la MIBA.
Cette proposition de faire entrer les travailleurs dans le capital de la MIBA pourra permettre « l’assainissement des états financiers déficitaires de la MIBA qui rendent le projet de relance non bancable, garantir l’effectivité de celle-ci dans la mesure où les différentes négociations n’y ont pas fait allusion alors que les salaires constituent une créance privilégiée, de permettre l’intersyndicale Nationale MIBA d’être partie prenante dans la gestion car le personnel est aujourd’hui victime d’un mauvais management appliqué par les mandataires de l’actionnaire Etat ».
De même, si d’une part le gouvernement de la République a adhéré à l’OHADA pour procéder à l’assainissement des affaires, l’on ne comprend pas pourquoi la Ministre du Portefeuille a fait asseoir la MIBA sur des statuts unilatéralement approuvés qui ont comme conséquence de placer l’entreprise dans un inconfort juridique préjudiciable. Mettant par ailleurs les travailleurs dans l’insécurité face aux pouvoirs exorbitants que détiendraient les mandataires qui seront en face des syndicats lors des négociations sociales. Ce qui aura aussi comme méfait d’éloigner davantage les probables bailleurs des fonds.
Ainsi donc, de par leur caractère unilatéral ces mêmes statuts entretiennent délibérément un climat de conflit permanent entre actionnaires exposant l’Etat congolais à des procès inutiles et coûteux en cas de la saisine d’un centre d’arbitrage du système OHADA., sans compter des dommages et intérêts pécuniaires énormes à charge de la nation congolaise qui en découleraient. ET ce, au moment où l’on vient de réussir l’apurement de la dette extérieure consentie durant le mobutisme de triste mémoire.
Blocage délibéré des financements étrangers
Il est de notoriété publique que des investisseurs étrangers avaient promis de mettre à la disposition de la MIBA des fonds intéressants. Ce sont des pistes élaborées par l’intersyndicale nationale MIBA pour juguler la grave crise qui la secoue depuis les fameux contrats EMAXXON.
Les chinois avaient prévu une cagnotte de 75 millions des dollars Us, les coréens avaient mis sur la table des négociations la somme de 30 millions de dollars Us tout comme un groupe de New Delly sans oublier les 144 millions des Sud-africains. Le prêt sud-africain devrait être consenti à la suite d’une certification des réserves minières de la Minière de Bakwanga, indique-t-on dans ce même sulfureux qui fait suite aux entretiens avec les conseillers juridiques du Ministère du portefeuille.
Faisant fi de toutes ces pistes destinées à redresser cette entreprise minière, Mme MABUNDA a réagi par la proposition de nomination de deux sujets expatriés dont un Britannique et un Gabonais. Ce qui est considéré par l’intersyndicale Nationale MIBA comme des crachats sur les tombes des pères fondateurs de l’indépendance dont nous fêtons le cinquantenaire et mieux une insulte intolérable à l’endroit de l’intelligentsia congolaise. Car « si les rémunérations leur attribuées étaient payées aux dignes fils de ce pays, a compétence égale, ils rendront des services appréciables à leur patrie ». Affaire à suivre.
F.M./Le Phare
(TN/Milor/GW/Yes)