L’argentier national, Matata Ponyo, ministre des Finances, entame aujourd’hui un chantier dont la finalité sera la mobilisation accrue des Finances publiques au profit du Trésor. Il s’agit du lancement officiel de la mise en œuvre du Plan Stratégique de la Réforme des Finances publiques, tel qu’il a été adopté par le conseil des ministres lors de sa réunion du 31 mars dernier.

Ce plan qui a bénéficié de l’appui de la Banque mondiale et qui intervient trois mois après l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE), aura comme particularité pour le Gouvernement Congolais, à travers le ministre des Finances, de maintenir la dynamique et de ne pas vite tomber dans l’immobilisme. Ainsi, le Gouvernement Congolais doit, à travers cette action comprendre qu’après le Point d’achèvement, le plus dur reste à faire. Ainsi, des efforts devront être fournis afin non seulement de reformer le secteur des Finances publiques, mais de les assainir et d’assurer leur gestion efficace et transparente.

En effet, tout a commencé par une étude qui a été financé par la Banque mondiale et plusieurs partenaires au développement de la Rdc. Cette étude a décelé des incohérences dans le secteur des Finances publiques. C’est dans cette optique que les conclusions seront présentées par Matata Ponyo aux Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, aux Présidents des commissions économique et financière de l’Assemblée nationale et du Sénat, aux membres du Gouvernement, aux Gouverneurs de toutes les provinces, les Présidents des Assemblées provinciales, au Président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’aux membres du groupe thématique « Gouvernance économique ».

Sur un total de sept déclencheurs, 4 d’entre eux concernent les Finances publiques. Au jour d’aujourd’hui, la Rdc a parcouru un bonhomme de chemin, par la promulgation de la loi portant code des marchés publics, la loi sur la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), etc. Tout cet arsenal va donc permettre au ministre des Finances de disposer de tous les arguments nécessaires, pour la maximisation des recettes de l’Etat.

Cette présentation qui se fait sous le haut patronage du Premier ministre, sera suivie dans la soirée par un échange entre quelques ministres, comme celui des Finances, du Budget, du Plan et de la Décentralisation avec les Gouverneurs des Provinces. Ceci, pour permettre une analyse beaucoup plus approfondie de cette question dans leurs provinces respectives. Pour rappel, la Constitution de 2006 prévoit la décentralisation comme mode de gestion du pouvoir en Rdc. Ce cadre, comme il faut bien le préciser, va permettre de réfléchir comment matérialiser cette décentralisation, beaucoup plus dans son volet financier, pour le bénéfice de toute la population.

Cette initiative du ministre Matata Ponyo, celui que les kinois appellent affectueusement « Matata na Ponyo », c’est-à-dire, « celui qui paie en suivant les normes », mérite un encouragement et un accompagnement de toute la population congolaise. En effet, c’est grâce à lui que les Finances publiques du pays continuent à être bien gérées, pendant que personne ne donnait aucune chance à la Rdc après l’atteinte du Point d’Achèvement. Au lendemain de l’atteinte de ce point et durant un point de presse qu’il avait animé dans son cabinet de travail, Matata Ponyo avait manifesté sa volonté de continuer à faire preuve de la même rigueur et de la même discipline dans la gestion des finances publiques. Car selon lui, la stabilité du cadre macroéconomique s’impose à notre pays, non pas du seul fait d’être en programme avec les Fonds monétaire international et la Banque mondiale, mais surtout parce que c’est une condition essentielle et permanente à l’amélioration du climat des affaires et au développement économique durable.

Signalons que la préservation de la stabilité du cadre macroéconomique, l’amélioration du climat des affaires et la mise en œuvre des réformes structurelles importantes constituent un engagement auquel le Chef du Gouvernement convie tous les ministres et auquel Matata Ponyo a souscrit pleinement en veillant d’une part à plus de rigueur et de transparence dans la gestion des finances publiques et, d’autre part, au suivi encore plus rapproché de la mise en œuvre des différentes réformes convenues avec les partenaires au développement. Il va sans dire que la lutte contre la corruption sous toutes ses formes à laquelle il a souscrit dès son entrée en fonction est un des moyens incontournables pour atteindre tous ces objectifs.

Jean-Marie Nkambua/L’Avenir


(TN/Ern./GW/Yes)