Au Nord-Kivu, apprend-on, l’organe délibérant traverse une zone de turbulence qui bloque net, son fonctionnement. A la base, une motion incidentielle initiée par un groupe de Députés, qui met en cause la compétence du Vice-Président et du 1er Rapporteur de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu.

Depuis, les membres qui composent cette institution sont scindés en deux groupés antagoniques. D’un côté, les motionnaires qui exigent, sans autre forme de procès, la démission de deux membres précités du bureau de l’Assemblée. Ils ont choisi carrément, pour ce faire, de boycotter les séances plénières.

« Nous boycottons volontairement pour mettre fin à cette crise, c’est très simple. Le président doit être là, et que le premier point à mettre à l’ordre du jour, comme c’était une motion incidentielle, il faut que ça soit la première question à être traitée », a déclaré l’auteur de la motion, l’Honorable Muhayirwa, qui pense que les plénières dirigées par le Vice-président sont irrégulières.

De l’autre côté, cependant, se campent ceux qui estiment que les plénières devraient se tenir normalement et ce, conformément au règlement intérieur.

Mené par l’Honorable Simon Muhayirwa Kazunga, le premier groupe, treize Députés provinciaux, au total, crache à quiconque veut l’entendre qu’il a retiré sa confiance aux Honorables Jean Mukinti Baumbilia Kisolomi et Gilbert Kalinda Kahombo, respectivement Vice-président et Rapporteur de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu.

Nonobstant cette prise de position des frondeurs, les séances se tiennent et, à ce sujet, l’Honorable Gilbert Kalinda soutient que les séances qui se tiennent présentement, même en l’absence d’un groupe de Députés, se font conformément au règlement d’ordre intérieur de l’organe délibérant.

Et de déclarer qu’ « en principe, le règlement dispose d’une solution, en cas de conflit grave au sein du parlement ; on devrait voir le comité de sages. Mais le comité de sages lui-même doit avoir un mandat de la plénière. C’est pourquoi, nous lançons une invitation à ces autres Députés de venir en plénière et de traiter des questions convenablement ».

A Kinshasa, la Capitale, c’est le même cas de figure. Les Députés provinciaux sont également fragmentés en deux groupes antagoniques. Même si ici, la mégestion du Président, est à la base de la crise, un camp, mené par l’Honorable Gangale Marius du MLC, ne jure que par le départ du speaker, Roger Nsingi.

S’il est vrai que le dilettantisme, la gabegie financière, la corruption, le clientélisme… sont parmi les causes premières des crises qui couvent au sein des organes délibérants des provinces congolaises, des observateurs avisés estiment également que les alliances, contre-nature pour la plupart, jouent également un rôle déstabilisateur des parlements provinciaux rd-congolais.

De ce qui précède, l’histoire retiendra que l’apprentissage démocratique au niveau des Assemblées provinciales aura énormément laissé un goût d’inachevé tout au long de cette législature. Les lois n’ayant pas été savamment réfléchies pour sanctionner cette théâtralisation à outrance dans les Assemblées provinciales, le risque est grand de refaire les mêmes pratiques à la législature de l’après 2011.

Ce sera ni plus ni plus du surplace, mieux la régression. L’heure du bilan ayant sonné. Les congolais sont dans le droit de savoir qu’est-ce que les Assemblées provinciales leur ont réellement apporté tout au long de ce tout premier mandat.

La Prospérité


(TN/CL/Yes)