L’actualité est dominée dans les colonnes des journaux kinois par la réaction que suscite dans certains partis politiques de l’AMP, l’option levée par le PPRD de proposer à J. Kabila de concourir aux couleurs du PPRD aux présidentielles de 2011.
Ça chauffe à l’Alliance de la majorité présidentielle (Amp) constate LA PROSPERITE qui titre en manchette : « Lumbi invite Kabila à rester rassembleur ».
En effet, deuxième force politique de l’Amp, le Mouvement social pour le renouveau (MSR) de Pierre Lumbi, conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité, ne reste pas aphone face à la situation politique de l’heure, exacerbée par les enjeux pré-électoraux.
Au terme du conclave de son parti, le samedi 28 août dernier, au Cepas, à la Gombe, Pierre Lumbi, par le biais de son parti, encourage le chef de l’Etat, J. Kabila, à rester rassembleur, comme en 2006, de façon à conserver la dynamique de la majorité lors des prochaines joutes électorales de 2011.
Consolider les acquis et s’ouvrir aux autres partis et force sociales, voilà ce que les analystes sérieux du MSR voient pour conduire J. Kabila à la victoire au premier tour de la présidentielle de 2011. Cette position du MSR prend à contre-pied la vision du PPRD affirmée à l’université d’été du cinquantenaire tenue à Kisangani, vision qui propose à J. Kabila d’être le candidat du PPRD aux prochaines échéances électorales.
Sous le titre : « Le Spécial gronde, Ghonda apaise », AFRICANEWS note que « quand Pierre Lumbi, l’un des sociétaires qui comptent dans l’AMP, fait entendre sa voix ainsi que celle des siens et appelle Kabila à fédérer ses troupes, l’autre membre du pré carré, un PPRD, tempère et rassure tous, affirmant que les assises de Kisangani étaient loin d’être une messe noire visant la rupture des accords ».
Antoine Ghonda, député PPRD de Kisantu prend à témoin tout observateur averti pour constater avec lui qu’en dépit de ses bonnes performances électorales de 2006, le PPRD a toujours fait figure de parent pauvre en termes de partage des dividendes du pouvoir, mais qu’il a toujours gardé sa discipline et une grande largesse d’esprit.
Aujourd’hui comme hier et demain le souci du PPRD est que « les gens travaillent et qu’ils laissent au PPRD le soin d’arranger son lit comme il entend dormir, et cela en parfaite harmonie avec ses alliés politiques », estime M. Ghonda.
Pour l’AVENIR, qui planche sur le même sujet, « PPRD-MSR, J. Kabila devant le choix ». Le confrère relève que dans sa déclaration rendue publique à l’issue du conclave, le MSR est catégorique : pas question d’entraîner Joseph Kabila vers des visées séparatistes pour des raisons inavouées.
Va-t-on vers un bras de fer entre le président de l’Assemblée nationale, secrétaire générale du PPRD et le Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité, autorité morale du MSR ? On n’est pas en face d’une lutte d’individus, mais dans un débat démocratique.
Et le confrère de se demander : « le Chef de l’Etat qui a beaucoup à faire, va-t-il se mêler dans cette querelle de stratégies afin de rassurer les uns et les autres ? ».
LE POTENTIEL s’intéresse à la Tolérance zéro et note que le ministre de la Justice et Droits humains, Luzolo Bambi s’attaque aux intouchables.
Le confrère rapporte qu’en fin de semaine agissant pour le compte du gouvernement, Luzolo Bambi a exigé des comptes à une brochette de dirigeants politiques, hommes d’affaires et mandataires publics. « Serait-on en train de s’acheminer vers l’application des lois opposables à tous ? ».
En tout cas pour LE POTENTIEL, c’est l’impression qui se dégage avec les dernières injonctions du ministre de la Justice au Procureur général de la République, à l’Auditeur général des FARDC et aux autres magistrats des parquets.
LE PHARE revient sur le dossier du génocide au Congo. « Top secret : le rapport qui dérange », titre le quotidien de l’avenue Lukusa. Le confrère qui publie in extenso le rapport de la Commission de l’ONU sur les droits de l’homme souligne cette phrase : « il faut un mécanisme judiciaire spécifique. Un rôle que pouvait accomplir la Cour Pénale Internationale si elle n’était bloquée par ses textes fondateurs. On sait en effet que la CPI ne peut connaître que les crimes commis à partir de mars 2002, période de sa ratification par la RDC. La seule possibilité de remonter dans le temps, jusqu’en 1993, reste ainsi l’institution d’un Tribunal Spécial sur le Congo ».
Théodore Ngangu/MMC
(TN/Yes)