Des accusations fomentées depuis au moins deux semaines contre le Président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, sur le détourne­ment de 480 mille dollars américains, n’ont pas fini de susciter des réactions de part et d’autre au sein de l’hémicycle de Kinshasa. L’heure a afin sonné pour que Roger N’singi lève le voile pour étaler la version la plus plausible des faits au grand jour.

Au cours d’un point de presse organisé hier à l’Hôtel Invest, Roger Nsingi a fait des ré­vélations accablantes qui mettent en cause certains députés du parti auquel il appartient. Et excédé par les attaques croisées dont il est victime de la part de ses camarades du parti, le président de l’Assemblée provinciale a décidé de procéder au déballage en norme. Il a mis sur la place publique tous les secrets qu’il a gérés 4 ans durant.

Comme l’a si bien in­diqué le Palmarès dans sa précédente édition, le pre­mier des élus de Kinshasa a révélé le scandale. Pour Roger N’Singi, les élus pro­vinciaux du MLC sont tous dans la poche de l’autorité provinciale. Il en veut pour preuve cette réalité acca­blante : le vote plébiscité du projet budgétaire de la pro­vince l’année passée.

Derrière André Kimbuta, révèle le président du parlement kinois, on dé­nombre nettement 25 dépu­tés provinciaux. Sur la base de certaines alliances subtiles dont l’incriminé détient la maîtrise, il croit même sa­voir qu’il faut ajouter un sup­porter au gouverneur de la ville. Ce qui porte le nombre total de ses supports à 26.

En revanche, révèle la même source, le Mouve­ment de libération du Congo compte 22 députés fidèles. Curieusement, le jour du vote du projet bud­gétaire soumis par l’exécu­tif provincial, alors que la consigne au MLC était de boycotter ce projet de bud­get, Kimbuta l’a emporté avec 40 voix ? C’est dire concrètement que 14 dépu­tés du MLC ont déjà re­tourné leur veste. Ce qui est, en terme de pourcentage, une monstruosité politique.

« Ce qui me choque, ce sont les gens de mon parti qui sont en train de m’assassiner. J’aurai com­pris si c’était l’Amp parce que c’est une autre obé­dience politique. Les gens qui me tuent sont mes col­lègues du Mlc. Etant donné que c’est lui qui a installé le gouvernement provincial, il faut à tout prix chercher à le déchoir », a laissé entendre Roger Nsingi.

Pareillement à ce qui se passe dans d’autres pro­vinces, Roger N’singi a in­diqué qu’il y a un sérieux problème. Les députés pro­vinciaux soupçonnent les bureaux des Assemblées provinciales. Or, l’Assemblée provinciale de Kinshasa dispose naturellement d’un rè­glement intérieur qui sert de référence. Et le bureau de Kinshasa a l’habitude de présenter au début de cha­que saison son rapport de gestion.

Cette année, l’As­semblée provinciale de Kinshasa a tenu six pléniè­res au cours desquelles le président N’singi a eu du mal à obtenir la majorité. Il a indiqué que si ses détrac­teurs veulent l’accuser, qu’ils brandissent le rapport de gestion à partir duquel la plénière qui est souveraine, mettra sur pied une Com­mission spécialisée de comptabilité qui justifiera ce détournement.

Selon l’orateur, cette occasion s’est offerte, à la veille de prochaines échéances électorales de dénoncer cet apprentissage de la démocratie en Répu­blique démocratique du Congo. Il justifie que si la Constitution a mis sur pied l’installation des Assem­blées provinciales dans cha­que province, la raison a été de rapprocher les institu­tions aux populations no­tamment dans le sens du développement de la base.

C.L./MMC


(CL/Milor/GW/Yes)